samedi 20 juillet 2024

Romain Grégoire (Groupama-FDJ) : « J’ai six mois pour être prêt ! »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Vainqueur de 5 courses pour sa première saison, Romain Grégoire (21 ans) va disputer le Tour de France en 2024. Entretien pour Cyclisme Magazine et Le Quotidien Du Sport.

Vous allez disputer votre premier Tour de France cette année !

Ce n’était pas une volonté première, je ne m’imaginais pas aller sur le Tour de France aussi tôt. Mais, en analysant les parcours des différents grands Tours, le Tour de France était le plus intéressant sportivement pour moi et aussi pour l’équipe avec la volonté d’avoir un caractère offensif, d’aller chercher des étapes. C’est un beau challenge qui m’attend au mois de juillet. Il va falloir que je bosse bien pendant six mois pour être prêt.

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Ce Tour de France n’arrive-t-il pas trop tôt à 21 ans, après seulement une Vuelta ?

Ça arrive certainement un peu tôt, mais ça va me permettre de me motiver aussi à travailler encore plus, à donner encore plus à l’entraînement pour atteindre plus rapidement le top niveau si je veux être acteur au mois de juillet.

La Groupama-FDJ ne jouera plus seulement le général sur la Grande Boucle, mais aussi les victoires d’étapes. C’est aussi pour cela qu’elle mise sur vous.

C’est une bonne démarche de garder un fil directeur avec le classement général avec David (Gaudu) tout en laissant la liberté aux autres coureurs d’aller chercher des étapes. Tout le monde est motivé dans le groupe en prévision du Tour.

Quels souvenirs avez-vous du Tour de France ?

C’est la course qui m’a donné envie de faire du vélo, qui m’a fait rêver avec ce maillot jaune. Mes premiers souvenirs, c’est la bataille Andy Schleck-Contador dans le Tourmalet. Maintenant ça va être mon tour !

Avez-vous déjà une étape en tête ?

J’ai vu qu’il y avait de belles étapes pour commencer en Italie. Il y aura aussi des étapes pour baroudeurs tout au long du Tour qui laisseront des possibilités aux échappés, à des coureurs comme moi, comme Valentin (Madouas) ou Stéphane (Küng) de s’exprimer.

« La pression, je me la mets moi-même ! »

Vous sortez d’une première année exceptionnelle avec 5 victoires. La pression risque d’être plus importante cette année, l’effet de surprise ne jouera plus.

Forcément, en étant au départ de courses comme le Tour de France, il y aura plus d’attente, plus de pression. Ça ne va pas être facile à gérer. Je vais essayer d’appréhender ça du mieux possible. Mais comme je dis souvent, la pression je me la mets moi-même ! C’est moi qui ai envie d’être performant avant tout. Ça va être différent à gérer, mais j’essaie d’aborder cela du mieux possible. La pression, on a appris à la gérer depuis assez jeune. Dès les années juniors, on a appris à faire avec les médias. Ça fait partie du métier. Simplement, plus les années avancent, plus les objectifs augmentent et plus c’est difficile de la gérer. Mais jusquelà, on s’en sort.

Vous étiez un peu déçu par rapport à ce que vous avez fait en World Tour l’année dernière. Avez-vous travaillé quelque chose de spécifique à l’intersaison pour rectifier le tir?

Le niveau World Tour est tellement dense. Ça roule tellement vite toute la journée qu’il faut réussir à lisser ses efforts, à avoir le bon tempo pour pouvoir être là dans le final et exprimer ses qualités de puncheur. C’est ce que j’ai essayé de travailler tout l’hiver et lors du stage à Tenerife avec beaucoup de dénivelé au programme pour essayer de combler ce petit retard que j’ai à ce niveau-là.

Le niveau World Tour vous a vraiment surpris ?

Surpris, non, mais impressionné oui. Tout le monde est vraiment super fort à ce niveau-là. C’est normal, c’est le plus haut niveau et ce n’est pas facile de l’atteindre sinon tout le monde en serait capable.

Combien de victoires visez-vous en 2024 ?

Le plus possible ! Il ne faut surtout pas se mettre de barrières. Je sais que ça va être une année charnière pour moi, avec beaucoup de courses de très haut niveau, des courses World Tour. Si j’arrive à en décrocher une, ce devrait être une belle victoire (sourire). En gagner une, ce sera surtout ça mon objectif.

Avez-vous coché une course plus particulièrement ?

Le championnat de France. C’est la course qui me tient particulièrement à cœur sur un plan personnel, mais aussi pour l’équipe. Le maillot tricolore a une place particulière dans le cœur de l’équipe. Ce sera un rendez-vous important cette année. J’ai déjà porté ce maillot chez les jeunes. Je sais la fierté que c’est de représenter son pays sur les courses avec ce maillot tout au long de l’année. Le faire au niveau professionnel, au niveau élite, ce serait incroyable et c’est vraiment un objectif que j’espère réaliser dans ma carrière.

Beaucoup vous voient comme le nouveau Julian Alaphilippe. La comparaison vous va-telle ?

Il y a des similitudes au niveau du style, mais je n’ai envie d’imiter personne, j’ai envie de faire mon propre chemin, de tracer ma propre route et on verra où ça me mène. Je ne ferai certainement pas la même carrière que Julian, mais on verra dans 10 ans où je suis.

Un autre coureur vous inspire-t-il ?

Dans mon profil, je pense à un coureur comme Valverde qui a réussi à passer des ascensions dans ses plus grandes années, qui gagnait beaucoup, qui avait une pointe de vitesse, qui était complet, c’est le genre de coureur qui m’inspire et auquel j’ai envie de ressembler.

2024 est une année olympique. Le parcours des JO à Paris pourrait-il vous convenir ?

Pourquoi pas, je ne ferme pas complètement la porte. Je sais que sur 280 kilomètres, ça risque d’être un peu juste. Ça intervient peut-être deux ou trois ans trop tôt pour moi, mais forcément faire les JO en France c’est un rêve comme tout sportif français. Si mon début de saison est vraiment exceptionnel, pourquoi pas, mais je pense que ça risque d’être juste.

Etre déjà prévu dès janvier pour être sur le Tour de France est-ce une libération ou une pression pour toute la saison ?

C’était nécessaire d’être prévenu tôt pour programmer la saison autour de ça. Comme je l’ai dit, au jour d’aujourd’hui, je ne suis pas prêt pour faire le Tour de France. Je le serai dans six mois. C’est toute une préparation, un mécanisme à activer pour progresser et pour être au top au mois de juillet et heureusement que je l’ai su assez tôt pour me préparer.

Qu’est-ce qui va faire que vous serez prêt dans six mois ?

Ça va être l’enchaînement des courses, des camps d’entraînement, des stages en altitude, je n’en ai pas encore fait énormément pour le moment. Jusqu’ici, j’ai quand même progressé très rapidement, je progresse encore énormément, j’ai encore de la marge et dans six mois j’aurai encore progressé et je ne mets surtout pas de barrières à ce niveau-là.

Bizarrement, comme Lenny Martinez, vous êtes en fin de contrat. Où en êtes-vous des discussions ?

Ça commence à chuchoter à droite à gauche, Après, je suis plus concentré sur ma saison 2024 que sur la suite. Je suis bien dans mon équipe, dans le projet. L’équipe me fait confiance. J’ai la place que je souhaitais avoir dans une équipe. Je ne pense pas trop à la suite et je reste concentré sur ma saison 2024 avec en point d’orgue le Tour.

Votre frère Baptiste marche sur vos traces en intégrant les U19 de la Groupama-FDJ.

Il a le potentiel. Mais comme moi il n’a envie d’imiter personne. Il trace son propre chemin.

A part le vélo, qu’est-ce qui vous intéresse ?

Tous les sports extérieurs en général. J’aime bien aller courir, faire du ski de fond. Sinon passer du temps en famille avec mes proches. J’ai aussi fait de l’équitation pendant longtemps, de l’âge de 5 ans à 15 ans, j’ai toujours été un grand fan du monde équestre, mais j’ai un peu laissé ça de côté, le vélo prenant beaucoup de place.

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