vendredi 8 décembre 2023

Thierry Gadou : « On a touché l’exceptionnel et le sublime »

France - Etats-Unis, juillet 1992

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Toujours aussi admiratif près de trente ans plus tard, l’international français Thierry Gadou (118 sélections) n’oubliera jamais ces quelques jours de juillet 1992 passés auprès des stars américaines de la Dream Team.

Pouvez-vous revenir sur la mise en place de ce match légendaire ?

Les Américains avaient décidé d’organiser un seul match amical en Europe avant de rentrer dans leur tournoi olympique. Ils avaient choisi d’inviter l’équipe de France à participer à ce match. Les Américains avaient tout orchestré. Ils avaient choisi Monaco tout comme de nous faire venir dans le même hôtel qu’eux. On s’était retrouvés comme partenaires et invités privilégiés pendant trois, quatre jours.

Aviez-vous des échanges réguliers avec eux ?

Il faut recadrer le contexte. A l’époque, la NBA était très protectionniste. C’était excessivement rare de trouver trace d’un Européen dans cette Ligue. Ces Américains étaient vraiment en retrait du monde extérieur. Ils se mélangeaient peu. C’était compliqué de s’approcher d’eux. Pendant cette préparation, la fédération américaine avait invité la famille des joueurs. Un certain recul s’imposait pour ne pas les solliciter. Ils se préparaient et profitaient en famille.

Thierry Gadou impressionné par les 11 légendes sur le parquet

Quel joueur américain vous avait impressionné le plus ?

En face de moi, j’avais 11 légendes ! Il est tellement difficile d’en sortir une. Certes, pour moi le plus fort c’était Jordan. C’était l’icône absolue. Pour ce qu’il a représenté dans les années 90, pour sa marque présente aussi dans le monde entier. C’est juste hors du commun. Mais à 12, 13 ans, Larry Bird, Magic Johnson me faisaient tellement rêver… Et que dire de Karl Malone, Charles Barkley, David Robinson, Pat Ewing…

« On a fait signer nos chaussures, des posters, nos propres maillots… »

Après sept minutes, vous meniez 18 à 16. Que s’est-il passé ensuite ?

Au début, on mène effectivement. Les Américains travaillaient beaucoup sur des fondamentaux. Ils avaient besoin de peaufiner leurs gammes. A cette période de l’année, en juillet, il y avait eu une grosse coupure de leur part comme de la nôtre. Ces premières minutes avaient été incroyables pour nous. Pour eux, c’étaient juste des réglages. Ensuite, la grosse tempête est arrivée (ce 21 juillet, la France a été battue 111-71, Ndlr).

Aviez-vous récupéré un maillot à la fin du match ?

Pas du tout. On était un peu timorés. Je ne voulais pas les perturber. C’étaient des personnes à part. Mais quand la presse a été invitée, on nous a conviés aussi dans une autre salle. Les Américains répondaient à la presse écrite, aux radios, aux télés. On a pu en profiter pour faire signer nos chaussures, des posters, nos propres maillots. Bref, on a fait un peu les groupies. Un moment privilégié et unique qui dans notre carrière ne se reproduirait pas.

Si vous deviez résumer votre ressenti d’avoir joué ce match que diriez-vous ?

Cela a été un privilège et une immense fierté. On a touché l’absolu. Il ne pouvait pas exister quelque chose de mieux sur la planète basket. Aujourd’hui encore le vocabulaire me manque… Tout basketteur rêverait de vivre ce moment-là. J’ai eu la chance de faire partie de ces joueurs français qui ont pu jouer contre la Dream Team. Rares sont ceux qui ont pu le faire dans ces années 90.

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