lundi 27 mai 2024

Hand — Danijel Andjelkovic : « On n’est pas les plus riches »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Si Toulouse a réussi l’exploit de battre cette saison Paris, Nantes et Montpellier, son coach (depuis 2021 après avoir été adjoint de 2015 à 2021), Danijel Andjelkovic (44 ans) en veut plus ! Entretien réalisé pour Handball Magazine et Le Quotidien du Sport.

Quel bilan faites-vous à mi-saison ?

On a débuté la saison diminué et on s’en est plutôt bien sorti en finissant la phase aller 4ème ex æquo avec Chambéry. Même si on pouvait faire un peu mieux, le bilan est quand même positif, notamment à domicile avec des victoires contre de grosses équipes, des victoires qui nous ont donné de la confiance. Il nous manque néanmoins de la régularité car on n’a ramené que 5 points de l’extérieur.

Le top 5 est-il l’objectif ?

En début de saison, l’objectif était la 6ème place. On est ambitieux, mais le championnat est tellement serré entre la 4ème et la 10ème place qu’un poteau, un ballon, un arrêt d’un gardien peuvent changer la donne. Il va falloir être plus performant à l’extérieur.

Le top 5 atteignable pour le Fenix

Rêvez-vous de la 4ème place ?

La saison passée, on a joué la Coupe d’Europe. On a envie de regoûter à l’Europe, ça nous manque, mais on n’est pas les seuls ! Les trois premières places sont déjà distribuées et, derrière, quatre ou cinq équipes se battent pour la 4ème place.

Vous avez battu les trois gros, Paris (3527), Nantes (32-31) et Montpellier (3130). Quelle victoire a été la plus belle ?

Les trois victoires sont différentes. Paris, on ne pensait jamais qu’on allait les battre. Mais on peut dire la même chose pour les deux autres ! En plus, il nous manquait des joueurs. Au final, on a joué sans pression. On voulait montrer qu’on était capable de performer au même niveau. On a bien kiffer. Maintenant, on l’a fait, il faut tourner la page et partir sur de nouveaux défis.

Toulouse tombeur des gros, cela ne vous suffit pas ?

On est capable de performer et de gagner les trois meilleures équipes du championnat, mais ensuite on n’est pas capable d’être régulier et de gagner les matches qu’on doit gagner. On ne va pas gagner tous les matches, mais on doit être plus régulier. Gagner deux matches d’affilée booste davantage. Ces trois victoires nous ont permis de gagner en confiance, ont changé la mentalité de l’équipe mais, en sport, le plus difficile, c’est d’être régulier.

Vous avez été les premiers à faire tomber Paris qui restait sur 35 victoires !

(Rires) On les a battus deux fois puisqu’on l’a aussi fait lors du dernier match de préparation. Les battre deux fois, c’était statistiquement improbable vu qu’ils n’avaient pas perdu depuis deux ans (depuis le 25 avril 2021 contre Nantes, Ndlr) et pourtant on l’a fait ! On a alors compris qu’on pouvait battre les gros.

« On ne doit pas manquer d’ambition. Il faut aller chercher plus grand »

La saison est-elle déjà réussie avec ses trois exploits ?

Je ne dirai pas ça. On ne doit pas se contenter de petites choses. J’ai un bon groupe, de bons joueurs, et on est capable de faire plus. On ne doit pas manquer d’ambition. Il faut aller chercher plus grand.

Ce n’est pas évident avec la 12ème masse salariale de StarLigue…

On n’est pas les plus riches, mais ça ne nous interdit pas de faire les choses, de travailler différemment, de recruter des joueurs moins connus. On a d’ailleurs un joueur parmi les meilleurs buteurs du championnat (Ilic), un autre parmi les meilleurs gardiens (Lettens), un autre parmi les meilleurs défenseurs (Diallo), un autre parmi les meilleurs demis (Balenciaga)… Ces joueurs-là, ils n’étaient pas demandés par beaucoup de monde. On les a repérés et on les a intégrés à notre système. Chez nous, la star, c’est l’équipe !

Un match de gala contre le Barça est prévu entre le 8 et le 10 juin. Ces bonnes performances n’y sont sans doute pas pour rien…

C’est super de recevoir les champions d’Europe. Ils vont venir une semaine avant le Final Four de Cologne. L’été dernier, on a réussi à faire venir Paris à Toulouse.

A mi-saison, Nemanja Ilic est le meilleur buteur de StarLigue. Est-ce un challenge qu’il le reste ?

Je lui souhaite ! Il a monté cette saison son niveau d’exigence d’un cran. Il a toujours eu ces qualités de finisseur. C’était juste une question d’investissement et de motivation. Cette année, ça se voit qu’il est très motivé et on va tout faire pour l’aider.

On ne trouve pas de Toulousains en équipe de France. Certains mériteraient-ils d’être appelés ?

On a Edouard Kempf et Bakary Diallo qui peuvent postuler à terme à une sélection ou à un stage.

Un mercato ambitieux

Pouvez-vous nous parler du Mercato à venir ?

Deux joueurs vont nous rejoindre sur deux postes clés, Gabriel Nyembo (Dunkerque, Ndlr) un pivot qu’on suit depuis deux ans, qui s’est fait les croisés la saison dernière. Cette saison, il a bien démarré. Il est solide, il est bon sur les prises de positions, même à la finition, il peut descendre. Ce sera un bon complément de Petterson qu’on a prolongé d’un an et qu’on va pouvoir un peu déchargé. Autre recrue, le demi suédois Casper Kall (Lugi Handball, Ndlr).

Ce n’est pas tout à fait le même profil que Balenciaga ou Steins. C’est un joueur de rythme, de tempo, bon en un contre un, bonne relation avec le pivot, shoot en appui, le leader actuel de son équipe. J’espère qu’il va bien s’intégrer avec Maxime Gilbert. On a prolongé deux ans Erwin Fuchtmann, un joueur atypique, le deuxième meilleur buteur du dernier Mondial, il peut jouer à trois postes ; arrière gauche, demi ou à droite -, un joueur avec beaucoup d’énergie, d’enthousiasme, très positif pour l’équipe.

Edouard Kempf a lui prolongé de trois ans. Il est là depuis trois ans, il est régulier avec un bon état d’esprit, c’est un des leaders du vestiaire. L’ailier droit Romain Giraudeau va faire son retour. Il est issu de notre centre de formation. Il était prêté cette saison à Frontignan après avoir signé pro. Normalement, on va s’arrêter là avec un effectif de 15 joueurs, sauf si on décroche la 4ème place. En sachant que notre capitaine Pierrick Chelle, qui a passé toute sa carrière ici, le papa de l’équipe, un des leaders du vestiaire qui a contribué à la bonne ambiance, à avoir toujours des mecs qui travaillent, arrête en fin de saison. Il va nous manquer, mais la transition va se faire en douceur.

Le Fenix de Toulouse patience en StarLigue

L’idée est-elle pour le Fenix d’accrocher la Ligue des Champions un jour ?

En termes de développement, pour l’instant, on est au maximum. Nos résultats (5ème en 2020, 6ème en 2021, 7ème en 2022) sont bien supérieurs à nos moyens. Pour rêver aller plus haut, il va falloir trouver un support financier et c’est très compliqué. L’objectif, c’est d’abord d’être plus régulier pour aller chercher plus haut avec les moyens qui sont les nôtres en produisant du beau jeu, en permettant aux joueurs qui nous rejoignent d’être meilleurs quand ils partent. On doit innover car si on fait comme les autres ils vont finir par nous manger.

Y a-t-il la place pour le hand dans cette ville de rugby et de foot ?

Nous essayons de trouver un peu de lumière en proposant quelque chose de différent, avec un sport en salle, pour attirer le grand public. On a envie de grandir. On a du monde et de l’ambiance dans la salle. Il y a une énergie positive. Ça commence alors qu’il y a quelques années certains ne savaient même pas qu’il y avait du handball à Toulouse.

Etes-vous en contact avec les entraîneurs du Stade Toulousain et du Toulouse Football Club ?

Oui, on a des réunions, on se fait des restos, des présentations, on se voit une fois tous les deux mois. On a également un groupe Whatsapp. On communique, on échange. Ils ont un peu plus d’expérience que Rémi (Calvel, son adjoint, Ndlr) et moi. Ils sont dans des structures assez grandes, avec beaucoup de moyens, donc on apprend pas mal de choses, sur le management, sur l’organisation de l’entraînement. Je les remercie car ils sont vraiment ouverts et partagent tout ce qu’ils peuvent.

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