jeudi 23 mai 2024

Sans Kylian Mbappé, quel avenir pour la L1 ?

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Après les départs de Neymar et Messi, celui de Mbappé entame encore davantage l’attractivité de la Ligue 1… mais pas forcément sa crédibilité car elle peut encore tirer son épingle du jeu à condition d’exploiter ses nombreux atouts. Nous en avons inventorié dix qui nous rendent optimistes pour son avenir.

D’autres talents vont pouvoir se révéler

Le départ de celui qui a tué le game pendant cinq ans doit forcément attiser les appétits et donner leur chance à d’autres. Dans le même registre, lorsque Jean-Pierre Papin, meilleur buteur du championnat entre 1987 et 1992, quitta l’OM pour le Milan AC, de vrais talents émergèrent à l’instar de Djorkaeff, Loko, Guivarc’h et Wiltord, lauréats en 1994, 1995, 1997, 1998 et 1999. Trois d’entre eux furent à l’origine des titres mondiaux et européens des Bleus en 1998 et 2000. A Barcola, Terrier, Wahi, Kolo Muani ou Kroupi de profiter du départ de Mbappé !

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Davantage de suspense en L1

Avec Mbappé aux manettes, le PSG n’a laissé échapper qu’un titre, en 2021, au bénéfice du LOSC. Sans lui, on peut donc l’imaginer moins inaccessible. Nonobstant le petit point d’avance sur Lens la saison passée, les autres titres le furent avec une écart moyen de 14 points.

Sans parler du suspense, absent depuis trop longtemps, qui nuit évidemment à l’attractivité d’un championnat joué d’avance et que les clubs débutent avec le seul objectif de terminer 2ème. Là encore, si le PSG venait à rentrer un peu dans le rang, ça permettrait à coup sûr à d’autres, d’assumer davantage d’ambition, à tous d’être tirés un peu plus vers le haut par une locomotive adaptée à la taille de ses wagons.

Un nouveau cycle pour une nouvelle dynamique

Sans préjuger de l’issue de sa 7ème campagne de Ligue des Champions, le fait est que Mbappé n’avait pas suffi pour permettre au PSG d’atteindre son objectif prioritaire, la gagner. Une finale, une demi-finale en sept saisons, c’est trop peu pour ne pas espérer faire mieux sans lui.

Sans remettre en cause son talent et son influence sur l’efficacité offensive de l’équipe, peut-être condensait-il trop d’attentes sur sa seule personne pour une Mbappé dépendance qui avait fini par montrer ses limites. Avec les énormes moyens qui demeurent les siens, encore transcendés par l’économie d’un salaire XXL, le PSG a peut-être tout à gagner de vite fermer la parenthèse pour générer une nouvelle dynamique qui effacera les désillusions du passé.

Moins de stars, moins d’ego, plus de jeu

Longtemps sous la coupe des caprices et des états d’âme de ses stars, de leurs blessures et baisses de forme, le PSG a l’occasion unique de revenir à un fonctionnement plus collectif pour incarner d’autres valeurs. Conscients d’avoir accordé trop de pouvoir aux joueurs, les dirigeants vont pouvoir offrir à Luis Enrique le luxe de revenir aux fondamentaux, en s’appuyant sur des joueurs à la mentalité irréprochable, sans faire d’exceptions, sans accorder des passe-droits à certains.

Pour le plus grand bien de l’équipe de france

En rejoignant le Real (ou un autre club de la même dimension), Mbappé va forcément gagner en expérience et en gestion mentale pour mieux aborder les grands rendez-vous, notamment ceux avec les Bleus. S’il parvient à s’imposer et à aller chercher ce Ballon d’Or qui l’obsède trop, sa gloire ne peut que rejaillir sur le championnat où il s’est révélé aux yeux du monde.

Il n’est pas le premier à quitter la L1

Kroupi (Lorient), la relève ? Kopa, Platini, Zidane, Papin, Benzema… tous les Ballon d’Or français ont tous pris la poudre d’escampette pour mieux atteindre leurs objectifs personnels. S’ils ont forcément affaibli sportivement la L1, leurs départs ont aussi enrichi leurs clubs et permis à la L1 de monter en puissance en présentant tous les ans, à défaut d’être le plus relevé, le championnat le plus homogène des cinq grands d’Europe et de devancer notamment aujourd’hui celui du Portugal ou des Pays-Bas, pour la si importante 5ème place européenne.

Longoria : « La Liga a continué à se développer même sans Neymar, Messi et Ronaldo »

Un appel d’air économique et médiatique

« C’est le spectacle qui détermine les droits télé, pas un joueur ou des stars. La Liga a continué à se développer sans Neymar, Messi ou CR7. Pourquoi ? Parce qu’en Espagne vous racontez une histoire pendant la semaine. Le niveau du foot en L1 est élevé, les stades sont pour la plupart bons, le niveau de l’attractivité est bon, mais le problème en France c’est la façon dont nous racontons cette histoire au quotidien, en tombant dans le sensationnalisme. Nous devons recommencer à parler de football, de sport, à raconter des histoires autour des matches. »

Dans le quotidien espagnol AS du 7 mars, Pablo Longoria défendait avec beaucoup de pertinence la position de la Ligue 1 au moment où se jouait notamment l’attribution des droits télé pour les cinq prochaines années.

Le classement UEFA maintient la l1 dans le top 5

Le printemps européen à peine entamé, la France avait déjà quasiment assuré sa 5ème place à l’indice UEFA au détriment des Pays-Bas et du Portugal. Ce classement assure aux clubs français de conserver autant de représentants en 2025/2026 que cette saison. Et pour la première édition de la nouvelle formule de la Ligue des Champions, quatre clubs de L1 pourront la disputer (3 qualifiés directement + 1 en tours préliminaires). Au total, il y aura donc encore 7 équipes françaises en coupes d’Europe la saison prochaine.

En Liga, il sera un bon ambassadeur du foot français

Après Kopa, Zidane et Benzema, en même temps que Griezmann à l’Atlético, en rejoignant Tchouaméni, Mendy et Camavinga à Madrid, Mbappé confirme la relation très particulière qui lie le Real aux joueurs français. Car il ne faut pas oublier que c’est grâce à la Casa Blanca que trois joueurs français ont pu gagner le Ballon d’Or et renforcer dans le monde entier l’image du foot français.

L’excellence de la formation française est encore renforcée

La formation française reste une référence et continuera à produire de futurs grands joueurs dans un championnat taillé à leur mesure. L’exemple de Mbappé, qui y est resté sept ans, doit pousser les autres à faire preuve de patience, pour ne pas partir trop tôt, histoire aussi de renvoyer l’ascenseur à leur club formateur.

Tom Boissy

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