mercredi 22 mai 2024

Uijtdebroeks le challenger du peloton et plus fort qu’Evenepoel ?

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Il sera l’une des curiosités de la saison. A 19 ans (le 28 février), le jeune Cian Uijtdebroeks fera ses débuts en pro sous les couleurs de la BORA-hansgrohe. Comparé à van der Poel, Van Aert, mais surtout Evenepoel, le Belge a déjà fait parler de lui. Pour autant, on ne veut pas brûler les étapes avec lui dans la formation allemande.

Ralph Denk : « Grandir tranquillement »’

‘‘Il a tout de suite été séduit par notre projet et notre approche. Son père a toujours voulu protéger et offrir la meilleure équipe pour son fils. On l’a d’abord fait se développer dans notre équipe U18. On veut le faire grandir tranquillement. Nous ne voulons pas lui mettre de pression. Il démarre cette année avec nous doucement.

Cian aura un programme avec des petites courses où il pourra s’exprimer. Il ne fera pas un grand Tour, c’est évident. On veut lui donner la chance de se développer. Il aura une grande liberté pour décider de son orientation dans la saison. Il pourra aussi courir avec son équipe nationale pour courir certaines courses avec des coureurs de son âge. On souhaite qu’il continue d’avoir du succès. C’est toujours bon pour sa confiance de gagner.’’

Manager général de BORA-hansgrohe

Jordi Meeus : « Difficile de dire jusqu’où il peut aller »

‘‘C’est encore difficile de dire jusqu’où il est capable d’aller. Je n’ai pas eu trop l’occasion de le voir à l’œuvre, mais j’ai déjà pu m’apercevoir que c’est un gamin avec beaucoup de talent. On ne s’est pas entraîné dans le même groupe cet hiver, mais j’ai déjà eu de bons retours.

Il a déjà prouvé l’an passé qu’il avait de grandes capacités et un talent indéniable. Il est dans la bonne équipe et au bon endroit pour réussir. Uijtdebroeks faudra être patient avec lui. Il va faire les choses tranquillement. Il fera les bons choix aux bons moments. Cian y a un bon environnement dans l’équipe, autour de lui. Il est difficile de dire jusqu’où il ira, mais il doit croire en lui. Il a assez du talent pour.’’

Coéquipier belge chez BORA-hansgrohe

Christelle Reille : « Il doit éviter les comparaisons »

‘‘Il a dominé la catégorie juniors l’an passé malgré les développements limités. Etre fort, c’est une chose, notamment à 25 ans, mais lui, à 18 ans, il n’avait pas la possibilité de pousser son coup de pédale au maximum. Il a mis de gros écarts. C’est remarquable, notamment sur la Classique des Alpes Juniors qu’il avait remportée avec une avance considérable.

C’était impressionnant. Il a marqué les esprits. Son équipe, la réserve juniors de la BORA-hansgrohe, avait prévenu qu’il ne venait pas pour rien. J’avais été en contact avec lui. Il voulait vraiment venir gagner la course. On n’a pas été déçu, ni surpris du résultat. Il est cool. C’est un gentil adolescent. Il arrive à garder l’esprit frais. C’est bien qu’il trouve cette force.

A son âge, c’est un bon choix d’aller chez BORA-hansgrohe. C’est une équipe internationale. Il s’éloigne de la pression médiatique et populaire, notamment en Belgique. Ça va lui permettre de grandir tranquillement. Il doit faire sa route et éviter les comparaisons. Dans l’état d’esprit, je le rapproche plus de Mathieu van der Poel que d’un Wout Van Aert, avec le sourire en plus. L’avenir nous dira jusqu’où il ira.’’

Membre UCI, coordinatrice cyclo-cross UCI, directrice de Classique des Alpes juniors remportée par Cian Uijtdebroeks en 2021

Jacques Noël : « Il a appris à gagner »

‘‘On avait eu un beau plateau en 2021 avec Romain Grégoire qui a gagné et Cian Uijtdebroeks qui termine 2ème et meilleur grimpeur ou encore Lenny Martinez. Ils sont tous passés professionnels en 2022. Cian était considéré comme le vainqueur, mais la course en a décidé autrement. C’est un garçon qui a déjà appris à gagner. Il a un style particulier.

Les équipes professionnelles ont tout de suite su détecter son talent. On a vu beaucoup de juniors à l’œuvre par le passé comme Nans Peters ou encore Mathieu van der Poel, mais il est difficile d’affirmer ce que l’avenir peut offrir. C’est un vrai talent, mais il faut le laisser avancer à son rythme. Il faut croire en lui et être prudent.’’

Directeur technique du Tour du Valromey où Uijtdebroeks termine 2ème l’an passé

Yannick Talabardon : « Il est déjà structuré »

‘‘Il était l’attraction de la course. Il y a eu une échappée de 10 coureurs qui s’est faite et lui a attendu la mi-course pour sortir. Uijtdebroeks devait y avoir deux minutes d’écart. Il est rentré facilement sur le groupe de tête, pour rejoindre un coéquipier, Luis-Joe Lührs.

Ils sont sortis tous les deux avant qu’il n’accélère pour finir avec quasiment 5 minutes d’avance. Il n’avait pas un style de grimpeur, en danseuse, mais il était fluide. C’était impressionnant le temps qu’il creusait, mais pas son style. J’avais plus l’habitude des courses pro, mais il avait tout de même une capacité à prendre le dessus sur la concurrence.

Même seul, il gardait son rythme. Il descend bien. Sur le coup, je ne me rendais pas compte de la différence. Quand j’étais juniors, ce n’était pas aussi structuré. Lui, il a la chance d’être entouré par son équipe. On faisait la comparaison avec Evenepoel, mais ce dernier avait plus écrasé son année de junior par ses résultats. Uijtdebroeks sera à suivre comme Romain Grégoire. Il est un ton en-dessous de Remco au même âge. On verra à l’avenir s’il va grandir encore.’’

Ancien coureur professionnel entre 2002 et 2013, directeur de course Classique des Alpes juniors

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