dimanche 21 avril 2024

Transferts : Ryad Mahrez (Manchester City), la tentation PSG

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

En fin de contrat en juin 2023, Ryad Mahrez (31 ans) avait un pied au PSG avant une fin de saison qui devait lui permettre d’entrer dans la légende des Citizens. A bien des égards, le Fennec serait la recrue idéale.

Tout chez l’international algérien plait aux dirigeants parisiens. Ses origines; né à Sarcelles de parents algériens, qui le rapprochent de Paris et des propriétaires qataris, du monde arabe et du continent africain, son expérience ; trois fois champion d’Angleterre (bientôt quatre ?), finaliste de la Ligue des Champions (bientôt vainqueur ?), vainqueur de la CAN, mais aussi son statut contractuel ; en fin de bail à City en juin 2023 son transfert restera abordable autour des 40 M€, et son profil footballistique ; qui en fait le remplaçant idéal d’un Angel Di Maria clairement en fin de course avec une option pour prolonger d’une année supplémentaire que le PSG n’activera pas.

Dix ans après avoir quitté la France, par le port du Havre où il évoluait en L2. Mahrez n’a jamais semblé aussi proche de venir évoluer enfin en Ligue 1. A 31 ans, après cinq saisons à Leicester, quatre à Manchester City, les planètes semblent s’aligner. Et ce, pour qu’il foule enfin avec le maillot parisien le stade qui le faisait rêver quand il était gamin le Parc des Princes.

« Paris, c’est ma ville, j’ai grandi à Paris, disait-il au micro de Canal + en 2021, donc on ne sait jamais. J’aurais pu aller jouer à Marseille. J’avais même fait des essais et José Anigo m’avait pris dans son bureau pour me dire qu’il était intéressé. Avant de rappeler mon agent pour couper court. Quand j’étais petit, j’étais plutôt supporteur de l’OM parce que mon père était supporteur et on suivait toujours le père ! »  

« On n’abandonne vraiment jamais ses rêves d’enfant »  

Au tout début de l’ère Qatari, Riyad a également été testé par le PSG mais, à 21 ans, « c’était plus pour évoluer en CFA, poursuit-il, parce que les pros étaient inaccessibles pour moi, alors j’ai préféré aller au Havre. J’ai pu y jouer rapidement avec les pros et je ne le regrette pas. »  

La situation a évidemment beaucoup évolué depuis. Assez pour que le n°26 des Citizens envisage avec intérêt un transfert vers le PSG, ou en tout cas son éventualité : « On ne sait jamais dans la vie, il ne faut fermer aucune porte. »

« S’il venait à remporter la Ligue des Champions avec Manchester, qui court après depuis longtemps, il pourrait considérer qu’il a rempli sa mission, nous dit Simon Kuper, journaliste sur le foot anglais pour The Times. En quatre ans, il aurait tout gagné avec les Citizens et, à 31 ans, il partirait par la grande porte relever un autre défi ailleurs. Faire la même chose avec le PSG ? Pourquoi pas. Il a le talent pour ça, l’envie aussi certainement car on n’abandonne vraiment jamais ses rêves d’enfant ! »

Mahrez a toujours le PSG dans un coin de sa tête

Et quels sont-ils ces rêves de gosse ? « Franchement, quand j’étais à Sarcelles, mon rêve ultime, c’était de jouer en L1 » , disait-il en 2021. Sa capacité d’élimination, la précision diabolique de son pied gauche, sa régularité à plus de 20 buts et 10 passes décisives par saison (toutes compétitions confondues) depuis cinq ans, en feraient le complément idéal de Mbappé s’il restait en L1 (on peut rêver !).

A défaut, il pourrait être le nouveau visage du PSG, incarner un changement de stratégie sportive, plus proche des quartiers et de supporteurs qui ont clairement manifesté leur désamour aux stars parisiennes après leur élimination face au Real Madrid.

Entre Chelsea, qui ne sera pas en capacité de rivaliser en raison des conséquences de la guerre en Ukraine pour son actionnariat russe, et le PSG, qui souhaite frapper un grand coup en proposant un contrat long et un salaire XXL, Mahrez n’hésitera pas.

Il sait qu’il a tout à gagner en arrivant dans un club traumatisé par ses déceptions successives en Ligue des Champions. Il sait qu’il a le potentiel pour apporter une plus-value énorme.

Après avoir été sacré meilleur joueur de Premier League en 2016 avec Leicester, il ne sera pas loin de remettre ça en 2022 s’il confirme sa dynamique (26 buts et 9 passes décisives fin mars). En trois saisons et quelques mois, il était impliqué sur 101 buts de City !

Un profil qui manque au PSG

Contrairement aux stars parisiennes qui rechignent souvent à défendre, lui n’hésite jamais à se replacer, à venir aider les copains. Mentalement, il ne s’est pas construit de la même manière qu’un Neymar ou un Messi qui ont toujours eu des statuts protégés.

Lui vient de la L2 et a gravi les échelons à la force de son talent, au Havre, puis à Leicester en Premiership. Ce parcours en a fait un joueur beaucoup plus mature et prêt à se sacrifier pour le collectif. Un joueur qui, en plus, n’est que rarement blessé. Guardiola s’en amusait dernièrement en conférence de presse :

« Comment voulez-vous qu’il se blesse, si vous regardez ses jambes, vous voyez qu’il n’a pas de muscle ! »  

Face aux difficultés qu’ont pu éprouver les coachs successifs du PSG, Pochettino en tête, dans le management de ses meilleurs joueurs, jusqu’à être dans l’impossibilité d’assurer un turn-over pour ne pas froisser leur susceptibilité, Mahrez représente un profil beaucoup plus facile à gérer.

Avec moins d’états d’âme, il offrirait une plus grande latitude au futur coach… et l’occasion aussi de marcher sur les pas de Mustapha Dalheb, un autre artiste algérien qui a marqué l’histoire du club, avec infiniment de talent et d’humilité, deux qualités qui n’ont pas toujours accompagné la montée en puissance du PSG.

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