dimanche 2 octobre 2022

Jérémy Clamy-Edroux (après son coming out) : « Si ça peut libérer la parole… »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Le pilier du Rouen Normandie Rugby, Jérémy Clamy-Edroux fait partie des six sportifs avec la basketteuse Céline Dumerc, l’escrimeuse Astrid Guyart, Le patineur Kévin Aymoz, la judokate Amandine Buchard et le nageur Jérémy Stravius à avoir fait leur coming out dans le documentaire diffusé sur canal+, « faut qu’on parle » sur l’homosexualité dans le sport. Il se confie au Quotidien du Sport et Rugby magazine.

Parlons d’abord terrain. Que peut espérer Rouen cette saison ?

On espère terminer dans les huit. Cela fait deux ans qu’on bataille autour de la 14ème place. Durant l’intersaison, il y a eu beaucoup de changements. Les objectifs du club ont évolué. On souhaite jouer le haut de tableau et donc si possible les phases finales.

Quel regard portez-vous sur votre parcours ?

J’ai eu la chance de jouer dans de très bons clubs (Massy, Racing 92…). Je manquais sans doute de confiance en moi ou de repères. Peut-être de sérieux aussi. Ma chance est passée. J’ai été remercié. Rouen se trouvait en Fédérale 3 et venait de monter en Fédérale 2. J’y suis revenu six ans après un exil à Paris.

J’ai maintenant la possibilité de gravir les échelons avec ce club. Gabin Villière s’est fait connaître à Rouen. Jérémy Boyadjis y a joué aussi, puis a évolué à Toulon puis maintenant à Carcassonne.

« J »ai rencontré le président de la République »

Vous avez fait votre coming out dans un documentaire. Etait-ce le bon moment ?

En fait, je ne l’ai jamais caché. J’en avais même parlé avant à certains de mes équipiers à Massy, au Racing 92, à Rouen. Il n’y avait aucun souci là-dessus. Là, je l’ai dit au grand public pour justement aider des jeunes qui pourraient avoir des interrogations que j’ai pu avoir moi-même et qui manquent de modèles. J’ai voulu leur passer le message suivant : « Les gars, cela existe, ne vous inquiétez pas. Vous n’êtes ni malades, ni fous » .

La société a un peu de mal. J’en ai parlé pour aider mon prochain. Certains jeunes peuvent se trouver dans des familles homophobes qui tiennent des discours arriérés. J’ai voulu changer un peu le cours des choses. Je l’ai fait aussi pour faire passer un message à mon père. Je n’avais pas encore eu le courage de lui dire entre quatre yeux…

Comment a réagi le monde du sport ?

J’ai reçu beaucoup de messages de sportifs. Le premier à m’avoir appelé a été Mathieu Bastareaud. Il m’a encouragé. La FFR m’a aussi beaucoup soutenu avec la LNR au cas où je me ferais embêter (sic). Ces deux instances me soutiennent et me protègent. J’ai reçu un appel aussi de la part de Serge Simon qui m’a félicité et encouragé. J’ai également rencontré le président de la République.

Cela s’est bien passé. Je n’avais aucun problème avec cela, c’est le contraire je suis encore plus boosté, mais je ne joue pas à Caliméro non plus. Je suis juste un sportif qui n’a pas la sexualité comme la plupart des autres rugbymen. D’autres comme moi le vivent très bien, mais sans doute cachés.

Pensez-vous que vous allez libérer certaines paroles dans le rugby ?

Je l’espère. Suite au reportage, j’ai reçu quantité de messages sur les réseaux. Après, il y a eu aussi pas mal d’athlètes qui se sont dévoilés. Il faut en arriver-là pour que cela bouge. On avance.

Retrouvez l’intégrale de l’interview de Jérémy Clamy-Edroux, dans Rugby magazine, en vente ici, ou chez votre marchand de journaux.

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