lundi 4 mars 2024

Recalé en Ligue 2, ce Breton va jouer l’Euro Avec l’Espagne !

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Le défenseur breton de la Real Sociedad, Le Normand, doit parfois se pincer pour y croire. C’est en pilier de la Roja qu’il va disputer sa première grande compétition internationale, cet été en Allemagne pour un Euro où il ne chantera donc pas la Marseillaise, mais la Marcha Real.

L’idée ne lui était même pas venue à l’esprit. Né à Pabu, dans les Côtes-d’Armor, Robin Le Normand ne pouvait pas s’imaginer représenter un jour l’Espagne sur la scène internationale. Même lorsqu’il s’est envolé vers Saint-Sébastien en 2016, à 19 ans, non conservé par un Stade Brestois où il n’avait pas réussi à s’imposer en L2, son unique ambition n’était que de signer un premier contrat pro. Ses rêves, qui apparaissaient forcément inaccessibles à ce moment-là, l’amenaient plutôt vers les Bleus que vers la Roja.

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Normal, quand on s’appelle Le Normand et qu’on est né en Bretagne. Sauf que son destin était ailleurs, de l’autre côté des Pyrénées, tintés de txuri-urdin (bleu et blanc), les couleurs de la Real Sociedad. Dans ce club à taille humaine où la formation est reine, il puisa des motifs d’espoir dans la réussite d’autres Français avant lui, du pionnier Raynald Denoueix (2002-2004), à la star Antoine Griezmann (2005-2014), sans oublier le milieu de terrain rochefortais d’origine basque David Zurutuza (2008-2020) ou le coach de la Ligue des Champions Philippe Montanier (2011-2013).

Le Normand, le même parcours que Griezmann

Sans avoir l’air d’y toucher, dans un registre de jeu qui fait la part belle à l’anticipation, à l’intelligence de jeu, à la relance propre et aux duels disputés debout, Robin a mis trois ans pour se mettre sur orbite. Il a grandi à son rythme. Un luxe que ne lui aurait pas permis le système français où les jeunes sont souvent lancés plus tôt, où ceux qui ne sont pas prêts n’ont que rarement une seconde chance. C’est en effet avec la réserve qu’il s’est mis à l’heure espagnole, avant de débuter en Liga en 2019 et de ne plus quitter l’axe défensif de la Real, international depuis le 15 juin 2023, vainqueur de la Ligue des Nations et taulier d’une équipe qualifiée pour la Ligue des Champions dix ans après sa dernière participation.

Ça valait le coup de patienter. Sous contrat jusqu’en 2026, Robin aborde en pleine confiance un Euro qui pourrait lui faire franchir une étape de plus, à l’instar de l’Agenais Aymeric Laporte lui aussi passé à la Roja, après avoir fait ses gammes à l’Athletic Bilbao, pour mieux rejoindre Manchester City et gagner la Ligue des Champions. En Premier League, son profil intéresse Aston Villa et Arsenal des coachs… espagnols Unai Emery et Mikel Arteta.

« Son évolution a été impressionnante » (son coach, Imanol Alguacil)

Le Real Madrid s’est également mis sur les rangs, et le Barça ne devrait pas tarder à le faire… qui pourrait avoir sa préférence eu égard à ses principes de jeu. A moins que son tempérament clairement réservé, la discrétion médiatique dont il fait preuve, et la qualité de vie que lui offre son écrin basque ne le poussent à rester fidèle à ceux qui lui ont permis d’en arriver là.

En premier lieu, Eric Olhats, le recruteur français de la Real, mais aussi Imanol Alguacil, son coach avec la réserve basque, le même qui lui a mis le pied à l’étrier de la Liga et qui déclarait au quotidien El Diaro Vasco en décembre 2021 :

« L’évolution de Robin est impressionnante. Ses débuts ont été difficiles parce qu’il changeait de pays et devait intégrer une nouvelle philosophie de jeu, mais il a beaucoup bossé pour s’imposer. Il mérite tout ce qui lui arrive. »

A 27 ans, ce n’est peut-être que le début d’une carrière atypique façonnée à la mode bretonne, du côté de Bréhan, quand il défiait dans le jardin familial son jeune frère, Théo (23 ans), aujourd’hui milieu de terrain à l’En Avant Guingamp et qui se préparait à vivre l’Euro 2024 écartelé entre les Bleus et la Roja par la faute d’un football breton qui n’a pas su déceler le potentiel de son espagnol de frangin !

14 novembre 2022 : Le jour où tout a basculé

La vie sportive de Robin a définitivement basculé du côté espagnol le 14 novembre 2022. Quatre jours après l’annonce par Didier Deschamps de la liste des 25 joueurs français retenus pour disputer la Coupe du monde au Qatar, Presnel Kimpembe déclare officiellement forfait. Déjà déçu de ne pas figurer sur la liste initiale, Le Normand l’est encore davantage quand le choix du sélectionneur se porte sur le Monégasque Axel Disasi.

« Oui, ma non-convocation pour le Mondial 2022 a été dure à vivre. Surtout après le forfait de Presnel Kimpembe alors que je sortais d’une bonne saison, où j’avais l’impression d’avoir bien fait les choses. » Pas suffisamment pour le sélectionneur qui, déjà privé de Varane, et après avoir tourné le dos à (Aymeric) Laporte, refusait de donner sa chance à Le Normand.

Six mois après, le 2 juin 2023, fort d’une nationalité espagnole obtenue quinze jours avant, le n°24 de la Real Sociedad était cette fois bien présent sur une liste, celle de Luis De La Fuente, le sélectionneur espagnol. Le 15 juin, il fêtait sa première cape en battant l’Italie en demi-finale de la Ligue des Nations (2-1) avant de porter l’estocade en finale face à la Croatie. Depuis, il n’a plus quitté son poste, y allant même de son premier but face à la Géorgie (3-1) pour 8 sélections avec un certain Laporte à ses côtés, de nouveau prêts à étouffer des attaquants croates et italiens qu’il connait bien.

Tom Boissy

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