mardi 5 juillet 2022

Thibaut Pinot (Groupama-FDJ) : « Je me sens libéré après le succès sur le Tour des Alpes »

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Absent en 2021 pour soigner ses problèmes physiques, notamment au dos, Thibaut Pinot sera bien présent sur l’édition 2022. L’ancien 3ème du Tour 2014 fera tout pour aider son équipe à remporter une belle étape. La priorité pour notre Thibaut national sera surtout de prendre du plaisir pendant trois semaines.

Comment allez-vous après avoir notamment regoûté à la victoire cette saison sur le Tour des Alpes ?

(Sourire) Cela a été un déclic. Cela commençait à peser, vraiment. Le fait de pouvoir regagner une étape, avec la manière, ce n’était que du bonheur. Il y avait vraiment de l’émotion à l’issue de cette étape. Je me sens libéré et c’est même un poids en moins. Je m’évite des questions que j’aurais forcément eues avant le Tour de France. On m’aurait tout le temps demandé quand j’allais de nouveau regagner. Le fait de ne plus avoir ce genre de questions va me permettre de me focaliser sur ma course.

Après avoir fait le Tour des Alpes et le Tour de Romandie, pensez-vous être dans la forme que vous souhaitiez être à ce moment de l’année ?

Je suis content, vraiment. Sur le Tour des Alpes, j’étais plus dans l’optique de viser une place sur le général. Malheureusement, le scénario n’a pas été en ma faveur. J’ai su me rattraper sur les étapes. Sur le Romandie, j’ai voulu être avec les meilleurs sur le dernier week-end. Que ce soit sur une grosse étape de montagne ou sur le contre-la-montre, j’ai plutôt fait de bonnes choses (5ème et 6ème de l’étape, Ndlr). Le chrono a confirmé que j’étais de retour sur un très bon niveau.

Qu’est-ce que cela change de ne plus avoir cette pression avant le Tour de France ?

Ça change beaucoup. Après la pression, c’est le quotidien de chaque athlète de haut niveau. Tout le monde doit composer avec. Pour moi, ça va me permettre d’être plus serein et de partager de bonnes sensations sur le Tour de France. D’autant plus que l’on va avoir une équipe solide avec plusieurs leaders. Ce sera plus reposant pour toute l’équipe.

Les ambitions sont-elles définies entre vous ?

Pour l’équipe oui, il faudra gagner (sourire). Personnellement, je ne sais pas encore. L’objectif de l’équipe est d’être proche du podium. Après, je vais essayer de viser une victoire d’étape. Après, l’un ne va pas sans l’autre, mais l’objectif reste le podium.

« On va avoir une équipe solide avec plusieurs leaders. Ce sera plus reposant pour toute l’équipe »

Vous vous estimez à quel niveau de forme aujourd’hui ?

Je pense que je dois encore aller chercher les derniers 3%. Je pense que j’étais à 95% sur le Romandie et le Tour des Alpes. C’est à moi de tout faire pour être à 100% sur le Tour de France. Si on veut jouer quelque chose sur le Tour, il faut être à 100%. Je n’en suis pas loin. La notion de plaisir est très importante pour vous.

Vous accompagne-t-elle encore plus aujourd’hui ?

Elle m’accompagne depuis le début de saison. Depuis que je n’ai plus de galères et pépins physiques comme l’an passé. Je refais du vélo sans douleur. C’était nouveau, en début d’année, au moment de reprendre, de ne pas ressentir de douleur. Je me refais plaisir.

Avez-vous été surpris par le déferlement médiatique et l’enthousiasme autour de votre victoire sur le Tour des Alpes ?

Un peu quand même (sourire). Je ne recherche pas du tout cela. Ça me tombe dessus. Les gens aiment cela aussi. D’être autant soutenu, c’est ce qui m’a fait tenir l’an passé aussi. Quand c’était difficile, j’ai toujours eu du soutien de beaucoup de personnes.

Thibaut Pinot prudent mais confiant

Etes-vous impatient maintenant d’être sur le Tour de France ?

Oui, il y a une impatience de ma part, mais aussi des gens. Ils m’attendent sur le Tour de France. Pour moi, c’est important de retrouver le Tour de France à 100%. Le dernier que j’ai fait en 2020 a été une galère. De retrouver le Tour de France en pleine possession de mes moyens, ça me donne vraiment envie d’y être.

Alors pourquoi se contenter d’une étape ?

Il faut savoir être prudent aussi. Je ne suis pas encore prêt psychologiquement et mentalement à me battre durant trois semaines. Ce n’est pas la montagne qui me fait peur, mais j’ai surtout un peu d’appréhension. Je n’ai tellement pas envie de revivre ce que j’ai vécu… Je ne veux pas prendre des risques inutiles. Il y a des barrières à lever d’ici le départ du Tour.

Faites-vous un travail psychologique pour vous aider ?

C’est une question de confiance. Il suffit d’une étape ou deux pour reprendre confiance avec mon équipe. C’est comme les descentes ou tout. Je suis retombé sous la pluie à Nice ou sur la Sarthe. Je suis un peu bloqué la dessus. Il me suffit d’en faire une belle pour repartir.

Pensez-vous aux pavés du Tour de France ?

Je n’y pense pas spécialement. On sera l’été. On a déjà connu des pavés mouillés, des pavés secs où il ne se passe rien. Au Danemark, il pourra y avoir des bordures. C’est la météo qui décidera. On fera avec. On avancera étape par étape. Mais l’équipe de Classiques a bien fonctionné. Celui qui sera leader sur le Tour sera bien protégé. Sur les derniers Tours de France, on n’a pas besoin de bordures ou pavés pour faire des grosses chutes. La première semaine va être tendue. Il faudra passer à travers tout cela. On fera le point après.

« Il y a une impatience de ma part, mais aussi des gens. Ils m’attendent sur le Tour de France »

Netflix s’est lancé dans le vélo, avec une série sur le World Tour. Qu’en pensez-vous ?

Ce n’est pas quelque chose de pesant. J’avais déjà fait, avec France TV, un reportage en immersion. Cela s’était bien passé. Il n’y a pas de raison que ça se passe différemment avec Netflix.

Comment vivez-vous le fait qu’il souhaite scénariser une rivalité, comme en F1, avec David Gaudu ?

On n’a pas le même caractère que les pilotes de Formule 1. Ils cherchent à battre leurs coéquipiers. Dans le vélo, on a d’autres adversaires à battre avant de penser à battre son collègue. Je ne pense pas que ce sera plus tendu en interne. Le vélo a besoin de trouver un nouveau public. Ça va faire du bien. Il y a beaucoup de personnes qui attendent cette série et qui risquent d’être surprises.

Quel Thibaut Pinot peut-on espérer voir dans les prochaines semaines ?

Je suis plus libéré. Je fonctionne aussi en me remettant en question au quotidien. C’est obligé dans le vélo. On fera tout pour aller accrocher une belle étape de montagne et l’envie de ressortir avec du plaisir.

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