jeudi 25 avril 2024

Vincent Gérard : « Kiel est l’un des plus grands clubs de l’histoire ! »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Le gardien international français de 36 ans, Vincent Gérard justifie son choix de quitter Saint-Raphaël après une seule saison (il était sous contrat jusqu’en 2025) pour l’Allemagne et Kiel avec qui il s’est engagé pour une saison. Entretien réalisé pour Handball Magazine et Le Quotidien du Sport.

Vous avez décidé de rejoindre Kiel la saison prochaine. Comment cela s’est-il concrétisé ? Entretien réalisé pour Handball Magazine et Le Quotidien du Sport.

Il y a eu une volonté de la part des deux parties de travailler ensemble. Il a fallu trouver une porte de sortie pour que Saint-Raphaël me libère de mon contrat qui courait encore deux ans. On a tous oeuvré en bonne intelligence pour que je puisse rejoindre le nord de l’Allemagne.

A 36 ans, qu’attendez-vous de votre expérience outre-Rhin, votre première à l’étranger ?

Je fais les choses un peu différemment des autres. D’habitude, à cet âge, les joueurs reviennent plutôt dans leur pays d’origine. Pour moi, ce sera ma première expérience à l’étranger. Avec un premier championnat dans l’un des plus grands clubs de l’histoire du handball, dans une salle mythique. Je vais découvrir autre chose avec ce qui se fait de mieux en Europe.

« Je vais découvrir autre chose avec ce qui se fait de mieux en europe »

Qu’espérez-vous de cette fin de saison avec Saint-Raphaël ?

On ne peut plus ramener le titre après avoir perdu contre Montpellier en Coupe de France (36-39, Ndlr). On va vouloir lancer sur de bons rails la saison prochaine et en jeter les bases. L’équipe a été en grand renouvellement. Le travail n’a pas encore forcément payé. Il va falloir se faire plaisir tous ensemble pour essayer d’accrocher pourquoi pas une place qualificative en Coupe d’Europe.

Le classement actuel de l’équipe varoise vous surprend-il (11ème à l’issue de la phase aller) ?

Nous sommes forcément un peu déçus. On a enregistré quelques contre-performances en particulier à l’extérieur. On aurait pu glaner quelques points en plus. C’est toujours décevant quand on est compétiteur. On a joué aussi de malchance avec les blessures à répétition de Chéma Marquez, une de nos grosses recrues. Nik Henigman, lui, a joué les six premiers mois avec de grosses douleurs au dos. Cette première partie de saison a été poussive.

Saint-Raphaël peut-il viser le titre de champion de France à moyen terme ?

C’est compliqué quand on voitles grosses écuries actuelles et les projets qui se montent. Cela ne me semble donc pas être un objectif réaliste à moyen terme. Saint-Raphaël n’a ni les moyens ni cette ambition-là. Après, en sport, tout est possible. On a été champions de France en 2014 avec Dunkerque avec un budget moindre.

Un vice-champion du monde en mission

Comment avez-vous traversé le dernier Mondial ?

Un championnat du monde est toujours très long, stressant et fatigant. On a fait beaucoup de matches en quelques 18 jours. C’est très intense. Dommage que cela ne se finisse pas avec le résultat souhaité. Cette défaite en finale (29-34 contre le Danemark, Ndlr) fait mal alors qu’on n’avait pas perdu jusqu’alors. C’est décevant. Mais on avait été 4èmes la fois d’avant (en 2021 en Egypte, Ndlr). On s’est hissés une nouvelle fois parmi les quatre meilleures équipes. On veut toujours finir premiers, mais il y a beaucoup de points positifs à retirer de cette compétition.

Où s’est faite la différence entre la France et le Danemark en finale ?

On avait identifié qu’ils jouaient avec trois joueurs sur la base arrière. On n’est pas loin d’eux à la fin de la première période (15-16, Ndlr), sans être géniaux. Nous pensions qu’on serait plus frais qu’eux en deuxième période. Mais Lauge et Mensah sont sortis de leur boîte alors qu’ils avaient fait peu d’apparitions pendant la compétition. Ces deux joueurs, qu’on n’attendait pas, leur ont beaucoup apporté. Ils ont réussi à faire basculer le match. Mais, globalement, sur la finale, on n’a pas vraiment de regrets à avoir dans le sens où ils ont été meilleurs que nous. Ils ont été un peu plus forts partout. Ils ont pleinement mérité leur titre de champions du monde.

Sur quoi les Bleus doivent-ils encore progresser ?

On peut toujours progresser partout. On peut peut-être avoir un meilleur rendement dans cette séquence de montée de balle. Nous avons les joueurs pour être performants et pour marquer plus de buts en jeu rapide. La défense a montré de vrais signes de solidité. Mais, à un moment donné, on a tous pris l’eau chacun notre tour. Il n’y a pas d’axes qui pêchent vraiment, mais ils peuvent être améliorés.

Vincent Gérard ne regrette pas sa signature en Allemagne

Vous parlez donc davantage d’un problème de maîtrise collective.

Je ne sais pas si on peut parler en ces termes. Quand on bat la Suède en Suède, quand on bat l’Espagne, quand on bat la Pologne chez eux, on peut quand même dire qu’on a su faire preuve de maîtrise. Après, quand on perd une finale de Mondial, c’est toujours très frustrant. Ils étaient meilleurs. On n’a pas réussi à contrer leurs deux joueurs sortis de banc et arrivés en fin de compétition.

Vous aurez 37 ans lors des JO en France. Votre quête ultime en Bleus ?

Déjà je n’y suis pas encore aux Jeux. Personne ne peut prétendre à avoir sa place en équipe de France. Il faut la gagner match après match, compétition après compétition. Si cela doit être ma dernière compétition, j’aurai connu une belle carrière internationale. J’espère sincèrement pouvoir y aller. Si j’arrive jusque-là se posera ensuite la question de savoir ce que j’ai envie de faire, ce que les coachs ont envie de faire. Il y a un Championnat d’Europe l’an prochain (du 10 au 28 janvier 2024, Ndlr). Il peut se passer pleins de choses.

Qui voyez-vous incarner l’avenir en équipe de France au poste de gardien ?

C’est toujours compliqué de voir qui peut exploser. Mais Charles (Bolzinger, Ndlr) a le profil pour incarner l’avenir à ce poste. Rémi (Desbonnet, Ndlr) a montré à de nombreuses reprises qu’il était compétent aussi. Samir Bellahcene démontre aussi de très belles choses match après match en championnat (avec Dunkerque, Ndlr). A lui de continuer de performer.

Que répondez-vous à tous ces messages haineux dont vous avez fait l’objet sur les réseaux sociaux ?

Je ne réponds pas. Le dimanche soir de la finale cela a été un peu compliqué. On perd et ce n’est pas agréable de lire ce genre de choses. J’essaie de faire fi, de passer outre et de parler uniquement de sport.

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