jeudi 29 septembre 2022

Gérard Bertrand : « Le vin et le rugby ont les mêmes valeurs »

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Ancien 3ème ligne et capitaine de Narbonne (1983-1992), Gérard Bertrand règne sur un domaine viticole de 920 hectares en s’appuyant sur les mêmes valeurs.

Dans les années 80-90, à quoi ressemblait votre vie de rugbyman de haut niveau à Narbonne ?

Je travaillais 60h par semaine dans le domaine familial (à Villemajou dans les Corbières) tout en m’entraînant trois ou quatre fois par semaine au RC Narbonne. Certes, en étant pro, j’aurais certainement été un meilleur joueur, plus puissant, plus complet, mais j’ai toujours considéré que la vie n’était qu’une succession d’expériences. Et, entre 20 et 30 ans, j’ai beaucoup bossé pour m’enrichir de cette double expérience et au final me rendre ensuite la transition plus facile.

Le rugby aura-t-il un jour le même impact mondial que le vin ?

Il n’aura jamais l’aura du football pour deux raisons. D’abord parce que le ballon ne tourne pas rond, ensuite parce que le rugby est surtout un sport à fortes racines anglo-saxonnes. Face à la dimension universelle du foot, le rugby sera toujours plus pratiqué dans des pays de tradition même si on est parvenu à réunir 24 équipes de niveau correct pour organiser une Coupe du monde. Comparer le foot et le rugby, c’est comme comparer le jeu de dames et les échecs.

« Comparer le foot et le rugby, c’est comme comparer le jeu de dames et les échecs »

Pour revenir à votre carrière, qu’en retenezvous comme moments marquants ?

Nous avons gagné trois fois le Challenge Yves du Manoir (1989, 1990 et 1991), nous avons atteint deux fois les demi-finales du championnat (1988 et 1989). Mais, à titre plus personnel, si je dois retenir un moment fort, le plus fort, c’est sûrement mon premier match à Toulon à 19 ans et demi, devant la grande équipe des Herrero, Gallion, Orso, Champ… J’avais plaqué Gallion un peu en retard et je peux vous dire que j’avais pris une sacrée volée de bois vert. Ça lance une carrière !

Des regrets ?

Surtout de ne jamais avoir réussi à amener le Bouclier de Brennus dans ma ville. On est passé près en 1988 face à Agen. Cette année-là, on avait la meilleure équipe. Il nous a toujours manqué un petit truc en plus…

Quel est le meilleur joueur avec lequel vous ayez joué ?

Didier Codorniou était un génie, le Maradona du rugby. Il avait toutes les qualités et en plus la gentillesse… qui ne l’empêchait pas d’être un sacré compétiteur. Il savait tout faire.

Et le meilleur contre lequel vous ayez joué ?

Philippe Dintrans était un monstre du jeu qui m’a toujours impressionné et contre lequel il fallait toujours bien se préparer, être à 150% pour espérer rivaliser. Un coup d’épaule lui suffisait pour vous mettre sur le cul. Il était un super capitaine, un leader, qui n’avait peur de rien, qui allait vite, un vrai guerrier. Un monument du jeu qui a dédié sa carrière à un seul club, le Stado Tarbais. Il a toujours été pour moi un modèle d’engagement et de fidélité.

Gérard Bertrand passionné par le RC Narbonne

Quel rapport entretenez-vous avec le rugby aujourd’hui ?

J’ai été le plus jeune président de France, au RC Narbonne entre 1996 et 1998, je reste aujourd’hui un actionnaire du club. En parallèle, je veille aux destinées de Corbières 15, un club qui regroupe les villages autour du mien pour qu’il véhicule les valeurs qui me sont chères.

Si vous aviez à associer des grands vins à deux équipes de rugby, les Blacks historiques et les Bleus de Galthié…

Les All Blacks symbolisent la maturité, la précision, l’élégance et la puissance, autant de qualités qui caractérisent un grand vin du Languedoc ou du Rhône. L’équipe de France actuelle, c’est la jeunesse, l’enthousiasme, la fraîcheur donc pourquoi pas un Cigalus blanc de chez moi ou un Bourgogne tonique blanc.

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