jeudi 20 juin 2024

Allison Pineau (RK Krim) : « Je vais tout donner pour aller aux JO »

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Une belle page du handball féminin va se tourner en fin de saison avec le départ à la retraite d’Allison Pineau (34 ans). Après vingt ans de carrière et 16 ans d’équipe de France, la demi-centre, élue meilleure joueuse du monde en 2009, qui évolue depuis 2021 en Slovénie au RK Krim, espère finir sur des Jeux Olympiques à domicile. Entretien pour Handball magazine et Le Quotidien Du Sport.

Quel est votre état d’esprit quelques jours après avoir annoncé la fin de votre carrière ?

Je suis sereine, apaisée car c’est une décision mûrement réfléchie. J’ai été surprise du retentissement qu’a provoqué cette annonce car j’en avais déjà parlé à plusieurs reprises, peut-être que les gens ne me croyaient pas. Lors des JO de Tokyo, j’avais déjà dit que j’arrêterai après Paris. Je n’avais pas réellement été prise au sérieux j’ai l’impression.

Je suis pleinement concentrée sur ma saison, je veux me donner à fond dans les mois qu’il me reste. J’aurais 35 ans en 2024 (le 2 mai, Ndlr), l’âge pour passer à autre chose car physiquement je sens que mon corps n’est plus comme avant. J’arrêterai en club puis j’irai jusqu’aux JO si je suis sélectionnée. On verra, le choix appartiendra au sélectionneur. Sportivement, je vais tout donner comme je l’ai toujours fait pour mon club et pour être en équipe de France.

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Quelle sera votre reconversion justement ?

Je ne sais pas exactement ce que je ferai, mais je me suis donnée les moyens durant ma carrière de pouvoir découvrir des domaines différents. J’aimerais voyager et profiter des pays que je n’ai pas trop vus quand j’y allais pour le hand. Il n’y a rien de figé. Les choses seront plus concrètes en 2024. Je pourrais aussi reprendre mes études à l’EDEC. Je suis une touche à tout et je veux avoir plusieurs flèches à mon arc.

En attendant la reconversion, vous sortez une biographie « Alli histoire (s) d’une championne en janvier. Etait-ce important pour vous de vous raconter avant de tourner définitivement la page sportive ?

J’ai eu un coup de cœur pour le projet. J’avais eu d’autres occasions de faire un livre, mais je n’étais pas prête, là j’ai eu un très bon feeling avec la maison d’édition (Les Sportives, Ndlr). On y a travaillé pendant un an et demi-deux ans, j’ai bien aimé.

« En 2020, à Tokyo, on a atteint le graal »

Si vous vous retournez sur votre carrière, quel est le moment le plus difficile ?

Il y a les blessures, mais aussi les JO de Londres. J’ai réussi à me remettre à chaque fois des blessures, mais cette élimination en quarts de finale m’a marquée. Les six mois suivants ont été très difficiles.

Et le plus fort ?

Ce qui m’a le plus plu, ce sont les rencontres, les aventures humaines. C’est difficile de ressortir un seul moment, mais je dirais le titre olympique en 2020 à Tokyo. On a atteint le graal, gagné ce titre qui nous fuyait depuis trop longtemps. On restera à jamais les premières dans l’histoire de l’olympisme français. Le titre de

meilleure joueuse du monde en 2009 (elle est la seule française à avoir obtenu ce titre, Ndlr) était fort également. D’autres Françaises auraient pu y prétendre, mais j’ai ressenti une immense fierté.

Si vous pouviez changer quelque chose dans votre carrière, que changeriez-vous ?
Chaque décision m’a fait grandir. Comme dans la vie de tous les jours, quand on est sportive, on en prend des bonnes et des mauvaises, mais il faut toujours tirer quelque chose de chaque expérience donc franchement je ne regrette rien. Chaque décision m’a fait grandir.

Allison Pineau se prépare à la vie d’après

On dit souvent que la fin d’une carrière est considérée comme une petite mort par le sportif. Cela ne semble pas être votre cas…

Non je ne la vois pas comme cela, mais plutôt comme le début d’une nouvelle vie. La carrière d’un sportif de haut niveau est très longue, on a souvent commencé jeunes et certains sont perdus, d’autres ne choisissent pas leur fin et sont poussés vers la sortie. Ce n’est pas mon cas, j’ai toujours pensé à la vie qui m’attendait après et je m’y prépare de manière positive.

Pensez-vous déjà à votre dernier match, à la façon dont vous allez l’aborder ?

Non mais, ce qui est sûr, c’est que ce sera très émouvant. Plus de vingt ans de ma vie ont été dédiés à ce sport. C’est ma passion. Mon objectif quand j’ai débuté c’était de disputer les JO. Je ne pensais pas que je gagnerais autant de médailles, mais je me suis donnée les moyens pour y arriver.

Y’a-t-il un moment de votre carrière où vous avez eu du mal à gérer votre notoriété ?

Non, le succès ne m’a pas changée franchement, je n’ai pas pris la grosse tête. C’est vrai que j’ai toujours été guidée par la performance et l’envie de gagner et à un certain moment cela a pu être interprété par les gens extérieurs comme de l’arrogance alors que je travaillais pour être la meilleure et je voulais profiter de mon statut pour aider le handball féminin à grandir. Les gens ont pensé que je me prenais pour une autre, que j’étais arrogante.

Quel est votre regard sur l’évolution du handball féminin ? Pourriez-vous vous investir dans les instances ?

Le handball féminin a évolué, mais c’est un sport qui peut gagner encore en popularité. On a grandi il y a quelques années, mais désormais ça tâtonne un peu. L’équilibre est fragile. Je suis prête à être à l’écoute, tout le monde connait mon amour pour le sport en général. J’ai l’avantage d’avoir joué à l’étranger et de voir comment les clubs travaillent. Je connais aussi les difficultés quotidiennes des clubs. Si on m’appelle et que je peux aider, je le ferai avec plaisir.

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