vendredi 9 juin 2023

Hugo Invernizzi (BC Wolves) : « J’avais fait le tour de la question en France »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Si Limoges et l’équipe de France restent chers à son cœur, à 29 ans, l’Alsacien Hugo Invernizzi savoure sa première expérience à l’étranger dans le club lituanien du BC Wolves. Entretien réalisé avec France Basket.

Pourquoi avoir décidé de vous exiler en Lituanie ?

J’avais le sentiment d’avoir fait le tour de la question en France. Cela fait 11 ans que je jouais en première division. J’ai joué dans quatre clubs différents bien référencés (Strasbourg, Le Havre, Nanterre, Limoges, Ndlr). J’ai vécu de belles années. Quand cela ne s’est pas fait avec Limoges, je ne me voyais pas repartir dans un autre projet en France. Je voulais plutôt vivre autre chose à l’étranger.

Sauf que la destination a vraiment surpris !

C’est sûr ! Mais j’avais vraiment envie de changer d’environnement. Il y a bien eu des touches autre part, mais cela ne s’est pas concrétisé. J’ai finalement eu cette opportunité d’aller dans ce nouveau club en Lituanie. Un club qui venait de se former. Je me suis alors dit que c’était intéressant de porter les couleurs d’une équipe, un peu outsider, qui veut jouer les premiers rôles. Tout en partant de zéro.

Que représente concrètement le BC Wolves dans le championnat lituanien ?

Ce projet est vraiment tout neuf. Ils ont d’assez grosses ambitions. Ils ne sont pas affiliés à une ville comme cela peut se faire en France. Du coup, ils ont mis pas mal de moyens. Il y a quelques internationaux lituaniens (Juskevicius, Zemaitis, Ndlr…), le pivot de l’Argentine (Marcos Delia, Ndlr). Ils ne sont donc pas là juste pour faire de la figuration.

Quelles sont les véritables ambitions de cette équipe cette saison ?

Elle va surtout chercher à figurer parmi les bons clubs lituaniens. Et ce directement. Cela m’a vraiment intéressé. Ici, ils sont très respectueux de l’histoire. Ils ne veulent pas crier qu’ils visent le titre. On a une bonne équipe. Mais, en partant de zéro, il est bien difficile de se fixer un objectif concret et élevé. Tout est nouveau ici. Cependant, je pense qu’ils aimeraient finir dès cette saison parmi les trois premiers. Le challenge est relevé, mais atteignable.

« Un club tout neuf »

Avez-vous parlé de ce championnat lituanien avec des joueurs français ?

Oui. Je connais très bien Léo (Westermann, ex-Zalgiris Kaunas, Ndlr) qui vient d’Alsace également. On a passé un peu de temps ensemble cet été. Il m’a dit que j’allais aimer la façon de travailler ici et la vie lituanienne. J’habite à Kaunas en plus. J’ai donc pu lui demander quelques conseils.

Que vous reste-t-il de vos trois saisons avec Limoges ?

La dernière saison a été belle sur le plan émotionnel et du basket. Sur le comment on partait et comment on a réussi à finir (4ème, Ndlr). Cela a été une saison forte. J’en garde un beau souvenir. J’étais parti pour rester. Cela ne s’est finalement pas fait. Je suis passé à autre chose, mais j’ai vécu de très belles années là-bas. J’ai vraiment apprécié la ville et les gens. Je reste proche d’eux. Je retiens donc beaucoup de positif. Limoges est sur le bon chemin. Après, le championnat de France est hyper dense. L’important est d’avoir les finances saines. On l’a vu avec Pau.

Vous auriez donc aimé prolonger à Limoges.

On est forcément déçu sur le moment. Quand on est bien quelque part, on a du mal à tout changer. Mais le monde professionnel est ainsi fait. Je suis dans ce milieu depuis assez longtemps pour comprendre qu’il n’y a pas de sentiments. La déception a duré deux, trois jours et c’est passé.

A 29 ans, avez-vous toujours l’équipe de France dans un coin de votre tête ?

Je ne fais pas vraiment une croix dessus. S’ils ont besoin de moi et qu’il faut donner un coup de main, je suis partant. Ce serait davantage sur des fenêtres internationales de qualification. On ne va pas se mentir sur mon poste. Il y a beaucoup de monde devant moi et je ne suis pas à ce niveau. Mais s’il faut aider… Cela reste donc dans un coin de ma tête. Pour cela, je dois déjà faire une belle saison. Ils me connaissent. Ils savent de quoi je suis capable. Si je suis en forme et que je fais une bonne saison, je serai encore dans le truc (sic)…

Hugo Invernizzi un très grand fan d’art

Parlez-nous de votre galerie d’art à Strasbourg ?

On l’a ouverte fin 2020 avec mon frère qui est professeur. On a toujours été passionnés d’art urbain et contemporain. Après le confinement on s’est dit qu’il y avait beaucoup de locaux de libres. Et donc que c’était le bon moment pour se lancer. On essaie d’organiser pas mal d’expositions. On va tenter désormais de mettre en place quelque chose de plus axé sur le basket pour coupler nos passions.

Si vous n’aviez pas été basketteur, il paraît que vous auriez aimé être archéologue…

C’est ça (rires). Mais cela m’aurait été dur de rester concentré quatre heures de rang.

Au-delà du basket, qu’avez-vous envie de découvrir de la culture et de la vie en Lituanie ?

Ce pays est si différent du nôtre ! Ils ont vécu sous le régime communiste pendant longtemps. C’est palpable. Au premier abord, les gens paraissent fermés. Mais ils sont ouverts. Ils ont ce penchant pour découvrir les autres. Il y a beaucoup de jeunes dans les rues. Les gens vont beaucoup au restaurant avec leurs enfants. Même en semaine. Il y a pas mal de marchés. Dès qu’ils voient qu’on est étranger, ils font l’effort. On m’arrête, on me parle en Lituanien car je dois leur ressembler un peu. Ici, il y a beaucoup de grandes villes avec rien autour et beaucoup d’espaces verts. C’est très joli.

Et la langue ?

Je n’y arrive pas du tout pour l’instant (sourire). Il n’y a pas vraiment de base commune. C’est comme le Hongrois. Aucun mot ne se ressemble. J’en suis à bonjour, au revoir et les nombres… Ils parlent vite. C’est une question d’adaptation.

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