dimanche 2 octobre 2022

Didier Nourault (Président d’Orléans) : « Venir du rugby est un plus »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Président depuis mai 2017 du directoire d’Orléans Loiret basket, Didier Nourault (61 ans) est pourtant issu du monde de l’ovalie puisqu’il a notamment entraîné Montpellier de 2000 à 2009, avec qui il a été champion de France de pro D2 en 2003 et a décroché le bouclier européen en 2004.

Comment devient-on président d’un club de basket quand on a été entraîneur de rugby ?

L’ancien adjoint aux sports que j’avais eu comme préparateur physique dans un de mes staffs m’a demandé de reprendre le club de basket qui était en difficulté (rétrogradé en Pro B après 11 ans au plus haut niveau, Ndlr). Dans le rugby, pour être président de club aujourd’hui, il faut quelques millions d’euros, en basket ce n’est pas le cas (rires).

C’était surtout pour moi un moyen d’aller jusqu’au bout de mes idées sur la vision d’un club après avoir entraîné pendant 25 ou 30 ans en Top 14 et en Pro D2, notamment à Montpellier et au Racing et même à Orléans.

Connaissiez-vous le milieu du basket ?

J’y ai joué gamin puisque je suis né à Antibes. Le club avait été champion de France (en 1970, Ndlr) avec Dan Rodriguez, Henry Fields… Ce sont des souvenirs d’enfant. Je me suis fait virer du basket parce que je faisais trop de fautes. Du coup, je suis allé au rugby (rires).

« Il y a toujours une minorité qui se demande ce que vient faire un rugbyman dans le basket »

Avez-vous été bien accepté par le milieu du basket ?

Il y a toujours une minorité qui se demande ce que vient faire un rugbyman dans le basket, mais c’est anecdotique. Et pour n’importe quel sport la structure de l’entreprise est identique, que le ballon soit ovale ou orange.

Le tout, c’est que je ne m’occupe pas de basket. C’est ce que je ne supporte pas chez les présidents de rugby. Comme ils achètent le club, ils se sentent un peu coachs à la place du coach. Au final, je pense que ne pas être du sérail est un plus à l’image de la réussite du champion olympique de lutte Yalouz en tant que DTN à la Fédération d’athlétisme.

Quel est l’objectif du club qui dispute sa deuxième saison de suite depuis son retour en Jeep Elite ?

La priorité, c’est de rester en Jeep Elite. On doit avoir le 13ème budget du championnat (le 14ème en fait avec 4 331 000 euros et la 12ème masse salariale avec 1 482 500 euros, Ndlr) donc une place entre la 10ème et la 16ème nous conviendrait. Après, on bataille tous les jours pour faire mieux.

Didier Nourault attend avec impatience la grande salle

En 2009/2010, le club a goûté à l’Euroligue…

A l’époque, le budget était de 5,2 millions. Aujourd’hui, il est de 4,2 millions et va baisser d’au moins 100 000 euros car la Métropole nous enlève 200 000 euros sur le prévisionnel (le club va toucher 100 000 euros contre 300 000 l’année d’avant, Ndlr). Le budget moyen en Jeep Elite doit être de 5,2 M€ (5,5, Ndlr). On est largement en-dessous. Nos ambitions sont donc cohérentes et si on termine plus haut que 10ème ce sera un exploit.

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L’arrivée d’une nouvelle salle de 10 000 places en 2022 va-t-elle permettre au club de viser plus haut ?

Le CO’Met sera une salle de 10 000 places, mais avec un anneau à 4800 et un autre à 5200. Le basket utilisera le premier et on peut légitimement ambitionner les 4000 de moyenne. Le CO’Met devrait permettre au club de passer un cap mais, en attendant la salle, il faut faire le dos rond. Avec la nouvelle salle, il faudra essayer d’être au moins dans le budget moyen de la Jeep Elite et sportivement de jouer une Coupe d’Europe.

Le club pourrait-il se remettre d’une saison sans public, Covid oblige ?

Le club ne serait pas en danger. Il est sain avec de la trésorerie et un fond de réserve. On a la chance que les entreprises nous suivent. Les aides de l’Etat nous aident aussi beaucoup et on espère qu’elles continueront si jamais la saison se poursuit sans public.

Entre Didier Nourault et la Mairie, une entente de facade

L’adjoint aux sports Thomas Renault a déclaré : « Je suis pour un autre fonctionnement avec un directeur général et un président bénévole qui rendraient tous les deux des comptes au conseil de surveillance. Il faut qu’il y ait un vrai patron. » Etes-vous inquiet alors que la mairie semble vouloir privatiser le club ?

Privatiser est le projet de campagne de la nouvelle gouvernance de la mairie. Pourquoi pas dans une mesure équilibrée et progressive permettant une pérennité certaine et une progression intelligente pour le club. C’est l’éternel serpent de mer et, pour l’instant, aucun repreneur sérieux ne se manifeste.

Mais il ne faut pas mélanger la politique, les petits arrangements entre amis, la gestion économique fragile d’un club, l’alchimie délicate d’une équipe sportive et la réalité (le sportif et le politique), et surtout prendre les choses les unes après les autres. La politique ne fait jamais bon ménage avec le sport et OLB l’a déjà bien payé malheureusement dans le passé.

J’ai été mandaté, à temps partiel pour des raisons financières (surcoût d’un directeur d’environ 80 K€) en tant que président, je touche 1000 euros par mois. C’est presque du bénévolat. A côté, je suis responsable développement stratégique et partenariats d’un organisme (FORMASAT, Ndlr) de formation aux métiers du sport.

Et heureusement qu’ils sont sympas ! En plus, j’ai pris la présidence du Syndicat des entraîneurs de rugby (TECH XV, Ndlr) -, par le conseil de surveillance de l’ancienne mairie pour faire remonter le club, pour aplanir la situation financière le club est aujourd’hui bénéficiaire, et pour que le club reparte sur les bonnes bases après le cataclysme orléanais de la descente, et, faute de moyens, se concentrer sur le sportif et l’image du club en attendant le CO’Met. A ce jour, le club tient sa place en Jeep Elite.

Une génération dorée chez les jeunes

Il a obtenu depuis deux ans le « label argent LNB » au lieu du bronze, et la confiance aussi bien en interne qu’en externe, est rétablie. Avec l’association, on a commencé par structurer le centre de formation (directeur du centre de formation, des adjoints et un préparateur physique dans chaque catégorie, le recrutement des meilleurs talents régionaux en U18, U15) afin de travailler sur le futur.

Il faudra laisser du temps à ces jeunes pour éclore. Germain Castano a, ce qui n’a jamais existé au club et malgré la crise économique, un 2ème assistant et préparateur physique à plein temps à ses côtés pour bonifier encore le travail des joueurs.

Didier Nourault veut accélérer le développement commercial de l’OLB

Le sportif et la formation ont donc été structurés pour avoir des résultats dans les deux ou trois prochaines années. L’adjoint cherche surtout à placer une régie commerciale externalisée de ses connaissances, mais qui n’a que très peu d’intérêt pour le club.

En effet, depuis plus d’un an, je souhaite renforcer la force commerciale interne avec l’accord du conseil de surveillance, et ce sera fait dès que la crise Covid s’estompe, mais ce n’est pas le moment, avec rien à vendre pour les VIP dans le Palais des Sports, des matches à huis clos et une crise financière dans les entreprises. Il faut laisser le temps au temps. Tant que le CO’Met ne sera pas là, ce sera difficile.

Dès que le cadre juridique du club dans la nouvelle salle sera connu, il faudra s’y pencher et structurer davantage, mais les moyens financiers actuels ne le permettent pas. De grâce, laissons la politique de côté, sinon en effet je suis inquiet pour l’OLB.

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