jeudi 23 mai 2024

Rétro – PSG : 1997, un fax oublié qui coûte cher

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Pour avoir oublié de consulter un fax émanant de l’UEFA qui précise que Laurent Fournier est suspendu. Le PSG se retrouve obligé de remonter un handicap de trois buts au match retour. On joue le tour préliminaire de la Ligue des Champions 1997-1998. Face au Steaua Bucarest. Et d’ouvrir la porte à un des épisodes les plus marquants de son histoire européenne.

“Je viens de vivre les 90 minutes les plus incroyables de ma carrière !” Ses 90 dernières minutes avec le maillot du PSG, avant de s’envoler pour le Milan AC, Leonardo n’est pas prêt de les oublier. A l’origine, rien ne laisse pourtant imaginer que cette double opposition avec le Steaua Bucarest puisse entrer dans la légende européenne d’un club qui vient d’enchaîner cinq demi-finales européennes d’affilée, dont deux finales de C2.

Quand le PSG se tire une balle dans le pied

Les ambitions sont bien plus élevées. Encore faut-il passer l’obstacle roumain. Ce qui est en bonne voie après un match aller certes décousu. Mais où la défaite, 2-3, n’a pas de quoi remettre en cause une qualification attendue. Sauf que pour avoir fait jouer un joueur suspendu (Fournier), l’équipe de Ricardo est condamnée par l’UEFA à une défaite 0-3 qui change forcément la donne avant le match retour.

Comment un club de la dimension du PSG a-t-il pu prêter le flanc à une telle sanction. Quand, même dans les divisions régionales, un oubli d’une telle nature est impardonnable ?

La réponse se situe évidemment dans l’organigramme du club. Les prérogatives attribuées au coordinateur sportif, celui qui gère toute la logistique de l’équipe professionnelle, Guy Adam.

L’ancien dessinateur industriel est au club depuis plus de vingt ans et n’a cessé de gagner en responsabilités. À mesure que son professionnalisme et sa disponibilité le rendaient indispensable au quotidien des joueurs et d’un staff qui avaient accepté de lui octroyer une partie de leurs primes de match.

Préposé aux feuilles de match, organisateur des stages et des déplacements de l’équipe, il est aussi en charge de la comptabilité des cartons jaunes et rouges des joueurs. Et à ce titre de l’actualisation des suspensions. Nous y voilà…

Exclu en super coupe d’Europe face à la Juventus en janvier, averti en finale de la C2 face à Barcelone en mai. Fournier n’avait pas le droit de jouer face à Bucarest. L’UEFA a même envoyé un fax précisant ce petit détail au siège du PSG le mercredi 28 mai, deux mois et demi avant le match.

En février, la gaffe de Fécamp aurait dû donner l’alerte

Réceptionné l’équipe administrative au siège du club, classé par Guy Adam au Camp des Loges. Ce fax ne sera plus jamais consulté. Même lorsque Claude Le Roy, le directeur sportif, et Ricardo, le coach, s’enquièrent. Quelques jours avant la première échéance européenne de la saison, de l’état des suspensions auprès de lui, Guy Adam ne bronche pas.

Le fax est oublié. Dans son esprit, les avertissements reçus par Fournier et Le Guen en finale face au Barça s’effacent automatiquement au début de cette nouvelle saison. Quid du carton rouge reçu face à la Juve qui change tout ! C’est le 15 août, deux jours après la défaite 2-3 en Roumanie, que l’UEFA avertit le PSG par téléphone.

Le 15 août est exhumé le fameux fax du siège du club. En présence du secrétaire, Jean-François Domergue et du président, furieux, Michel Denisot. Les deux dirigeants auraient pourtant dû s’inquiéter avant des limites du champ de compétence d’un régisseur au four et au moulin toute la journée, mais pas infaillible.

En février de la même année, il n’a pas tiqué lorsque Ricardo avait aligné trois étrangers extra-communautaires (Rai, Dely Valdes et Leonardo) face à Fécamp (2-0), en Coupe de France, quand seulement deux étaient autorisés. La FFF n’ayant pas encore mis ses règlements en conformité avec ceux de la LFP. Cette première bourde n’eut pas de conséquence.

Elle annonçait toutefois l’énorme couac de Bucarest. Sans lequel Rai, auteur d’un triplé, Simone ou Maurice, les cinq buteurs, n’auraient pas pu offrir un de leurs plus beaux moments aux 42 686 spectateurs d’un Parc en fusion.

Tom Boissy

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