samedi 2 mars 2024

Antoine Dupont : des amis pour la vie

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Ses trois années auscitaines, entre le centre de formation du FC Auch et le pôle espoir du lycée Jolimont de Toulouse, ont façonné le jeune demi de mêlée sur et en dehors des terrains, pour lui offrir une première finale de champion de France Crabos, un bac scientifique, un passeport pour le Top 14… et des amis pour la vie.

Ils s’appellent Gauthier Enfedaque, son pote de l’école de rugby de Lannemezan, Clément Lamothe, originaire comme lui de Castelnau Magnoac, Béranger Talbot, avec qui il a joué à Auch pendant les années lycée, tout comme Thomas Cester, ou évidemment Anthony Jelonch ou Grégory Alldritt, dont la cave de la maison familiale servait de repère, le talonneur de La Rochelle, Pierre Bourgarit, ou encore Paul Graou (l’autre demi de mêlée du Stade Toulousain !), Rémy Huertas, Pierre Dupouy et Etienne Ducom…

Parmi eux, beaucoup, principalement les Gersois, communiquent encore aujourd’hui via un groupe Facebook appelé La Meute dont la création remonte déjà à 2013 et n’avait d’autre vocation que de communiquer pendant les fêtes de Pentecôte à Vic Fezensac. Son créateur, Bérenger « Béber » Talbot, aujourd’hui prof de sport à Sarcelles, et qui attend avec impatience de redescendre dans son Sud-Ouest natal, ne se doutait pas que son initiative résisterait au temps.

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Un groupe de pote d’une dizaine de personnes

« On avait lancé ça pour mieux s’organiser, mais sans se douter que dix ans après ça existerait encore et qu’entre temps, trois membres du groupe seraient en équipe de France ! » La Meute rugit en effet encore à la moindre occasion, pour partir en vacances, en Grèce ou sur le Bassin d’Arcachon, pour prendre des nouvelles des uns et des autres, chambrer aussi pas mal car sinon ce ne serait pas aussi drôle, dernièrement pour ironiser sur le look d’Antoine avec un casque sur la tête « qui ne lui va pas si bien que ça ! »

Cette amitié est née au cœur de la Gascogne, quand Toto était cadet « et aussi réservé et timide que ce qu’il laisse apparaitre aux yeux des médias aujourd’hui, s’amuse son ancien coéquipier qui est resté jouer à Auch jusqu’à l’année dernière. Mais attention, quand on le connait bien, c’est un sacré meneur d’hommes qui n’a pas besoin de trop parler pour se faire entendre. Généralement, quand il a quelque chose à dire, il n’a pas besoin de le répéter. Il était déjà comme ça quand il était plus jeune. »

« Cette finale crabos est mon premier souvenir fort de rugby »

Son entraîneur des cadets, Patrick Davasse, abonde : « Antoine, tout le monde le respectait en raison de son engagement sur le terrain et de sa qualité de joueur. Il était déjà capitaine. » Déjà comme ça au lycée Beaulieu d’Auch, en seconde, au cours d’une dernière saison 2013/2014 dans le Gers conclue par une finale de Crabos perdue face au Racing 92 (voir encadré). Dans un documentaire qui relate l’épopée (« Premières danses »), Antoine se souvenait :

« Cette finale, c’est mon premier souvenir fort de rugby. C’était encore plus amplifié que je savais que j’allais quitter les copains et le monde amateur quelques semaines plus tard pour partir à Castres. Je savais que je ne jouerais plus avec ces mecs donc c’étaient des sentiments contrastés. » Trop attaché à ses racines, en fermant le chapitre gersois, Antoine n’al

« J’ai voulu le châtier, il m’a fait voir la cathédrale d’auch ! »

lait évidemment pas couper les ponts, notamment grâce à la Meute, jamais bien loin du petit prodige haut-pyrénéen. « Pour Antoine comme pour Anthony, franchement, ça leur fait du bien de se ressourcer à notre contact, nous dit Bérenger Talbot à quelques heures de rejoindre le Stade de France pour y assister au quart de finale des Bleus face aux Springboks. Avec eux, on est cash et s’il faut dire

les choses, on se les dit, sans forcément prendre des pincettes. C’est d’ailleurs pour ça que notre groupe fonctionne aussi bien depuis aussi longtemps. » Pourtant, entre Béber et Toto, l’histoire n’avait pas forcément débuté sous les meilleurs auspices. Avec les cadets du FC Auch, le premier, cadet deuxième année, se souvient avoir vu arriver un « première année pas plus haut que trois pommes avec une coupe de surfeur ».

La cible idéale à défier immédiatement ! « Lors du premier entraînement, et d’une opposition entre nous, j’ai voulu le châtier. Je suis allé le chercher direct sauf qu’il m’a fait voir la cathédrale d’Auch ! Ça m’avait marqué. Putain, c’est qui ce typelà ? On en rigole encore souvent. »

Depuis, des cathédrales, Toto en a fait voir à de nombreux rugbymen sur toute la planète et toujours avec le même aplomb et la même assurance que lors de ses années gersoises qui l’ont construit. « Je mentirai en disant que je savais qu’il allait devenir le meilleur joueur du monde, termine son pote, mais une chose est sûre, je n’avais jamais rencontré un joueur aussi doué ». Et aussi attaché à ses racines gasconnes.

Tom Boissy

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