jeudi 25 avril 2024

Formule 1 : état d’urgence chez Alpha Tauri

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

L’écurie de Faenza, Alpha Tauri a vraiment déçu la saison dernière en ne remplissant pas la feuille de route attendue. Une réaction est attendue en 2023, même si les deux premiers Grands Prix n’ont pas réussi à ‘écurie (0 point).

Cet hiver dans le microcosme de la Formule 1, pas mal de directeurs d’équipes ont changé. Franz Tost lui, demeure bien en poste. C’est le cas depuis 2006. S’il se félicite d’une telle longévité, il n’oublie pas de mentionner que la saison à venir devra être d’un autre acabit pour AlphaTauri :

« J’aime mon travail et j’aime la Formule 1, a-t-il indiqué sur le site officiel de l’écurie. Mais forcément nous devons enregistrer des succès et nous devons faire une bonne saison. C’est la clé de la continuité sinon l’équipe doit être remaniée. » Le message est passé. Une manière de mettre la pression sur toutes les troupes et pas que sur les pilotes.

Car AlphaTauri qui reste sur une saison bien décevante (9ème aucun podium contrairement à 2020 et 2021), également marquée par le départ de son champion Pierre Gasly chez Alpine, va impérativement devoir redresser la barre.

« Nous devons faire une bonne saison sinon l’équipe doit être remaniée »

Pour autant, Tost estime qu’en 2023 le rapprochement des forces en présence sera encore plus serré. Ce qui pourrait évidemment encore davantage servir la cause de son écurie :

« Naturellement, les trois plus grandes écuries gardent un gros avantage par rapport aux autres de par leurs infrastructures, leur personnel… Mais, pour le reste, je reste convaincu que le degré de performance des monoplaces sera encore plus rapproché. Dans le même ordre d’idée, Max Verstappen a remporté le championnat du monde assez tôt l’an dernier. Cette saison, je ne m’attends pas à ce qu’un pilote s’impose si vite et donc remporte le championnat du monde de manière si précoce. La lutte se poursuivra jusqu’au terme de la saison. C’est ce que les fans, et nous tous, voulons voir ».

Jarno Trulli (252 Grands Prix) essaie de dessiner la saison de AlphaTauri en 2023 : « Bien difficile de définir tous les contours précis de la saison à venir de cette écurie qui semble parfois travailler pour Red Bull (sourire). On a souvent constaté chez eux lors des saisons précédentes qu’ils démarraient souvent bien pour se perdre un peu ensuite. Dorénavant, ils ont un pilote japonais (Tsunoda, Ndlr) qui fait son chemin. Quand les choses vont dans le bon sens pour lui, il est tout à fait en mesure de bien faire. Quant à de Vries, certes il a une certaine expérience, mais pas en F1. Et la F1 c’est un monde excessivement différent.

« L’an dernier, il a accompli un véritable exploit (8ème du GP d’Italie, Ndlr), mais les conditions étaient réunies aussi pour qu’elles soient extraordinaires. Des conditions parfaites pour débuter à savoir une voiture rapide sur le circuit de Monza. Je ne m’attends pas à ce que ce soit une saison aussi commode pour lui sur la durée. Je ne minimise surtout pas ce qu’il a fait, c’est-àdire du bon travail, mais il s’est retrouvé dans la bonne situation au bon moment, sur le bon circuit, et au volant d’une voiture qu’on ne présentait pourtant pas comme phénoménale. Mais à Monza elle a été très bien ».

Il y a également un autre point au sein de cette écurie qui ne doit pas être occulté : l’arrivée cette année d’un nouveau sponsor principal et non des moindres, le pétrolier Orlen. C’est un nouveau cap de franchi :

« C’est formidable pour nous de commencer la saison avec un nouveau partenaire, ajoute Tost. Surtout un partenaire aussi important et aussi proche de la Scuderia AlphaTauri que peut l’être Orlen. En tant que l’une des principales sociétés pétrolières et gazières d’Europe centrale, leur approche progressive et durable s’aligne sur notre équipe et nos valeurs. Je suis impatient de voir comment ce partenariat va se développer dans les années à venir ».

Quand on est autant soutenu par un pétrolier, on ne peut pas s’empêcher de faire des analogies et croire que la monoplace ne va pas trainer en piste.

La vie sans Gasly…

Parti chez Alpine, le Normand de 27 ans, va laisser un énorme vide. Car ce dernier a fait les beaux jours de l’écurie Toro Rosso et AlphaTauri, et ce depuis octobre 2017 (sans oublier le petit passage chez Red Bull en 2019). Certains faits et chiffres ne trompent pas.

Le natif de Rouen demeure le seul pilote avec Sebastian Vettel à avoir fait triompher l’écurie de Faenza. Gasly a marqué 133 des 177 points inscrits par AlphaTauri ces deux dernières saisons, soit un ratio de 75%. Avec des profils différents, on verra bien qui entre Yuki Tsunoda et Nyck de Vries deviendra le chef de file de cette écurie. Mais il devra être sacrément costaud pour remplacer l’omnipotent Gasly.

Pour l’instant, après les deux premiers Grands Prix de la saison, on est loin du compte.

L’avis de Franck Montagny

« Ils ont eu du mal à développer la voiture l’an passé pour revenir petit à petit sur le bon chemin. Ils n’ont pas réussi à faire des changements et des évolutions. La capacité de développement n’était pas flagrante au fur et à mesure des Grands Prix. Tsunoda va vouloir se battre pour se montrer meilleur que de Vries, son nouveau coéquipier. Ça peut aller de pire en pire au fil des mois. Mais ça peut nous offrir quelques moments sympas dans le paddock en 2023. »

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