mardi 23 juillet 2024

Raphaël Caucheteux (Saint-Raphaël) défie le temps

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

A 38 ans, le meilleur buteur de l’histoire du championnat de France n’en finit plus de défier le temps et a encore de beaux rêves en tête.

Avec l’expérience qu’il a, s’il y a un joueur qui peut commenter avec lucidité le début de saison de Saint-Raphaël, c’est bien Raphaël Caucheteux :

« Contrairement à l’année dernière on fait un bon début de saison. Excepté contre Nantes, une grande équipe (34-39, Ndlr), on a pris des points à domicile quand il le fallait contre des adversaires qui nous sont inférieurs. On a enregistré deux matches nuls également (contre Dunkerque et Créteil, Ndlr). C’est dommage car on aurait dû gagner. On a également perdu à l’extérieur contre Toulouse (29-34, Ndlr), une équipe qui était meilleure que nous. Cette saison, le plus important est de nous imposer chez nous, surtout contre des équipes inférieures, et d’essayer d’aller prendre des bonus contre des équipes plus fortes à l’extérieur ».

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Et le puissant ailier gauche d’expliquer les objectifs du club varois : « On peut au moins espérer faire aussi bien que l’an dernier, donc finir 7ème. Il ne faut pas s’enflammer, mais je nous trouve beaucoup plus réguliers. La saison dernière, on se découvrait. On déplorait parfois quelques incompréhensions. Il y avait des choses plus compliquées à vivre intérieurement. On a bien progressé dans notre jeu, surtout au niveau de l’attaque. »

« On peut au moins finir 7ème »

« On arrive davantage à puiser dans le potentiel du collectif des joueurs qui sont arrivés l’an dernier. A l’époque, ils ne connaissaient pas le championnat. Ils étaient assez introvertis. Ils osent maintenant beaucoup plus à l’image d’un Chéma Marquez. Son talent explose cette saison. Tout cela est de bon augure pour le restant de la saison ».

Sans renier son ADN, l’identité de jeu du SRVHB a pas mal évolué : « On a changé de style de jeu. Avant, on était une équipe très défensive. On avait davantage de soucis en attaque. Aujourd’hui, on compte beaucoup plus de buteurs comme Marquez, Bataille, Brasseleur. On est projetés vers l’attaque. On figure parmi les meilleures attaques du championnat. C’est défensivement qu’on déplorera plus de soucis cette saison. »

« Il faut qu’on tienne la distance. Notre équipe est jeune, ambitieuse et tournée vers l’avant. Cela génère du dynamisme et confère de la confiance. Le fait de marquer plaît au public et amène justement ce surplus de confiance. Toutefois le handball moderne repose aussi sur une très bonne défense. C’est un peu notre point noir. Donner beaucoup en attaque te complique aussi la tache défensivement. Quand on a fini 2ème (en 2016, Ndlr) et 3ème (2012, 2015, Ndlr), on était une équipe très défensive avec des joueurs de grande expérience. Ils aimaient beaucoup défendre. Désormais, c’est moins le cas. Les joueurs aiment davantage marquer. »

« J’ai encore envie de faire une année »

Vice-champion de France en 2016, Saint-Raphaël a même brillé à l’échelle européenne à cette période. Mais, depuis 2019, l’équipe est rentrée dans le rang : « Quand on va en finale de EHF (2018, Ndlr), l’année d’après on ne se qualifie pas (7ème, Ndlr). J’avais dit au club que quand on joue l’Europe de cette manière, le plus dur est d’y rester. Le club n’a alors jamais voulu s’endetter financièrement et se mettre dans le rouge. C’est tout à son honneur. Mais, à cette période, beaucoup de joueurs voulaient venir jouer chez nous. »

« On n’a pas voulu prendre le risque de mettre le club en déficit. Mais être dans les cinq du championnat c’est très dur. Les équipes évoluent, les budgets augmentent, les joueurs sont de plus en plus chers. Le niveau est de plus en plus élevé. Mais on s’accroche. Notre plus gros souci concerne la constance. On n’arrive pas à l’être sur une saison entière voire même quelques mois. On essaie donc d’être plus réguliers ».

Pour Caucheteux, une question se pose désormais. A 38 ans, va-t-il rempiler pour une saison supplémentaire ? « Pour l’instant, rien n’est décidé. Personnellement, l’envie est là. J’ai encore envie de faire une année. Je me sens bien physiquement. Cela va dépendre du club. Je crois qu’ils sont contents de moi… »

Avant de raccrocher définitivement, le natif de Montpellier veut relever et réussir encore deux challenges : « Ramener le club en Coupe d’Europe et donc refaire une campagne à ce niveau. Individuellement, j’aimerais atteindre la barre des 2500 buts. J’ai ce côté buteur en moi ».

Caucheteux veut marquer 2500 buts

Forcément, l’ailier gauche prépare activement en parallèle son après-carrière : « J’ai passé un diplôme d’entraîneur. J’ai envie de transmettre mon savoir. J’entraîne déjà un peu le Pôle espoirs une à deux fois par semaine. Le but serait d’entraîner le centre de formation. Pour l’instant, je n’ai pas l’optique d’entraîner en première division. J’ai envie de travailler pour le club, de l’aider à évoluer, ce club qui m’a beaucoup donné, mon club de cœur. »

« Je n’aurais jamais imaginé cette histoire aussi longue avec Saint-Raphaël. C’est ma 17ème année. C’est beau. J’en suis très fier. C’est rare de nos jours de voir des joueurs rester longtemps dans un club. Avec Guigou, on est très peu à avoir quasiment effectué toute notre carrière dans un club. Cela prouve aussi que ce n’est pas parce que tu ne joues pas au PSG ou à Montpellier que tu ne peux pas aller en équipe de France. » Caucheteux, lui, a connu les Bleus à 32 ans passés !

« C’est un truc qui restera à jamais gravé. Il faut croire en ses rêves. J’ai longtemps rêvé de ce maillot. Je m’entraînais pour cela. C’est la chose qui me manquait. Le jour où Didier (Dinart, Ndlr) m’a appelé, quelle fierté pour moi et mon club ! Dipanda y était aussi. Même dans un club moins médiatisé, il faut continuer à travailler et à prouver. Cela l’a fait. J’ai eu dans ma carrière pas mal de sollicitations comme Paris, Barcelone, quand j’étais au pic de ma forme. Mais je ne regrette pas. Je suis très fier d’appartenir au club et ils le savent ».

Et si Saint-Raphaël reste parmi les meilleurs clubs français, c’est en partie grâce au talent de l’inusable Raphaël Caucheteux.

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