dimanche 23 juin 2024

Fabien Causeur (Real Madrid) : « 400 matchs avec le Real, c’est plus qu’un trophée »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Le meneur/arrière français du Real, Fabieur Causeur fêtera ses 36 ans le 16 juin, n’élude aucun sujet et notamment l’équipe de France qu’il pourrait retrouver, après une longue absence. Entretien réalisé pour France Basket et Le Quotidien du Sport.

Comment se passe votre saison au Real ?

C’est une saison plus difficile que l’an dernier personnellement. J’ai moins de minutes et de responsabilités. J’ai 35 ans bientôt 36 (le 16 juin, Ndlr). Personne ne peut combattre le temps. Je suis quelqu’un qui va toujours de l’avant. Mais cette année il y a eu aussi pas mal de changements au Real. Quelques jeunes sont arrivés comme Dzanan Musa, Mario Hezonja. Cela a marqué un certain renouveau.

On a évidemment gardé la colonne vertébrale avec les anciens Rudy Fernandez, Sergio Llull, moi-même. On a aussi fait revenir un ancien du Real Sergio Rodriguez. La saison collective se passe plutôt bien et c’est le plus important. Ce que je regarde, c’est surtout le nombre de titres que j’ai dans mon salon !

L’an dernier, cela a-t-il été la meilleure saison de votre carrière ?

Oui clairement au niveau des responsabilités que j’avais prises dans l’équipe, du niveau de jeu que j’affichais surtout dans les moments cruciaux. J’ai fait un super Final Four. J’ai été décisif aussi sur des moments cruciaux en Liga. Dans ma carrière, j’ai effectivement été à mon meilleur niveau l’an dernier.

Que vous inspire votre longévité au Real où vous évoluez depuis 2017 ?

Quand on me demande quel plus beau trophée j’ai au club, la réponse basique à donner est champion d’Europe (en 2018, Ndlr). Mais, personnellement, j’ai un maillot à la maison qu’on nous donne quand on dépasse un certain nombre de matches disputés.

En avril, j’ai un maillot avec 400 matches au Real. Cela représente bien plus qu’un trophée, c’est tout le travail d’une carrière et au Real. Quand je suis arrivé [au club, à la fin de ma 2ème année, tout le monde disait que j’allais en partir. Sauf que j’ai brillé au meilleur moment. Je suis resté trois ans de plus. Et l’histoire s’est répétée. A la fin de la saison dernière, j’ai été trop bon (sic) pour qu’ils me changent. Plus de 400 matches dans le meilleur club d’Europe, c’est juste énorme ! Je vis un rêve les yeux ouverts.

« Si je suis fatigué, je ne veux pas priver en équipe de France un jeune d’une place qu’il mérite »

Quand pensez-vous raccrocher ?

Je vais déjà finir mon contrat. J’aurai 37 ans. Cela commence à faire. Avec 80 matches disputés par saison, je finis cramé. L’an dernier, j’ai refusé l’équipe de France car je n’en pouvais plus. Je n’avançais plus, j’avais des douleurs partout. Même après deux semaines d’arrêt, j’avais encore mal. J’ai encore deux ans à souffrir en prenant du plaisir (sourire). Derrière, je ne sais pas. Cela dépendra comment mon contrat s’achèvera ici. Si jamais je peux encore aider l’équipe je ferai peut-être un an de plus. Mon rêve a toujours été de prendre ma retraite au Real.

Quid de boucler la boucle dans votre club formateur ?

Je ne sais pas car je ne suis pas dans cette optique encore. Mon meilleur ami est Rudy Sevi, le président du STB Le Havre. Des fois, il me dit : « Viens, on te signe pour un match et tu finis là-bas ». Je ne sais pas… Cela dépendra de mon feeling. Tous mes choix de carrière ont été faits au feeling.

Vous n’avez pas fermé la porte à un retour en Bleus non plus !

Je n’y ai pas spécialement pensé pendant la saison. L’an dernier a été un peu spécial. Nando De Colo, Nicolas Batum n’y allaient pas. Vincent Collet et Boris Diaw s’étaient tournés vers moi. D’un côté, j’étais content, mais
je n’en pouvais plus. Cette année, je suis en discussion avec Boris. On va attendre de voir comment se finit la saison et dans quel état d’esprit je suis. Je pourrais être égoïste et dire on y va. Mais si je suis fatigué je
ne veux pas priver un jeune d’une place qu’il mérite. Il y a des jeunes qui y sont depuis des années, qui ont le niveau et peuvent apporter. Mais je n’ai pas fermé la porte pour l’instant.

Auriez-vous pu jouer en NBA ?

Non. Ce sont là-bas des athlètes d’un autre niveau. J’ai l’intelligence basket pour y jouer, mais pas le physique. J’ai vu dans ma carrière des joueurs avec un physique similaire au mien et meilleurs que moi, ils n’ont pourtant pas réussi là-bas.

Les années passent, mais à quoi veille-ton pour rester compétitif ?

C’est beaucoup de choses à prendre en compte. Il y a aussi le facteur chance ou malchance qui intervient. Mais il y a aussi beaucoup de choses qu’on peut contrôler comme le sommeil, la nutrition, l’entraînement et être sérieux. Quand on a passé la trentaine et qu’on a vécu pas mal de choses, on fait beaucoup plus attention que quand on a 22 ans.

Avec l’expérience, on sait qu’on obtient de meilleurs résultats en étant plus pointilleux sur certaines choses. Certaines de mes blessures m’ont aussi fait grandir. Mon idée était de durer jusqu’à 34 ans. Je vais en avoir 36 et je suis encore au plus haut niveau européen. En cela c’est un autre super trophée personnel.

Que ferez-vous une fois votre carrière terminée ?

Je vais passer mes diplômes d’entraîneur ; Je ne sais pas si je veux vraiment le devenir, mais je veux au moins avoir cela sous le coude si le basket me manque vraiment. Je ne veux pas me fermer la porte. J’ai énormément à partager. J’ai une carrière à rallonge. Pourquoi ne pas transmettre à des jeunes ? J’aimerais bien travailler pour une équipe, mais être plus en lien avec le coach, avec une approche personnelle, comme faire des entraînements individuels, les préparer psychologiquement…

Un dernier mot sur Victor Wembanyama…

On n’a jamais vu ça ! Un athlète de cette taille avec une telle agilité, c’est hors du commun. Mais qu’il prenne soin de lui. On voit qu’il travaille beaucoup et qu’il est très bon. Il doit s’inscrire dans la durée. La NBA, c’est hyper physique. Ils vont certainement jouer dur sur lui. Je lui souhaite de réussir. On a un phénomène. On a de la chance qu’il soit Français.

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