jeudi 29 septembre 2022

Semi Radradra cartonne à Bristol

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

L’ancien Bordelais, international Fidjien, Semi Radradra, s’est fait un nom en Top 14 à Toulon puis à l’UBB. Depuis qu’il a rejoint l’Angleterre et Bristol, il continue de marcher sur l’eau. 

L’UBB a immédiatement su qu’elle avait perdu gros sportivement parlant, quand la star fidjienne a rejoint Bristol pour trois saisons. Ancien éminent joueur à VII et à XIII, également ancienne grande sensation de la NRL australienne (82 essais marqués en 94 matches avec les Parramatta Eels), le Fidjien a éclaboussé de toute sa classe le championnat de France. Pas forcément à Toulon en 2017/2018, mais bien davantage dans le club girondin entre 2018 et 2020. Christophe Urios ne garde d’ailleurs que de bons souvenirs de Semi Radradra : « Je ne le connais- sais pas personnellement. J’ai découvert une per- sonne remarquable. C’est quelqu’un de bien. Quand je suis arrivé à Bordeaux, on m’avait dit : « Tu vas voir, c’est un individualiste. Il fait ce qu’il veut. » Franchement, j’ai rencontré quelqu’un de tout à fait à l’opposé de cette image. Je suis très fier d’avoir pu entraîner un garçon de cette trempe. Il fait partie des meilleurs joueurs du monde. Quand il était là, il était positif et engagé. Cela a vraiment été une belle aventure avec lui. »

Pour le manager de l’UBB, Radradra fait bien partie d’une caste à part : « Je n’aime pas établir une hiérarchie des joueurs que j’ai eus, cela diffère selon les postes, les moments, mais lui appartient bien à cette catégorie de joueurs capables de transformer un match.

Ils sont excessivement peu à pouvoir le faire. » Force est de constater que Radradra, grand admirateur de Virimi Vakatawa, considéré désormais parmi les plus forts au monde, a laissé un vide à Bordeaux : « Notre jeu n’était pas uniquement basé sur lui, tempère toutefois Urios. On avait été premiers de Top 14 avant que Semi ne rentre de la Coupe du monde. On avait un collectif qui marchait très bien. J’ai la faiblesse de penser que, quand le collectif déroule bien, les meilleurs sont toujours les meilleurs. Semi apportait vraiment de par sa grande capacité à franchir, à marquer dans les moments importants, à plaquer dur, car l’équipe tournait bien. Aujourd’hui, on serait contents d’avoir Semi.

Néanmoins, les problèmes que nous rencontrons actuellement ne sont pas dûs au fait qu’il manque Semi et je ne suis pas surpris plus que cela de le voir réussir autant en Angleterre. »

« Tout sauf un individualiste », Christophe Urios

Le centre des Bears (1m90, 105 kg) n’a il est vrai pas mis longtemps à prendre ses marques au Ashton Gate Stadium. Pour son deuxième match avec Bristol, contre Gloucester (33-24), il a construit quasiment à lui seul la victoire de son équipe en marquant un essai et en multipliant les passes décisives et les courses dévastatrices. Début septembre, lors de la 19ème journée, il a ridiculisé Northampton (47-10). Complètement perdus sur le terrain, les Saints ne savaient plus… à quel saint se vouer.

Et Radradra d’être aussi diabolique que pragmatique : 139 mètres parcourus, 19 courses ballon en main, 5 franchissements, 4 défenseurs battus, 3 offloads. Un Radradra de gala ! Le Fidjien a également été supersonique contre Toulon en finale du Challenge européen le 16 octobre dernier (32-19). Quinze secondes après le coup d’envoi, dès réception, le joueur du Pacifique a envoyé sur orbite son équipier Harry Randall à l’essai. Quelle trajectoire extraordinaire pour celui qui a été promu capitaine par Vern Cotter (sélectionneur des Fidji) ! Enfant, ses origines modestes avaient poussé Radradra à travailler dans les mines d’or pour deux dollars de l’heure… Aujourd’hui, il a touché le gros lot. On parle d’un salaire de 1,2 M€ annuel à Bristol… 

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