mardi 4 octobre 2022

Rétro : Le « Kaiser » Beckenbauer brise le mur

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L’emblématique libéro Beckenbauer qui a tout gagné durant sa carrière a été deux fois Ballon d’Or en 1972 et 1976, symbolisant ainsi la domination alors exercée par le football allemand.

L’image de Franz Beckenbauer, le bras en écharpe après une fracture de la clavicule survenue dans un choc avec un adversaire, toujours sur le terrain pendant les prolongations de la mythique demi-finale de Coupe du Monde le 17 juin 1970 contre l’Italie au Mexique, restera dans les annales de l’histoire du football.

Beckenbauer fait partie des plus fortes personnalités de son sport, lui qui a débuté avec le Bayern Munich en 1964 alors qu’il n’avait pas encore 19 ans. Que ce soit sous le maillot du club bavarois ou avec l’équipe de la République Fédérale d’Allemagne (103 sélections de 1965 à 1977), il a tout gagné…

Après néanmoins avoir commencé par perdre la finale de la Coupe du Monde 1966 contre l’Angleterre dans un tournoi où il se fait déjà remarquer par son efficacité et sa grande activité. Mais il va néanmoins devoir attendre plusieurs années pour être Ballon d’Or après avoir accumulé auparavant les places d’honneur (4ème en 1966, 1967, 1968 et 1970, 5ème en 1971).

Lors de son premier Ballon d’Or en 1972 il devient alors le premier défenseur à être récompensé et les deux autres défenseurs au palmarès seront ensuite son compatriote Matthias Sammer en 1996 et l’Italien Fabio Cannavaro en 2006 il a remporté son deuxième titre de champion d’Allemagne et a emmené la Mannschaft vers la victoire dans le Championnat d’Europe des nations en Belgique contre l’URSS, sous la houlette d’Helmut Schön avec lequel il deviendra champion du monde deux ans plus tard.

Après deux deuxièmes places en 1974 et 1975, il obtient en 1976 son deuxième Ballon d’Or en devançant l’attaquant néerlandais Robbie Resenbrink (Anderlecht) alors que le Bayern s’est imposé pour la troisième fois consécutive en Coupe d’Europe des clubs champions (Ligue des Champions aujourd’hui) en battant Saint-Etienne sur la pelouse de l’Hampden Park de Glasgow.

Beckenbauer, premier défenseur à soulever le ballon d’or

Avec son club, il a gagné cette année-là la Coupe Intercontinentale, mais il s’est incliné avec la sélection en finale de l’Euro contre la Tchécoslovaquie. Parti tenter l’aventure aux Etats-Unis, il va évoluer au New-York Cosmos de 1977 à 1980 où il ajoute trois titres en NASL à son palmarès.

Revenu en Allemagne, il s’engage alors avec Hambourg et c’est là qu’il remporte le championnat d’Allemagne en 1982, son dernier titre en tant que joueur, avant de repartir une année au Cosmos et de prendre sa retraite en 1983.

Mais il a poursuivi sa trajectoire dans le ballon rond, avec la même réussite puisqu’il fait partie du cercle très restreint, avec le Brésilien Mario Zagallo et Didier Deschamps, de ceux qui ont été champions du monde en tant que joueur puis sélectionneur (après la victoire allemande en 1990).

Si son passage sur le banc de l’Olympique de Marseille de Bernard Tapie sera très bref (de septembre à décembre 1990), c’est avec le Bayern Munich qu’il est champion d’Allemagne en 1994 et victorieux de la Coupe UEFA (Ligue Europa) en 1996. Il sera ensuite dirigeant dans son club de toujours, viceprésident de la Fédération allemande de football et membre du comité exécutif de la Fédération internationale.

« Il a d’abord été mon idole » lance d’emblée Christian Lopez, l’ancien défenseur de l’équipe de France et de l’ASSE. « Sa façon de jouer, sa sérénité, son calme et son sens du placement, sa relance exceptionnelle ont fait de lui un joueur vraiment remarquable. »

Toujours élégant, le port de tête assez haut, surnommé « Der Kaiser », il donnait l’impression trompeuse de jouer dans la facilité et sans jamais forcer… tout en inscrivant de nombreux buts par ses montées souvent judicieuses. « J’ai eu la chance de jouer contre lui et c’est là que j’ai pu voir qu’il était au-delà de tout ce que je pouvais imaginer. C’était au contraire un défenseur qui taclait et qui était avant tout très rigoureux. »

« Sa façon de jouer, sa sérénité, son calme, son sens du placement, sa relance exceptionnelle ont fait de lui un joueur remarquable »

Son entente avec Hans-Georg Schwarzenbeck en défense centrale du Bayern et en sélection était très complémentaire. « On disait qu’en jouant derrière un tel joueur, c’était plus facile pour lui. Mais je ne suis pas d’accord et, quand il fallait retrousser les manches, il répondait présent. »

Bernard Bosquier, ancien défenseur international passé notamment à Saint-Etienne et à Marseille est sur la même longueur d’ondes.

« Beckenbauer fait partie des très grands joueurs qui ont marqué le football. Il avait beaucoup de classe et était excellent techniquement, mais aussi physiquement ce qui n’est pas évident pour tout le monde. J’ai joué contre lui quelques fois et j’ai pu aussi le rencontrer plus tard. On ne retrouve plus ce genre de garçon à la fois talentueux et en même temps abordable. »

Et d’ajouter : « J’ai failli aller au Hertha Berlin après Saint-Etienne en 1971 et si cela s’était fait, j’aurais eu l’occasion de le côtoyer en Bundesliga. » Franz Beckenbauer restera à jamais comme l’une des figures fortes du football.

Felix Chiocca

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