mardi 16 juillet 2024

Emile Ntamack « Romain assimile vite les choses »

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Emile Ntamack a porté haut les couleurs du Stade Toulousain Et de l’équipe de France (46 sélections, 26 Essais) bien avant son fils Romain. Six Fois champion de France, triple champion d’europe, vainqueur d’un grand chelem, l’ailier prépare aujourd’hui ses successeurs.

Que faites-vous depuis l’arrêt de votre carrière en 2004 ?

Je suis resté près du terrain dans la formation des jeunes. Je suis aujourd’hui au centre de formation du Stade Toulousain après un détour dans le staff de l’équipe de France et de l’UBB.

Emile Ntamack travaille pour le Stade Toulousain

Après votre carrière de joueur, vous avez quitté le Stade Toulousain avec une expérience à l’UBB notamment. Pourquoi ce départ ?

Je n’ai jamais vraiment quitté le Stade Toulousain, c’est mon club de cœur. Mes garçons jouent au Stade (Romain et Théo, Ndlr). La formation au Stade Toulousain fait partie des meilleurs depuis de longues années. C’est une fierté pour nous aussi d’entraîner, de guider tous ces garçons qui pour certains seront amenés à briller en équipe première. L’équipe de France et l’UBB m’ont permis de découvrir d’autres choses.

Etait-ce une vocation pour vous de devenir entraîneur ?

J’ai toujours été pédagogue, j’ai été professeur de gym. Cela me plaisait beaucoup d’enseigner le sport. J’ai arrêté ma carrière par choix, je l’avais préparée les dernières années et la dernière saison que je fais je veux vraiment arrêter, ça n’a donc pas été difficile et j’ai directement enchaîné par l’entraînement des jeunes. C’était un choix, il n’y a donc aucune lassitude, bien au contraire.

Comment jugez-vous l’évolution du rugby ?

Le jeu va plus vite, les joueurs sont plus forts, la notion de liberté est moins présente en revanche. Sur certains matches, le jeu se fige. Maintenant, les joueurs ne pensent qu’au rugby. Il faut faire attention et former des hommes avant tout en ne négligeant pas les études car tous ne pourront pas devenir professionnels. Il ne faut laisser personne sur le bord de la route. Le professionnalisme ne pardonne pas, il y a beaucoup de candidats, mais peu d’élus.

« On a envie de croire à ce groupe »

Comment expliquez-vous la réussite de la formation toulousaine et la longévité du club ?

Aujourd’hui, il y a moins de barrières, les joueurs quittent plus facilement leur club. Toulouse parvient à les garder, les jeunes en sortie de formation malgré les sollicitations signent professionnel au Stade. On leur fait partager les valeurs humaines véhiculées par le club dès leur plus jeune âge. La longévité du club est due au fait que les jeunes restent à Toulouse en professionnels, c’est dans une certaine logique.

Votre fils Romain a connu une ascension rapide. Le mettez-vous en garde contre les difficultés qu’il pourrait rencontrer ?

On est très proches, mais je n’interviens pas dans sa vie, il est grand, il est parfaitement conseillé par ses entraîneurs. Il a grandi dans le milieu du rugby, il venait dans les vestiaires quand je jouais donc pour lui c’est un peu comme une suite logique. Il est parfaitement capable de distinguer ce qui est bien de ce qui ne l’est pas. Romain est un garçon qui assimile vite les choses, il s’exprime dans sa passion en connaissant parfaitement les à-côtés et en les gérant très bien pour l’instant.

La France peut-elle être championne du monde en 2023 ?

Ce groupe nous donne envie de croire en lui. Je ne suis pas surpris car il y a beaucoup de jeunes de talent en France. La plupart ont été champions du monde U20. On a des joueurs exceptionnels, ils forment un bon groupe, s’entendent bien. Les planètes sont alignées afin que les prochaines années soient belles, on pense bien sûr à 2023, mais il ne faut pas s’arrêter de travailler car les autres travaillent aussi et progressent. Il faut les laisser travailler dans le calme, loin de la pression.

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