mercredi 5 octobre 2022

Vingegaard / Pogacar : le duel ne fait que commencer

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

En remportant le Tour de France, Jonas Vingegaard a clairement pris rendez-vous. Face à Tadej Pogacar, il n’a pas tremblé. Bien au contraire, il a su prouver à ceux qui en doutaient qu’il sera un adversaire de poids pour le Slovène dans les années à venir.

L’édition 2022 du Tour de France figurera en bonne place dans le grand livre de la Légende de la Grande Boucle. Après avoir vu pendant deux ans l’avènement de Tadej Pogacar, elle a confirmé cette année que Jonas Vingegaard était un coureur capable de se teinter de jaune.

Une tunique qu’il a su aller chercher grâce à son talent, son coup de pédale, sa science de la course, une équipe très forte et surtout un leadership naturel qui a même relégué son propre coéquipier, Primoz Roglic, aux oubliettes. L’an passé, sa 2ème place, était un simple avertissement.

Et si Pogacar semblait endosser à merveille le rôle de cannibale, toujours en quête de victoire, Vingegaard a construit jour après jour son succès. Avec calme et méthodologie. De son propre aveu, il a su gagner en confiance à travers ses dernières courses. En 2021, il avait compris qu’il était capable d’aller décrocher une victoire sur le Tour de France.

Et avec un départ au Danemark, l’occasion était trop belle. D’abord emmagasiné un maximum de confiance et de soutien, à domicile, avant de partir à la conquête de la France, bien aidé, il est vrai, par une formation Jumbo-Visma, au sommet de son art.

UAE et Jumbo-Visma, la grande confrontation

Sur le papier, difficile de rivaliser avec des coéquipiers talentueux et expérimentés comme Tiesj Benoot, Steven Kruijswijk, Sepp Kuss, Nathan Van Hooydonck, Christophe Laporte, mais surtout Primoz Roglic et Wout Van Aert.

Ces deux derniers étant eux-mêmes des coureurs capables d’aller décrocher les plus belles victoires sur le Tour de France. Mais Tadej Pogacar n’avait pas à rougir de la comparaison avec une formation entièrement à son service avec des coureurs comme George Bennett (un ancien de Jumbo-Visma), Mikkel Bjerg, Stake Vegard Laengen, Rafal Majka, Marc Hirschi, Marc Soler ou encore Brandon McNulty. Il était évident que UAE Team Emirates et Jumbo-Visma allaient se livrer une belle bataille sur les routes de France avec des leaders capables de briller sur tous les terrains.

Et malgré les abandons et les péripéties de course qui pouvaient chambouler les forces en présence. Mais quand beaucoup attendaient Primoz Roglic, c’est finalement Jonas Vingegaard alias Fisherman (un surnom lié au fait qu’il a longtemps travaillé dans une usine à trier les poissons) qui a su mettre fin à la domination sur le Tour de Tadej Pogacar.

Il m’a impressionné cette année, avouait le Slovène à l’arrivée sur Paris. Il a vraiment franchi un cap. Il a pris le rôle de leader dès le départ. Il a démontré tout au long de la course qu’il est un solide coureur. C’étaient trois semaines difficiles avec beaucoup de hauts et de bas. C’était une bataille spéciale entre Jonas et moi. Ce sera intéressant de continuer à la vivre dans les prochaines années.”

« On va avoir un beau spectacle dans les prochaines années avec le duel Vingegaard / Pogacar »

Pour Pogacar, il ne fait aucun doute que le duel ne fait que commencer entre eux. « Je suis finalement encore plus motivé à l’idée de revenir. Je sais que j’ai un énorme challenge qui m’attend dans les prochaines années. Je pense que l’on va avoir un beau spectacle devant la télévision dans les prochaines années. Ça me fera encore plus plaisir d’être sur mon vélo car j’adore relever les défis. »

A 23 ans, et un 3ème maillot blanc consécutif remporté sur le Tour, Tadej Pogacar a encore le temps d’écrire sa légende. Mais, à 25 ans, Jonas Vingegaard arrive sur ses meilleures années et fera tout pour contester la suprématie de Pogacar même si, entre eux, l’entente parait plus que cordiale à l’image du fair-play affiché entre les deux durant les trois semaines de l’épreuve française.

« J’en veux encore plus » (Vingegaard)

« On a une bonne relation avec Tadej (Pogacar). On a beaucoup de respect les uns pour les autres. Tadej est un super mec et l’un des meilleurs coureurs au monde. On s’entend. Je sais qu’il veut plus, mais moi aussi. Je suis super content et heureux de ce que j’ai fait mais, dans un coin de ma tête, c’est clair, je veux encore plus. » Et Jonas Vingegaard donne déjà rendez-vous en 2023 sur les routes de la Grande Boucle.

Même s’il tempère un peu l’enthousiasme grandissant en affirmant de ne pas courir après les records. « Je veux d’abord célébrer ce titre et cette victoire sur le Tour de France. Je suis super heureux d’avoir réussi à le faire. Je veux revenir et essayer d’en gagner un autre maintenant. Mais je n’ai pas l’objectif d’en gagner 5 ou plus. Je veux simplement revenir et tout faire pour essayer d’en gagner un seul à l’avenir. »

Mais à l’image des grands duels de l’histoire comme Coppi-Bartali, Anquetil-Poulidor, Merckx-Ocana, Thévenet-Merckx, Hinault-LeMond, LeMond-Fignon ou encore Contador-Evans, celui entre Vingegaard-Pogacar devrait occuper encore les esprits dans les années à venir. Même si d’autres coureurs comme Bernal, Vlasov, Gaudu, Bardet voire Roglic feront tout pour également s’immiscer entre les deux et leur voler la vedette. La preuve que le Tour de France possède encore de belles années devant lui.

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