lundi 26 février 2024

Sébastien Leriche (Cesson-Rennes) : « Le gardien, c’est 40 à 50% des résultats d’une équipe »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Plus jeune entraîneur de StarLigue, à 38 ans, le Cherbourgeois Sébastien Leriche n’est pourtant pas le moins expérimenté des coachs, puisqu’il entraîne depuis 12 ans. Entretien pour Handball magazine et Le Quotidien Du Sport.

La saison dernière, vous aviez la meilleure défense du championnat, cette saison la 4ème, cela fait-il partie de l’ADN de l’équipe ?

On a une volonté forte de défendre de manière solide, mais également de proposer des choses qui mettent en difficulté nos adversaires. La différence par rapport à la saison dernière, c’est qu’on défend aussi bien, voire même parfois mieux, parce qu’on a deux dispositifs qu’on peut alterner mais, au niveau des arrêts, on savait très bien l’année dernière qu’Arnaud Tabarand faisait une saison exceptionnelle.

Cette saison, c’est un peu plus compliqué pour lui. On a du mal à avoir à la fois une bonne défense et un nombre d’arrêts qui nous permettent, par moments, de véritablement faire la différence.

Il n’y a pas de grande équipe sans grand gardien…

Aujourd’hui, le rôle d’un gardien au handball est prépondérant. Il est capable à lui seul de faire basculer une rencontre. Un gardien, c’est 40 à 50% des résultats d’une équipe. Si on n’a pas d’arrêts, c’est compliqué de développer du jeu rapide et donc d’avoir des buts faciles.

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« Le gardien, c’est 40 à 50% des résultats d’une équipe »

Souhaitez-vous recruter d’autres gardiens en vue de la saison prochaine ?

Arnaud a annoncé son départ, il retourne dans sa ville natale finir sa carrière dans les Pyrénées, à Billère. On est donc en train de chercher un gardien.

L’objectif, après deux 9èmes places, est-il de se rapprocher du Top 5 ?

On aimerait bien sauf qu’on est 12 à vouloir être dans le Top5 ! On a la 13ème ou 14ème masse salariale, on sait que si on veut se rapprocher du Top 5, il faut que notre budget gonfle et qu’on densifie notre équipe. Malgré tout, je pense que l’équipe est capable de réitérer une saison comme la saison dernière et de finir dans les 10 premiers. Maintenant, on voit bien qu’autour de nous ça s’est densifié chez nos adversaires qui affichent de grosses ambitions. Notre victoire à Nîmes a montré qu’on était capable sur un match de battre une équipe qui prétend jouer l’Europe. Mais, sur une saison, c’est plus compliqué.

Est-ce encore plus compliqué avec un voisin comme Nantes ?

On ne joue pas dans la même cour. Nantes est un exemple que les trois-quarts des clubs en France doivent suivre. Ils ont développé un modèle économique qui est fort, qui est solide et sur lequel on doit s’inspirer. La différence, c’est que nous on loue notre outil de travail avec la Glaz Arena à raison de 450 000 euros par an alors que Nantes a la chance d’en bénéficier et d’en tirer profit gratuitement. C’est un modèle qui nous correspond, mais il faut qu’on soit aidé, qu’on continue de grandir.

« Il y a plein de choses à aller chercher dans l’entraînement au basket »

Quels sont les entraîneurs qui vous inspirent ?

Je suis quelqu’un de très curieux. Je regarde beaucoup de matches, une vingtaine par semaine au minimum ; Je lis beaucoup, des autobiographies ; Je n’ai pas un modèle d’entraîneur, mais j’essaie d’aller prendre, de piocher à droite à gauche. Je ne veux pas perdre mon identité non plus.

Je suis quelqu’un qui n’aime pas le copier-coller. Par contre, j’essaie de m’enrichir de tout ce qui fait à la fois dans le hand, mais aussi autre part. J’aime beaucoup regarder ce qui se fait du côté du basket. Il y a plein de choses à aller chercher dans l’entraînement au basket.

J’aime leur approche dans l’entraînement, à la fois dans le travail individuel, mais aussi dans les entrées de séance sur des circuits passes, sur de la manipulation du ballon, etc. L’outil vidéo, la data au basket m’inspirent beaucoup. J’ai un préparateur physique qui est très proche de la NBA, j’écoute beaucoup ce qu’il me dit sur comment travaille la NBA qui a cinq ou dix ans d’avance sur nous, sur les protocoles de régénération, la récupération, l’approche de l’entraînement. Le livre de Phil Jackson est l’un de ceux qui m’a le plus marqué.

Sébastien Leriche reste le plus jeune coach de StarLigue

Vous êtes le plus jeune coach de StarLigue. Est-ce une fierté ?

Ça fait 12 ans que j’entraîne des équipes professionnelles et ça fait 12 ans que j’entends dire que je suis le plus jeune coach ! Ça veut dire que je vieillis, mais que je reste encore jeune (sourire). C’est ma 4ème année en StarLigue, mais ça fait un moment que j’entraîne, j’ai commencé à 26 ans, donc en termes d’expérience je ne suis pas le plus jeune du championnat. Je suis riche de toute l’expérience que j’ai acquise.

Ma jeunesse n’est pas du tout handicapante ou une faiblesse. J’ai un mode de management qui évolue de jour en jour, en fonction à la fois de mon expérience, mais aussi de la société actuelle qui demande beaucoup d’adaptation.

Ma force, c’est que j’ai encore peut-être de l’ancienne école dans ma tête, mais aussi je suis ancré dans le monde réel et la société actuelle dont il faut vraiment prendre conscience pour pouvoir manager aujourd’hui la génération actuelle. J’essaie de me renouveler, c’est ce qui est le plus dur. Je ne me vois pas être entraîneur jusqu’à 60 ans, ça c’est une certitude parce que c’est un métier qui est éprouvant et stressant. J’ai d’autres compétences qui peuvent aider un club.

Sébastien Leriche ne veut pas imiter la longévité de Canayer

Entraîner jusqu’à 63 ans comme Patrice Canayer ce n’est donc pas l’idée.

Patrice fait partie des exemples que j’admire. Mais le temps où un entraîneur fait 30 ans dans un club est révolu. J’ai deux enfants en bas âge et le temps où les pères de familles laissaient leur valise au pied de la porte pour déménager tous les deux ou trois ans d’un club à l’autre, ce temps est révolu, en tout cas ce n’est pas une vie à laquelle j’aspire. Je suis performant quand je suis stable, dans ma vie, dans ma tête. Aujourd’hui, la stabilité est quelque chose qui est de plus en plus rare dans notre métier d’entraîneur.

A un moment donné, il va aussi falloir que je me pose les bonnes questions pour savoir si toute ma vie je ferai ce métier-là. Je prends par exemple beaucoup de plaisir à intervenir auprès de formation d’entraîneurs, à échanger avec des entraîneurs en formation. J’ai la chance d’avoir passé tous les process de la formation fédérale. J’ai entraîné beaucoup de catégories, à beaucoup de niveaux. Je viens du bas, j’ai cette expérience qui est riche et enrichissante.

J’ai une vision globale qui peut intéresser le développement d’un club. Travailler dans le milieu du handball sous une autre casquette est quelque chose qui, dans quelques années, sera amené à m’intéresser. Je ne suis pas quelqu’un qui est carriériste. Je suis ambitieux, forcément, j’ai envie de continuer à grandir et de voir jusqu’où je peux aller. Mais pas à n’importe prix.

On connait votre attachement à Cherbourg que vous avez entraîné de 2011 à 2017, le rêve ne sera-t-il pas d’y retourner en StarLigue ?

On ne sait jamais de quoi demain sera fait. Je suis né à Cherbourg, je suis très attaché à mes racines, je suis ancré dans cette ville, ma famille y habite. Il y a un énorme projet, j’en suis convaincu. Aujourd’hui, il y a des personnes compétentes qui travaillent là-bas et ce n’est pas dans un coin de ma tête.

Mais boucler la boucle en faisant monter Cherbourg en première division ou en prenant le club en première division, ce pourrait être le moyen d’avoir un dernier tour de piste et de basculer sur autre chose. Si l’opportunité se présente et que je me retrouve à être libre, j’y réfléchirai.

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