samedi 2 mars 2024

Selon ce président de club, l’Ile de France est plus une région de foot que Marseille et il nous explique pourquoi

À lire

Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Conseiller de joueurs, dont beaucoup issus de la région parisienne (Guendouzi, Zagré, Fadiga, Dina Edimbe…), Philippe Nabé, l’actuel président du Stade Poitevin analyse le phénomène francilien à l’aune de la montée en puissance du PSG.

Qu’est-ce qui explique la position de l’Ile de France sur la planète foot ?

Plusieurs facteurs entrent en jeu. La majorité des jeunes joueurs sont issus de milieux sociaux défavorisés et se tournent vers le foot pour essayer d’en sortir. La mixité sociale et culturelle fabrique des profils de joueurs aux qualités physiques, mentales et techniques très variées à l’instar de Mbappé qui est le fruit d’une union entre un papa camerounais et une mère franco-algérienne. L’Ile de France tire sa principale richesse de cette mixité, c’est ce qui la rend forte et c’est aussi ce qui fait la force du football français. Les Bleus sont représentatifs de cette réalité.

À LIRE AUSSI : le mercato 2024 en direct

Dans ce contexte, quel rôle joue le PSG ?

Historiquement, si la région parisienne est devenue le premier vivier du football mondial, le PSG n’y est pas pour grand-chose car elle continue d’alimenter tous les clubs français et au-delà les clubs européens, de plus en plus présents sur la place parisienne. Par contre, la position du PSG au sommet du foot européen ouvre de nouvelles perspectives à tous les jeunes franciliens, en termes d’attaches et d’identification à leurs racines, de reconnaissance. Mais ce vivier, c’est un puits sans fond !

« Un potentiel pour avoir trois clubs en L1 ! »

Pourquoi Marseille et sa région, culturellement plus estampillées terre de foot, ne parviennent-elle pas à faire de même ?

Déjà parce que le bassin de population est moins important. Ensuite, je pense que le contexte social et politique me parait plus difficile, plus criminogène, qui pousse autant les jeunes des quartiers à jouer au foot qu’à faire des conneries (sic).

Marseille est, certes, une ville cosmopolite, mais majoritairement composée de Comoriens et de Maghrébins, parmi eux beaucoup d’Algériens. L’origine des Parisiens est plus variée. On trouve toutes les origines, toutes les cultures, toutes les religions. Il y a également beaucoup plus de clubs et d’infrastructures capables d’accueillir les jeunes dans de bonnes conditions.

Cette richesse ne devrait-elle pas déboucher sur davantage de clubs parisiens de haut niveau ?

Il y a le potentiel pour rattraper le retard sur les autres capitales européennes. Même si cela n’a pas toujours été le cas, aujourd’hui, le PSG, qui ambitionne quand même de gagner la Ligue des Champions, fait du bon travail en direction des jeunes franciliens. Sa politique de formation est de qualité. Mais ce n’est pas une science exacte et il est normal que certains passent entre les mailles du filet pour devenir pro ailleurs.

A condition que ça puisse aider les autres clubs de la région à se développer, c’est même une bonne chose. Le Paris FC peut en profiter qui possède désormais un centre de formation en plein développement et qui a de plus en plus d’internationaux chez les jeunes sur une base francilienne. En National, le Red Star agit sur le même modèle.

A plus ou moins court terme, même si on ne pourra jamais empêcher un jeune parisien de préférer signer à Monaco qu’au Red Star ou au Paris FC, car tous ne peuvent pas rejoindre le PSG, on peut rêver avoir trois clubs en L1, et deux ou trois autres en L2. En tout cas, le potentiel est là.

À LIRE AUSSI : les purs produits de l’Ile de France

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Actu

spot_img
spot_img

À lire aussi