jeudi 13 juin 2024

Francisco, de la NBA à l’Espagne, un joueur indispensable à Manresa

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Si le meneur de Manresa, Sylvain Francisco (24 ans), a vécu un temps aux Etats-Unis et aime la NBA, il montre actuellement qu’il n’est plus le même joueur en Espagne. Son nouveau statut d’international français l’atteste.

Sylvain Francisco est rentré dans une nouvelle dimension. En nets progrès, il a été sélectionné en équipe de France pour la première fois contre le Portugal dans le cadre des qualifications pour la Coupe du Monde 2023, le 24 février dernier. Une récompense pour le natif de Créteil d’origine angolaise et âgé de 24 ans en feu trois jours plus tard contre ce même Portugal (15 points à 3/5 à 3 points).

« Je suis en train de gagner en contrôle. Mes décisions sont plus propres que l’année dernière. J’ai pris en maturité. Je sais plus qu’avant où je peux faire mal à l’équipe adverse. Mais j’ai un jeu à haut risque aussi ».

Francisco réalise une rencontre de gala contre le Barça

Dans une saison, des performances marquent les esprits plus que d’autres. Le 9 janvier, le meneur de Manresa a réalisé une prestation XXL. Elle n’a pas échappé à Vincent Collet. En déplacement sur le parquet du grand FC Barcelone (14ème j.), l’ancien meneur des Metropolitans et de Roanne a largement contribué à la victoire de son équipe (96-95, a.p) en allant arracher la prolongation au buzzer concluant une remontée de balle expresse.

Francisco a été le joueur le plus prolifique de la rencontre : 25 points, 3 rebonds, 2 passes, 2 interceptions. Depuis, l’ancien meneur du Paris Basketball garde la main chaude en enregistrant de bonnes statistiques avec son club catalan (10,6 points, 1,3 rebond, 3,3 passes décisives). On se demandait pourtant bien ce que cela allait donner en Bleus pour son baptême du feu. Joueur à fort caractère, Francisco a répondu présent six ans après sa dernière apparition internationale lors d’un Euro U20 :

« Il a montré des choses dès son entrée en jeu sur le secteur défensif en nous faisant gagner un ballon, a reconnu Vincent Collet. Il était plutôt très actif dans ce secteur. Au début de la rencontre, on ne le sentait pas toujours très à l’aise offensivement. Les autres ont un peu plus de bouteille sur les systèmes. Il n’a eu que deux petits entraînements pour tout apprendre. Ce n’est pas évident. En première mi-temps, il était un peu sur la retenue, mais il s’est lâché en deuxième. C’est un joueur qui prend des risques. Il a montré des choses intéressantes ».

De bon augure même si tout n’a pas été facile pour Sylvain Francisco. Un temps ignoré des pôles espoirs et des centres de formation, cela l’avait conduit en High School en Floride avant de rejoindre les Metropolitans en 2017.

« Le regard sur lui a changé »

Suivront ensuite des expériences au Paris Basketball en Pro B (de 2018 à 2020) et à Roanne en Pro A la saison passée. Jean-Denys Choulet se souvient que ce meneur vif et explosif avait livré une belle partition à la Chorale avant de filer en Espagne :

« Je ne suis pas surpris par sa progression. Si je l’avais recruté, c’est que je pensais qu’il allait faire quelque chose. Le seul point qu’il fallait travailler avec lui, c’était sa gestion d’un groupe et d’une équipe. Bref, qu’il se mette davantage au service de l’équipe et qu’il soit plus organisateur. Sur le shoot, la défense, les cross, les qualités athlétiques, l’intelligence de jeu, il avait tout ce qu’il fallait. Il sera un très bon joueur. Sylvain doit rester dans cette progression. Il ne va pas sauter trois marches d’un coup. Je sais pourtant que son rêve est des centres de formation, cela l’avait conduit en High School en Floride avant de rejoindre les Metropolitans en 2017 ».

Suivront ensuite des expériences au Paris Basketball en Pro B (de 2018 à 2020) et à Roanne en Pro A la saison passée. Jean-Denys Choulet se souvient que ce meneur vif et explosif avait livré une belle partition à la Chorale avant de filer en Espagne :

« Je ne suis pas surpris par sa progression. Si je l’avais recruté, c’est que je pensais qu’il allait faire quelque chose. Le seul point qu’il fallait travailler avec lui, c’était sa gestion d’un groupe et d’une équipe. Bref, qu’il se mette davantage au service de l’équipe et qu’il soit plus organisateur. Sur le shoot, la défense, les cross, les qualités athlétiques, l’intelligence de jeu, il avait tout ce qu’il fallait. Il sera un très bon joueur. Sylvain doit rester dans cette progression. Il ne va pas sauter trois marches d’un coup. Je sais pourtant que son rêve est d’aller en NBA. Pourquoi pas. Mais je ne suis pas convaincu que cela soit la meilleure des choses pour lui. Faire le haut de tableau européen serait déjà très bien ».

« Je ne suis pas surpris par sa progression »

« Pour son agent Louis Trohel, ce n’est plus le même joueur. « Sylvain est rentré dans une nouvelle dimension. Il a maintenant une exposition plus large au sein du championnat espagnol. Il a franchi un cap. Il est passé d’une équipe qui s’est maintenue de justesse en France à une autre dominante en Espagne. Ce départ lui a fait le plus grand bien ».

« Il est plus fort. Il est capable de changer le cours d’un match. Il a aussi un statut de joueur étranger. S’il n’est pas très bon sur un match, il sait que le suivant il jouera moins. Au-delà d’être devenu international, le regard sur lui a changé. Il s’entraîne très dur à Manresa. Il a toujours été un gros travailleur avec de très grosses qualités physiques. Il a énormément progressé mentalement. Il dépense bien moins d’énergie sur des aspects extra-basket. Peu importe ce qui va se passer, la situation et le temps de jeu qu’il a, il avance. Il se concentre sur ce qu’il peut contrôler ».

« C’est une vraie différence. Il est bien meilleur aussi dans sa qualité de passe au sein d’une équipe de haut niveau. Il a désormais un temps de jeu croissant avec un fort impact. Il donne le maximum pendant ce laps de temps. Il reste ce très gros défenseur actif, mettant une grosse pression. Même si c’est Calathes en face, ce dernier sait qu’il va passer un mauvais moment. Il a vraiment conservé son adresse et ses qualités de vitesse ».

« Il a maintenant une meilleure sélection de tirs. Sa progression est donc davantage globale et dans son approche que technique. Si Sylvain avait été pris en charge encore plus tôt, peut-être qu’il aurait eu un peu moins faim. Il serait allé peut-être un peu plus vite aussi. S’il est revanchard, c’est pour prouver. Sylvain est un amoureux du basket. Il va à la salle, il arrive avant, il prend ses tirs ».

« Francisco est plus fort »

« Il a des rêves et il veut aller au bout. En deux ans, il est passé de Pro B à son niveau actuel. C’est le fruit de ses efforts. Il vient de répondre présent avec ses qualités en équipe de France. Il a des aptitudes différentes des autres meneurs français. C’est une juste récompense. On le voit certes souvent sur les réseaux, sur des vidéos ».

« Il aime la mode, faire de belles photos sur Instagram. Il a une grande communauté qui le suit énormément. Il a du style et cela rajoute du sel au personnage. Il ne mesure pas 1m90 (mais 1m79, Ndlr) donc les gens s’identifient à lui facilement. Son parcours est particulier, mais c’est quelqu’un d’adorable, de simple et de très humain ».

« Il est travailleur et gentil. Il a bien évolué aussi dans sa communication avec ses équipiers et le staff technique. Quand il a appris sa sélection en Bleus, il était ravi et touché. Il espère que cela se reproduira. Il va travailler pour cela. Il lui reste une année de contrat avec Manresa. Il y a des intérêts de très gros clubs que je ne peux dévoiler, mais sa saison ne laisse pas indifférent. Comme pour tous les joueurs français talentueux professionnels, jouer en NBA un jour reste un rêve. Donc cela doit en être un pour lui aussi ».

L’avenir le dira. Francisco a déjà une saison à terminer. Mais un point est certain, ce féru de mode et de photo n’est pas là pour faire de la figuration.

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