lundi 27 mai 2024

Jean-Loup Faustin (Chambéry) : « J’ai besoin de me mettre en difficulté »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Le demi-centre de 28 ans, Jean-Loup Faustin se réjouit à l’idée de repartir de plus belle au sein de Dunkerque avec qui il s’est engagé deux saisons en cherchant à s’ancrer dans un projet de vie et sportif intéressants. Entretien pour Handball magazine et Le Quotidien Du Sport.

Quelles sont les ambitions de Chambéry d’ici la fin de saison ?

De finir à la 4ème place. Terminer européen était notre objectif affiché en début d’année. Cela l’est toujours. On est en bonne position pour le faire.

Pensez-vous que le club a passé un cap cette saison ?

Oui et non. On a réussi à réaliser quelque chose sur la longueur, mais on a manqué aussi un petit truc en début de saison. Ne pas être arrivé à se qualifier en Coupe d’Europe a laissé comme une petite tache. Quand on voit en comparaison ce qu’on réalise en championnat, c’est décevant.

Comment jugez-vous votre saison à titre personnel ?

Je sers au collectif, mais je n’ai pas eu un grand rôle individuel sur la saison. Je me contente surtout de ce qu’on propose d’un point de vue collectif, de nos réactions sur certains pièges qu’on a su éviter, de l’ambiance existante dans l’équipe. Je suis surtout content de vivre cela. Ce que j’aime surtout dans ce sport, c’est l’aventure humaine.

Mais qu’avez-vous appris à Chambéry durant ces quatre saisons ?

J’ai eu cette confirmation que le travail paie. Malgré les difficultés, les rebonds, les mauvaises notes, les contre-performances parfois aussi, si on continue de travailler, on arrive à ses fins.

Pourquoi avoir décidé de relever le challenge de Dunkerque la saison prochaine ?

J’avais besoin de changement sur beaucoup de plans. Dans ma vie notamment. Personnellement, j’ai besoin de me challenger, de voir autre chose. Sportivement, j’ai été un peu déçu de mon début de saison, de mon utilisation. La décision s’est faite assez rapidement. C’est mûrement réfléchi. Je ne le regrette pas du tout. Je suis content de ce nouveau départ et de cette nouvelle vie que je vais avoir à Dunkerque.

« J’ai été un peu déçu de mon début de saison, de mon utilisation »

Où trouve-t-on la motivation quand, comme vous, on a déjà gagné la Ligue des Champions (en 2018 avec Montpellier) ?

Je n’avais pas envie de me retrouver dans un quotidien un peu plan-plan à viser les mêmes ambitions. Je voulais me challenger. Aujourd’hui pour des clubs comme Chambéry ou Dunkerque, c’est dur d’aller chercher un titre, mais il y a toujours des choses à jouer, des projets excitants à monter. A Chambéry, on ne l’a pas fait pendant les quatre années où j’étais là, mais on n’était pas loin à chaque fois. C’était hyper motivant.

A Dunkerque, je pars me renouveler dans mon quotidien. J’ai besoin de me mettre en difficulté. Une carrière passe très vite. J’ai déjà 28 ans. Je n’ai pas envie de m’enfermer dans une routine. J’ai passé quatre superbes années. Je me suis donné à fond, mais je ne suis pas marié à Chambéry non plus.

Quand vous avez joué récemment cette équipe de Dunkerque (victoire 38-27 à Dunkerque, Ndlr), quelle image vous a-t-elle laissée ?

Cette saison, c’est dur de la juger. Ils ont eu beaucoup de blessés et ont déploré beaucoup d’aléas. Quand j’ai pris cette décision d’aller dans ce club, cela fonctionnait bien. Ils déployaient un beau jeu d’attaque. On voyait un nouveau Dunkerque par rapport à la saison passée (l’USDK a fini 12ème l’an dernier, Ndlr). Ils ont même été 5èmes, 6èmes à un moment donné. Malgré leurs aléas, ils ont réussi à accrocher quelques victoires importantes.

Ils se maintiennent en milieu de tableau. On aurait pu croire qu’avec deux demis-centre blessés, ils s’effondrent. Pas du tout. Cela me plaît. Ils ont un vestiaire solide. Il y a une équipe. Il y a quelque chose de collectif de fort là-bas. Je recherchais cela. En partant de Chambéry, en sachant ce que je perdais, je devais trouver un projet où j’allais pleinement me retrouver dans un collectif.

Jean-Loup Faustin se souvient de la génération de 2014

Vous piloterez donc le jeu dunkerquois avec O’Brian Nyateu.

Exactement. On peut aussi être associés sur le terrain. On en a discuté déjà avec Tarik (Hayatoune, Ndlr) et Franck (Maurice, Ndlr). Il existera probablement des moments où on sera ensemble sur le terrain. C’est un joueur d’impact, de duel, qui défend. Dunkerque est une équipe qui sait défendre. Je cherchais vraiment une équipe qui a une bonne base défensive avec deux bons gardiens. La structure de l’équipe est bonne. Il faut ensuite que la mayonnaise prenne.

Pour avoir été champion de France en 2014 entre les mainmises de Montpellier et Paris, Dunkerque a su s’engouffrer et a aussi prouvé cette culture de la gagne.

Les anciens de 2014 ont laissé une marque, une empreinte, une identité sur Dunkerque. C’est ce qui va les faire renaître, que de revenir sur cette identité qui a fait la force du club. J’en ai croisé certains à Dunkerque. Je sais que les anciens sont toujours proches du club. Ils regardent d’un œil attentif ce qui se passe. C’est beau. Ils ont un budget moyen sur la Ligue, mais ils gardent cette identité forte malgré les difficultés ces dernières années. A Dunkerque, il y a un projet derrière qui m’a intéressé.

N’avez-vous jamais pensé partir à l’étranger ?

Cela m’a tenté, mais l’occasion ne s’est jamais vraiment présentée. Sur cette fin de contrat, cela m’a trotté dans la tête. Après, cela reste un choix difficile à faire car cela engage beaucoup de choses.

Pourquoi n’avez-vous jamais encore été appelé en équipe de France ?

Mes performances n’ont pas été à ce jour assez régulières pour en être. C’est un rêve, mais je suis conscient que mes performances ne sont pas au niveau. Cela demande à être au top pendant au moins une saison. Si je prends l’exemple de mon ami Samir Bellahcene, il a dû attendre deux ou trois saisons au top pour y entrer. Il y a du monde. C’est ce qui fait la force de cette équipe de France.

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