vendredi 19 août 2022

RETRO TOUR DE FRANCE : Laurent Fignon perd le Tour pour 8 secondes !

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En 1989, la 21ème étape du Tour de France marquera à jamais l’histoire de la grande boucle. A l’époque, le Tour se termine par un contre-la-montre. Et celui-là a de quoi faire palîr de jalousie les scénaristes de Netflix. Au terme des 24,5 km de course, Laurent Fignon, qui était parti en jaune, perd le Tour pour 8 petites secondes, face à Greg Lemond.

Mieux qu’un épisode d’une série Netflix. Cette étape restée dans les annales avait tout d’un scénario cinématographique. Au départ de la 21ème et dernière étape du Tour, Laurent Fignon a 50 secondes d’avance sur l’Américain Greg Lemond. Il est à 25,4 kilomètres du bonheur.

Parti  sur la route à 16h12, Greg Lemond est le grand favori de l’étape. L’Américain effectue un parcours fluide montrant à la fois son expérience ainsi que son aisance, il est dans son élément.

Lorsqu’il arrive aux 10 km, l’américain possède déjà 19 seconde d’écart sur le Français parti deux minutes plus tard. Un écart qui ne cessera d’augmenter.  1700 m plus loin, ce sera 21 secondes qui sépareront les deux coueurs, ne laissant plus que 29 secondes de marge à Laurent Fignon sur 13 derniers kilomètres.

La terrible montée des Champs est fatale à Laurent Fignon

Laurent Fignon parvient à limiter la casse, en arrivant sur les quais de la seine, avec 24 secondes perdues en 14 kilomètres. Tout va se jouer dans la montée des Champs Elysées., Il reste 10 kilomères de course et Laurent Fignon a encore  25 secondes d’avance au général.  C’est encore faisable.

Mais le destin a choisi on camp. Greg Lemond ne faiblit pas et, tout juste entré sur la rue de Rivoli, revient à 15 secondes au classement général virtuel, alors que Laurnt Fignon commence à peiner.

C’est en entrant sur les Champs-Elysées redoutés de tous que le drame se produit.

Le Français rend 48 secondes à son rival… A 3km de la fin de la course, de la fin du Tour, son maillot jaune ne tient qu’à 2 petites secondes. Il va en perdre encore 10.

Greg Lemond franchit la ligne d’arrivée à 16h38 pour une moyenne impressionnante de 54,519 km/h.Tandis que ses proches explosent de joie, L’américain, la tête dans les mains ne veut pas regarder, mais s’élève tout de même afin d’apercevoir Fignon arriver. Le Français s’écroule, il a compris.

«  J’ai pédalé tout le temps de travers, je ne pouvais pas forcer des deux jambes, je ne pouvais pas emmener le braquet comme il faut. Ça fait déjà trois jours que ça fait mal. Ce matin, je ne pensais même pas que j’aurais pu faire le contre-la-montre », explique Laurent Fignon, abattu.

> Dimanche 24 juillet (21ème étape) : La Défense – Paris

Arrivé troisième derrière son coéquipier Thierry Marie, Laurent Fignon raconte :  « J’ai erré pendant de longues minutes. Je ne savais plus rien, ni qui j’étais ni où j’étais. Puis le choc a commencé à prendre forme dans mon cerveau, à devenir réalité. Quand je suis sorti de mon coma, je me dirigeais vers le contrôle antidopage. Là, j’ai reconnu Thierry Marie. Sans réfléchir il se jeta vers moi et s’effondra en pleurs. Dans ses bras accueillants j’ai chialé comme un gamin, cela ne m’étais jamais arrivé en public. »

Le passage sur le podium, avec l’exécution de l’hymne américaine, sera une souffrance de plus pour le Français. On se souvient que Greg Lemond tenta d’aller réconforter son rival : « Tu as gagné le Giro, Laurent » lâche l’Américain.  « J’en ai rien à foutre du Giro » répond le Français.

Il restera « l’homme des huit secondes »

Ces 8 terribles secondes suivirent le Francais jusqu’au bout de sa vie, à travers les moqueries du public, mais également de par la cruauté du scénario l’ayant mené à essuyer cette défaite à Paris, face à Lemond qu’il n’appréciait guère.

18 ans plus tard avec du recul il dira : « Il ne se passe pas une semaine sans qu’on évoque cet épisode. Cela m’a profondément embêté au début, mais finalement, cela a fait davantage pour moi que si j’avais gagné. Les choses sont bien faites, cela a contribué à la popularité de Lemond aux États-Unis et si je l’avais emporté, on ne s’en souviendrait plus. Il a été plus important pour la suite de ma vie d’avoir perdu de 8 secondes que d’avoir gagné. Même si j’aurais préféré gagner. Aujourd’hui encore. »

Laurent Fignon nous quitta le 31 août 2010, des suites d’un cancer, celui que l’on surnommait « l’homme des huit secondes » a surtout laissé l’image d’un homme d’une extrême volonté.

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