lundi 27 mai 2024

Rétro – PSG : les années Borelli

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Un premier titre de champion après deux Coupes de France ont accompagné la montée en puissance du PSG de l’impayable Francis Borelli. Si les grands frissons européens ne sont pas pour encore, les années 80 ont jeté les bases des succès futurs. 

Après un décollage, plusieurs fois repoussé, et assuré tant bien que mal par Daniel Hechter, c’est Francis Borelli, à partir de 1978, qui mit réellement le PSG sur orbite. En recrutant dans un premier temps des internationaux en exercice, à l’instar des anciens Verts forts de leurs épopées européennes Bathenay, Rocheteau et Janvion, ou Baratelli, le gardien des Bleus, Surjak, Kist, Couriol, Susic ou Assad, Jeannol ou Nierderbacher, en offrant aux produits maison Fernandez, Lemoult, Pilorget ou Tanasi des cadres pour continuer à progresser, Borelli souhaitait rendre son club attractif. Le situer enfin sur la carte du football français.

Et Borelli pouvait embrasser la pelouse 

Et c’est en confiant les rênes de son équipe à Georges Peyroche, qu’il allait y parvenir grâce à la Coupe de France. Comme un clin  d’oeil du destin, c’est dans la plus vieille de toutes les compétitions que le plus jeune des clubs français s’est construit une identité.

A l’issue d’une épopée peuplée de matchs d’anthologie, face à l’OM, puis Bordeaux après prolongations, et Tours aux tirs au but en demi, ce sont les Verts de Saint Etienne qui faisaient les frais de la baraka parisienne. En 1982, la première finale était la bonne !

Malgré un doublé de Platini, l’égalisation de Rocheteau annonçait une série de tirs au but parfaite. Comme un symbole, c’est l’enfant du club, Jean Marc Pilorget, qui transformait le dernier penalty. La légende l’avait déjà précédé avec le président Borelli qui embrassait la pelouse du Parc, où se déroulaient encore toutes les finales, au moment de l’égalisation à la dernière seconde des prolongations. Bathenay pouvait soulever le premier trophée de l’histoire du club, en offrant à ses supporters son premier moment d’émotion intense, le PSG était enfin lancé.

Le 15 mai 1982, comme une seconde naissance. Un an après, en 1983, la montée des marches fut plus paisible et la finale de toute beauté face au champion de France nantais propulsé par le meilleur buteur du championnat, et futur parisien, Halilhodzic. Et Borelli d’embrasser de nouveau la pelouse. Après Bathenay, remplacé en cours de match, c’est Baratelli qui soulevait la coupe :

« Une des joies les plus profondes de ma vie de footballeur », se souvient le gardien l’international français. C’est dans ces deux victoires d’affilée, face au champion sortant ou au futur champion que le PSG est d’abord devenue une équipe de coupe. 

1986, à jamais les premiers ! 

En championnat, c’est au soir du 26 juillet 1985, après une victoire sur Toulouse 3-1 (3ème journée), que le PSG occupait pour la première fois de son histoire la première place du championnat. Neuf mois plus tard, sans jamais avoir quitté la première place, il assurait le premier titre et offrait à Paris une consécration après laquelle la capitale courait depuis 1936 !

Entre temps, les joueurs de Gérard Houllier battaient le record d’invincibilité qui datait de 1959, avec 26 matchs sans défaite, faisant souffler un vent de fraîcheur sur le football français grâce à un style de jeu offensif supérieur au Nantes de Suaudeau (2ème à trois points) et aux Girondins de Jacquet (3ème). 

Boostés par l’efficacité d’un Rocheteau repositionné avant-centre, qui terminera deuxième meilleur buteur du championnat (19 buts), un Susic au top et un Fernandez en pleine ascension, les Parisiens manquaient le doublé d’un rien, éliminés en demi-finale par Bordeaux. Après la 3ème place en 1983, la 4ème en 1984.

Ce titre de 1986 confirmait le changement de statut d’un club qui rivalisait désormais avec les historiques du championnat, Monaco, Bordeaux, Nantes, Saint-Etienne ou Marseille. Nonobstant une seconde place en 1988-1989, sur les talons de l’OM de Tapie, jamais plus le PSG de Borelli ne parviendrait à confirmer ce leadership national. Le départ de Fernandez au Racing annonçait deux saisons difficiles et l’éviction d’Houllier en 1988. Le début de la fin d’une époque révolue… 

La Juve, premier sommet européen 

Au niveau européen, la double confrontation face à la Juve de Platini en 8ème de finale de Coupe des coupes 1983-1984 faisait office de sommet européen pour les années Borelli. 

Au 2-2 de l’aller, le 0-0 du retour à Turin laissait énormément de regrets, autant que l’élimination face aux Belges de Waterschei pour la première campagne européenne du club en quart de finale de la même C2.

Après avoir gagné l’aller 2-0, le retour fut un cauchemar avec deux expulsions pendant les prolongations (Lemoult et Boubacar) et une défaite 0-3 qui fut mal vécue par les supporters. Fort du titre de 1986, la coupe aux grande oreilles fit aussi une apparition à l’automne 1986 sous la forme d’un 16ème de finale face aux Tchèques de Vitkovice.

Dans un Parc des princes à moitié vide, le nul de l’aller (2-2) annonçait les difficultés du retour (0-1) et celles d’une saison décevante, loin des attentes nées du premier titre de champion. Mais le meilleur était à venir…

Tom Boissy

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