lundi 24 juin 2024

RETRO (1952) : cet OGC Nice avait le sens de la fête !

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L’improbable scénario du premier titre de 1951, autant que le profond bouleversement de l’effectif niçois qui en résulta, ne prédestinait pas Nice à maintenir son leadership, encore moins à y ajouter un doublé. Mais, encore une fois, les joueurs de Numa Andoire allaient surprendre tous les observateurs en faisant preuve d’une régularité qui ne faisait pourtant pas partie de leur ADN.

A croire que les départs d’Amalfi (pour le Torino), Mindonnet (à Nancy) et Germain (Grenoble), surtout leurs remplaçants, avaient amené un supplément de rigueur et de professionnalisme au collectif sans lui faire perdre sa part de folie et de talent.

Les arrivées du gardien international français Marcel Domingo (transfuge de l’Atlético Madrid), ainsi que des Sud-Américains, le défenseur Pancho Gonzalez, et le milieu de terrain Luis Carniglia, très complémentaires des deux jeunes attaquants Vic Nuremberg, Luxembourgeois issu du milieu amateur, et George Cesari, le cousin de Bonifaci, permettaient au coach très « pagnolesque » que fut Andoire de ne surtout pas se reposer sur ses lauriers.

Le championnat : Gonzalez, Bonifaci, Firoud… une défense de fer

Plus instinctif que théoricien du football, le technicien méditerranéen n’avait pas de diplôme et le club fut dans l’obligation de lui adjoindre un assistant, un certain Mario Zatelli (photo)… dont on reparlerait quelques saisons plus tard du côté de Marseille.

En attendant, le duo s’entendait à merveille et parvint à monter une stratégie tactique suffisamment efficace pour résister à une concurrence sévère, symbolisée par Bordeaux, Lille et le Racing Paris et surtout le Stade de Reims où un jeune milieu de terrain de 19 ans du nom de Raymond Kopaszewski venait d’arriver du SCO Angers et n’avait pas encore mis les Rémois sur orbite.

Acquis pour un petit point aux dépends des Girondins de Bordeaux, battus à deux reprises (3-1 à l’aller et au retour), ce titre de la confirmation fut moins épique que le premier, mais pas moins difficile à aller chercher face aux Girondins, mais aussi le LOSC, troisième à deux points, contre lequel les Aiglons se brûlèrent les ailes dans le Nord (0-6) quelques jours après leur succès en coupe pour l’avant-dernière journée du championnat.

En 1951, Nice joue un mini-championnat à 3

Comme en 1951, la dernière journée serait décisive, un match à trois entre Nice, Bordeaux et Lille. Face à un OM porté par Andersson, à la lutte pour le maintien, mais qui venait de passer six buts à Bordeaux, Andoire sut trouver les bons mots le 25 mai :

« Si on gagne, on est champions, et vous aurez droit à 15% des recettes de la saison. Si on termine troisièmes, vous ne vous partagerez que 8% ! » En condamnant l’OM aux barrages, la victoire 2-0 faisait de Nice le premier club à enchaîner deux titres de champion consécutifs.

Au cours d’une saison moins fougueuse que la précédente, mais plus maîtrisée, l’OGC Nice confirma son premier titre en s’appuyant d’abord sur la meilleure défense du championnat (Domingo, Bonifaci, Firoud et Gonzalez) et l’allant de ses attaquants (Cesari, Ben Tifour, Courteaux et Carniglia).

Cesari, Courteaux, Ben Tifour, Carniglia… une attaque de feu »

Première finale, première victoire, les Aiglons n’ont pas manqué l’occasion de devancer une fois de plus les Girondins de Bordeaux à l’issue de la deuxième finale la plus prolifique de l’histoire (derrière le 6-3 de 1957 entre Toulouse et Angers), peut-être aussi la plus belle.

Le champion en titre face à son dauphin ! Si l’audience de cette première rencontre de football intégralement retransmise en direct à la télévision française n’a pas été importante, peu de foyers français avaient en effet la télévision, le stade de Colombes était ce 4 mai archi comble pour cette affiche XXL d’une saison qui avait déjà vu les Niçois battre à deux reprises en championnat les Girondins.

Cette belle était l’occasion de confirmer la suprématie des gars de la Méditerranée sur ceux de l’Atlantique. Comme promis, le spectacle fut au rendez-vous, dès les premières minutes d’un match qui n’allait jamais baisser en intensité. À l’ouverture du score précoce de Nuremberg (10ème), Baillot remis dans la minute (11ème) les deux équipes à égalité, avant que Carniglia (12ème) ne redonne l’avantage aux joueurs d’Andoire. Trois buts en deux minutes…

La finale était lancée ! Jusqu’à l’heure de jeu, les deux formations se rendaient coup pour coup, Kardu (40ème) répondant avant la pause au troisième but de Belver (32ème) pour permettre aux Niçois de rentrer aux vestiaires avec un but d’avance (3-2). L’égalisation de Baillot (55ème) offrait des airs de remontada aux Girondins, vite éteints par le réalisme de Ben Tifour et de Césari. A 5-3, la cause était entendue.

La plus belle finale de l’histoire de Nice ?

Après un parcours extrêmement difficile où ils durent rejouer leur 16ème de finale face à Saint-Etienne (3-3 a.p., puis 2-1 en match d’appui), ainsi que leur huitième de finale face au Stade Français (1-1 a.p., puis 3-2 a.p. en match d’appui), mais aussi leur quart face au Stade Rennais (2-2 a.p., puis 4-2), avant d’arracher la finale après prolongation face au LOSC (2-1), les Girondins n’avaient plus de carburant dans leur moteur.

En parallèle, Nice n’ayant eu qu’à éliminer une équipe de D1 (Nîmes, en quarts) avait bénéficié d’un calendrier beaucoup moins surchargé, ce qui lui avait permis de faire la différence physiquement en seconde période. Après Sète (1934), RC Paris (1936) et Lille (1946), l’OGC Nice réalisait le quatrième doublé Coupe-championnat du football français grâce à ce que beaucoup considèrent encore aujourd’hui comme la plus belle finale de l’histoire (avec un OM-Monaco 4-3 de 1989).

Tom Boissy

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