samedi 20 juillet 2024

Coupe du Monde : comment la Namibie veut plomber les Bleus

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Les Namibiens vont disputer cette Coupe du monde avec l’espoir d’écrire une page historique de leur histoire en remportant une première victoire.

Suite à sa victoire 36 à 0 contre le Kenya en finale de la Rugby Africa Cup le 10 juillet 2022, la Namibie a gagné le droit de participer à un septième tournoi de Coupe du monde consécutif. Depuis 1999, les Welwitschias n’ont pas manqué une édition. Pour celle en France à venir, les troupes de Allister Coetzee ont travaillé comme des forcenés :

« La préparation se passe bien, explique le 3 ligne Pieter Jan van Lill. On a eu deux stages, un dans le centre de la Namibie et un autre proche du désert. On a joué en matches de préparation contre l’Argentine B (défaite 34-27, Ndlr), l’Uruguay (défaite 1826, Ndlr) et le Chili (victoire 28-26, Ndlr), avant d’affronter les Blue Bulls en Namibie. On a vraiment un bon groupe bien équilibré, un bon mix entre des jeunes joueurs et d’autres plus expérimentés ».

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Et qu’on se le dise, sur le sol français, la Namibie n’est pas là pour faire de la figuration : « Pour tout joueur professionnel et notamment pour un Namibien, disputer une Coupe du monde, c’est le top du top, le pinacle. Pour des petits pays comme le Chili, l’Uruguay et le nôtre, se frotter à des sélections très fortes comme la France, la Nouvelle-Zélande, est un immense honneur. Mais qu’on garde aussi à l’esprit que la Namibie n’est pas présente que pour jouer. Elle est aussi là pour essayer de gagner ». Dixit un PJ qui fêtera ses 40 ans le 4 décembre.

« On a un collectif bien équilibré »

Le Mondial apparaît plus que jamais comme un moment très spécial dans sa carrière qui touche à sa fin : « J’ai eu cette chance d’être relativement épargné par les blessures. Je continue à jouer pour ma famille et mes enfants. A leur âge et avec la Covid, ils n’ont pas forcément pris conscience que j’ai été un joueur de haut niveau. Je veux finir sur une bonne note pour eux. Je suis juste heureux de faire partie de ce groupe. Je vais continuer à travailler très dur ».

Pour l’ancien Bayonnais (entre 2015 et 2020), depuis quatre ans, les progrès de la Namibie sont réels. La sélection peut notamment compter sur un staff de très grande qualité : « Il faut rendre compte de plusieurs éléments traduisant l’évolution de notre sélection. Première raison, on a un coaching staff qui est très au point. Le sélectionneur Allister Coetzee n’est ni plus ni moins que l’ancien sélectionneur de l’Afrique du Sud. Ce coaching staff est extrêmement spécialisé et cela nous confère beaucoup de confiance. Outre la qualité des entraînements, tout est en place avant qu’on ne les débute. Il ne laisse rien au hasard. Les joueurs n’ont plus qu’à se concentrer sur leur travail ».

La Namibie use ses adversaires

Le plan de jeu de la Namibie est clair. Il s’agit principalement d’user ses adversaires en ne relâchant jamais ses efforts : « On retrouve dans notre façon de jouer un peu à ce qui s’apparente au rugby sud-africain. Ce qui nous caractérise aussi beaucoup est que nous ne relâchons jamais nos efforts. Nous ne sommes peut-être pas les meilleurs dans certains secteurs de jeu, mais nous ne baissons jamais d’intensité. C’est dans notre ADN de continuer de jouer, de continuer de plaquer, de continuer de porter le ballon tout le temps ».

Que peut alors ambitionner la 21ème nation sur l’échiquier mondial ? Le défi à atteindre est limité, mais il a son importance, à savoir remporter un match en Coupe du monde : « C’est vraiment le but, confirme l’ancien joueur de Dax et Valence Romans. J’aimerais qu’on en gagne un, peut-être même deux. Tous les matches vont être compliqués. Peut-être que le plus abordable serait malgré tout notre dernier à disputer contre l’Uruguay. L’Uruguay et la Namibie vont tout donner pour essayer de gagner un match dans cette poule. »

La Namibie savoure sa poule

« Puis il y aura les affrontements contre les Blacks et la France. Personnellement, ces deux échéances énormes auront une saveur particulière à mes yeux. Ma famille sera présente. En particulier contre la France. Mes enfants sont nés en France. J’habite toujours en France. Je connais même quelques joueurs de l’équipe de France comme Paul Willemse dont la femme est originaire de Namibie. En plus, cette rencontre se disputera à Marseille dans une ambiance qui sera sans doute magnifique. »

« Ce sera un moment à part. Cette Coupe du monde me tient d’autant plus à cœur en France que j’avais manqué l’édition 2007 car j’étais blessé au genou. Ce sera bon de terminer ma carrière internationale en France dans une ambiance aussi festive ».

Ses équipiers en sélection pourront aussi se rappeler qu’en match amical, ils ont battu le 12 août le Chili (28-26), une autre sélection présente dans le tableau final de la Coupe du monde. Une victoire est toujours bonne à prendre pour la confiance avant les rudes combats officiels à venir. Surtout quand elle est rare.

Calendrier

9 septembre, 13h : Namibie Italie (Stade Geoffroy-Guichard, Saint-Etienne)

15 septembre, 21h : Namibie Nouvelle-Zélande (Stadium, Toulouse)

21 septembre, 21h : Namibie France (Orange Vélodrome, Marseille)

27 septembre, 17h45 : Namibie Uruguay (Groupama Stadium, Lyon)

142

C’est un triste record dont la Namibie se passerait bien. Lors de la Coupe du Monde 2003, la sélection s’est inclinée par 142 à 0. C’est la plus grande défaite de l’histoire de la compétition. En l’espace de 53 minutes, les Wallabies avaient déjà passé le cap des 100 points. Tout en marquant 22 essais sans encaisser le moindre point.

Une 1ère victoire en coupe du monde est-elle envisageable ?

La Namibie n’a jamais encore goûté au succès en Coupe du monde. Son bilan comptable est clair et net. En 22 matches de Coupe du monde, elle n’en a gagné aucun. Les chiffres sont encore plus accablants quand on sait que la Namibie n’a jusqu’à présent marqué que 248 points pour 1323 concédés. Va-t-elle enfin conjurer le sort pour gagner son premier match ? C’est loin d’être fait car face aux concurrents directs, l’Uruguay et l’Italie, ces deux pays paraissent bien mieux armés et donc supérieurs.

Le saviez-vous ?

Les Namibiens sont surnommés les Welwitschias. C’est le logo et l’emblème figurant sur les maillots représentant un aigle pêcheur d’Afrique.

Les plus de la Namibie

  • Allister Coetzee, le sélectionneur de la Namibie, a entraîné l’Afrique du Sud de 2016 à 2018 après en avoir été coach adjoint.
  • Cette sélection africaine va se présenter à cette Coupe du monde sans pression. Elle a tout à gagner et rien à perdre.
  • Depuis 1999, la Namibie est habituée à disputer la Coupe du monde. Elle a pu, au fil des éditions, gagner en expérience.

Les moins de la Namibie

  • Pour la Namibie, l’adversité dans sa phase de poules est trop importante pour qu’elle puisse avoir des objectifs démesurés à atteindre.
  • Cette sélection n’a toujours pas remporté le moindre match depuis ses débuts en Coupe du monde. En 2015, elle n’est pas passée loin s’inclinant 16-17 contre la Géorgie.
  • Les matches de préparation de la Namibie ont laissé entrevoir pas mal de faiblesses. La volonté est bien présente, mais elle ne devrait pas suffire.

L’avis d’Olivier Magne

« Une nation voisine de l’Afrique du Sud, qui est dans son ombre. Il y a une forte inspiration sud-africaine dans leur rugby avec des valeurs de combat notamment. Ce sport y est très important, jouer au rugby c’est une façon d’exister. Mais c’est très compliqué actuellement pour la sélection namibienne car la fédération manque de moyens. Dans ce groupe, je pense que l’Italie sera devant la Namibie. »

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