mercredi 5 octobre 2022

Stade Français, Red Star la référence du foot francilien avant le PSG

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Si le PSG est aujourd’hui l’incontestable porte-drapeau du foot francilien, et bien au delà du foot français, il n’en a pas toujours été ainsi. Plus que le Red Star ou le Paris FC, le Stade Français et le Racing ont aussi connu leurs heures de gloire.

C’est au père de la Coupe du monde, Jules Rimet, qu’on doit la création du premier club francilien, le Red Star en 1897, à Saint-Ouen. 77 ans avant l’émergence du PSG en 1974, « l’étoile rouge »  est la première à briller dans le ciel de la capitale qui connaîtra son âge d’or pendant l’entre deux guerres en remportant cinq Coupes de France (1921, 1922, 1923, 1928 et 1942) et en faisant du stade Bauer, initialement baptisé Stade de Paris, un haut lieu du football parisien.

Jamais champion de France (seulement un titre en 1941 en zone occupée), le club du 93 a connu plusieurs vies, au gré des changements de nom, de statut et de renaissance sans jamais, au fil du temps, parvenir à renouer avec la gloire de ses débuts. Il fut pourtant l’un des premiers clubs français à passer le cap du professionnalisme en 1932, mais pour mieux dire adieu à ses ambitions.

La finale de Coupe de France perdue face à Lille en 1946, dans un stade de Colombes rempli de 56 000 spectateurs, est le dernier vestige d’une époque révolue. Jamais plus on ne reverra l’Etoile rouge à la « une » , sinon pour évoquer des péripéties parfois improbables comme lorsque le Toulousain Jean-Baptiste Doumeng, surnommé le « milliardaire rouge »  en raison de ses liens avec l’URSS, lui proposa de fusionner avec le Toulouse FC pour pouvoir accéder à la D1. La dernière présence du Red Star en D1 remonte à la saison 1974/1975, lorsque les 15 buts de Nestor Combin n’avaient pas suffi à éviter la dernière place.

Une finale de Coupe de France historique

Le club qui sera entraîné par le futur sélectionneur de l’équipe de France, Roger Lemerre, venait de remonter directement de D2 où il était tombé après sa plus longue période dans l’élite (6 saisons entre 1967 et 1973). Au total, le Red Star sera resté 19 saisons en D1, sur trois blocs et non sans être redescendu en D2 ; 1932-1937, 1945-1950 et 1965-1975.

Aujourd’hui en National, il aspire à retrouver en L2 l’autre club professionnel de la Capitale, le Paris FC, pour mieux lui disputer le titre officieux de « deuxième club de Paris »  ! Créé en 1969 par la FFF, pour relancer un football moribond dans la Capitale, le Paris FC a d’abord été associé au Stade Saint Germain avant de voler de ses propres ailes en 1972, mais sans jamais vraiment s’installer dans l’élite.

Son palmarès est vierge de tout titre majeur, ses moments de gloire se limitent à une demi-finale de Coupe de France en 1980 lorsque Roger Lemerre, encore lui, était aux manettes, et échouait face à Orléans, autre équipe de D2, et à trois saisons de D1 dans les années 70.

Avant de pouvoir ambitionner la L1 cette saison avec René Girard sur son banc, le seul espoir était né de la volonté de l’homme d’affaires français Jean-Luc Lagardère de participer à la création d’un deuxième grand club parisien en fusionnant le Paris FC et le Racing Club de France en 1982.

Le Stade Français éliminé par la Juve

Mais s’il reposait sur la structure du Paris FC, c’est surtout sur l’image du Racing qu’il comptait capitaliser et sur les emblématiques couleurs bleu ciel et blanc. Rebaptisé Racing Paris 1, le nouveau grand club parisien était né. Ou plutôt renaissait des cendres d’un Racing Club de France qui avait dominé le foot français de l’entre deux guerres, champion de France en 1936, vainqueur de la Coupe de France en 1936, 1939, 1940, 1945 et encore 1949, et qui était encore au sommet dans les années 60 (vice-champion de France en 1961 et 1962) dans le sillage des internationaux Marche, Vignal, Ujlaki, Marcel ou Cisowski.

Grâce à une grande stabilité dans le haut du tableau de D1 entre 1954 et 1964, la montée en puissance lui permettait même de devenir européen et de participer à la Coupe des villes de foires, l’ancêtre de la Ligue Europa, pour une élimination au 1er tour, mais deux rencontres de prestige face à l’Austria Vienne.

On vous parle d’un temps où deux équipes parisiennes représentaient la France au niveau européen ! Parmi ses quinze saisons dans l’élite, entre 1946 et 1967, le Stade Français arracha deux participations à la Coupe des villes de foires, éliminant même le Bétis Séville en 1965 avant de tomber face à la Juventus par le plus petit des scores (0-1 et 0-0) au 2ème tour, et de buter face au Porto FC l’année suivante sur le même score étriqué.

Eclairés par le talent de Ben Barek au sortir de la guerre, un temps menés par le mythique Helenio Herrera, les Stadistes allaient atteindre deux fois les demi-finales de la Coupe de France (1949 et 1965), mais sans jamais monter sur le podium de D1.

Le stade Français dernier club francilien en Ligue des Champions avant le PSG

Malgré Colonna et Rijvers, ses deux campagnes européennes étaient son champ du cygne. À Paris, jamais plus l’Europe ne frapperait à la porte d’un autre club que le PSG… Même le RP1, qui allait devenir le Matra Racing, malgré son potentiel financier et ses ambitions, ne put y accéder entre 1982 et 1989 dans les années Lagardère.

D’abord à Colombes, ensuite au Parc, avec la montée en D1 en 1984, les Racingmen firent tout de même vivre quelques grands moments à leurs supporteurs. Le barrage d’accession, face aux Verts de Saint-Etienne fut le premier, l’un des plus forts, devant 40 000 spectateurs.

Il était le préambule à une nouvelle rivalité avec le PSG, quelques beaux derbys et pas mal de stars venues donner de la crédibilité au projet. Madjer, Bossis, Fernandez, Francescoli, Kabongo, Mahut, Tusseau, Littbarski, Olmeta… puis Silooy, Bouderbala, Guérin ou Ginola et l’arrivée d’un des entraîneurs les plus cotés d’Europe, Artur Jorge, tout juste vainqueur de la C1 avec le FC Porto, font naître les plus beaux rêves.

Jamais en position de pouvoir remettre en cause le leadership du PSG, malgré une 3ème place illusoire à mi-saison 1987/1988, la chute n’en fut que plus difficile. Le désengagement de Lagardère en avril 1989 redonnait vie au Racing Paris 1, pour fermer définitivement la page Matra, et renvoyer aux calendes grecques l’émergence d’un second grand club parisien.

Tom Boissy

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