mardi 4 octobre 2022

Adam Mokoka : « Porter le maillot des Bulls, c’est quelque chose ! »

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Adam Mokoka (22 ans) revient pour Le Quotidien du Sport sur son aventure américaine qui a débuté la saison dernière.

Alors que des observateurs vous annonçaient au 2ème tour de la draft en 2019, vous n’avez finalement pas été sélectionné. Comment parvient-on à rebondir après cela ? 

J’ai été surpris parce que j’avais énormément travaillé en Serbie (au KK Mega Bemax, Ndlr). Je m’étais donné une année en ne me consacrant presque exclusivement qu’au basket. Je passais des heures à la salle. Aux Etats-Unis, je m’étais donné à fond lors des différents work-outs, même si une blessure à l’adducteur m’a empêché de faire tous ceux qui étaient prévus. J’espérais être sélectionné, et j’ai été surpris. Mais, le soir même, mon agent m’a contacté pour me dire qu’il était en négociations avec Chicago. 

Aviez-vous fait une croix sur la NBA durant quelques heures avant que les Bulls ne vous contactent ?

Non, jamais. Je ne suis jamais passé par la grande porte, il fallait que je passe par la petite et que je l’agrandisse (sic). 

Que représentent les Bulls pour vous ? 

C’est une des franchises les plus historiques, avec bien évidemment la légende Michael Jordan. L’histoire de l’équipe, son palmarès et tous les joueurs qui y ont évolué ont un vrai poids. Lorsque l’on était petits, on portait des vêtements et on écoutait de la musique de Chicago. C’est énorme et cela va bien au-delà du sport. Personnellement, j’ai été marqué par un joueur comme Derrick Rose (MVP de la saison régulière en 2011, Ndlr). Pouvoir aller dans cette franchise était un véritable cadeau. 

Pourquoi avoir choisi le numéro 20 ? 

Je l’ai choisi en Serbie. J’avais le numéro 6 à Gravelines, mais je l’avais car c’était celui de LeBron James que j’aime beaucoup. Je suis arrivé en Serbie à 20 ans, et je me suis dit que cela m’avait pris 20 ans pour arriver à mon objectif. J’ai donc gardé le numéro 20. Lorsque je suis arrivé en NBA, ils m’avaient gardé le numéro 20. 

« C’est une sensation inimaginable »

Quelle sensation avez-vous ressentie lorsque le public du United Center a scandé « MVP, MVP » lors de votre performance face aux Pelicans ? 

C’était énorme. En plus, ma mère était juste en face de moi lorsque je tirai mes lancers-francs, et je la regardais en entendant cela. Sur les highlights, on peut d’ailleurs voir qu’à un moment je souris avant de me reconcentrer. C’est une sensation inimaginable. Avoir tous les fans derrière soit alors que personne ne me connaissait et que j’étais un petit jeune étranger était vraiment énorme. 

Dans une interview, vous avez expliqué que vous avez profité du confinement pour vous investir dans des projets personnels. Quels sont-ils ? 

J’ai par exemple un ami beatmaker qui m’a fait entrer dans ce monde-là. J’ai aussi réfléchi à mon avenir, y compris au-delà du basket, en me demandant dans quels autres domaines je pourrais m’épanouir et laisser mon empreinte. J’ai trouvé énormément de réponses à ces questions, mais je ne peux pas en parler… 

Quels sont vos objectifs pour la saison prochaine ?

Je suis en contrat jusqu’en novembre avec les Bulls et je continue à m’entraîner presque tous les jours, et mon objectif est donc de continuer à m’améliorer. 

Comment voyez-vous votre avenir ? Rester en NBA coûte que coûte ?

Je travaille dur et personne n’a envie d’être remplaçant. Je ne veux pas travailler à 100% pour que l’on ne prenne mon travail qu’à 50%. Mais je ne peux pas me dire que grâce au match contre New Orleans ma place est plus assurée que celle d’un autre. Il y a parfois des rôles à accepter avant d’accéder à ce que l’on veut. 

« J’ai saisi cette opportunité contre les Pelicans ». 

Avez-vous l’impression que l’on vous regarde différemment après votre performance contre New Orleans ?

Le staff a mesuré ma progression au fur et à mesure que l’année s’est écoulée, en NBA ou en G-League. Ce n’est pas forcément après ce match que l’on m’a regardé différemment, car mes coéquipiers et les coachs m’ont toujours respecté à l’entraînement. Ils ne m’ont jamais pris pour moins ou pour plus que ce que j’étais. Ils ont vu que j’étais constant dans mon travail et que leur confiance en moi s’est affirmée lorsque j’ai saisi cette opportunité contre les Pelicans. 

L’équipe de France est-elle un objectif ? Ambitionnez-vous d’aller aux JO ?

J’ai commencé l’équipe de France avec les U16, avant de connaître les U18 et les U19. Je n’ai malheureusement pas joué en U20. J’y ai gagné étant jeune et on est souvent en contact au sein de notre génération que je considère comme des frères. C’est toujours quelque chose que j’ai dans le coin de la tête, mais je sais que cela passe par la saison et par les entraînements. Je ne vais pas être appelé car j’ai fait une seule bonne performance. C’est un travail constant tout au long de l’année pour obtenir une place qui se mérite. C’est pour cela que je m’entraîne, que je veux sans cesse être meilleur avec un esprit de compétiteur. Si on ne m’appelle pas, c’est que je ne suis pas encore prêt et cela me motive à travailler encore plus. 

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