dimanche 2 octobre 2022

Jérome Thion : « C’est frustrant de voir où est Pau aujourd’hui »

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Sélectionné à 54 reprises avec l’équipe de France de rugby, double champion de France avec Biarritz (2005 et 2006), Jérome Thion a pratiqué le basket, intégrant même le centre de formation de l’Elan Béarnais Pau-Lacq-Orthez. Rencontre avec un vrai passionné de la balle orange.

Avant d’être l’un des meilleurs rugbymen français, vous avez pratiqué le basket. Pourquoi avez-vous arrêté ?

J’ai grandi en banlieue parisienne, je pratiquais la natation puis mes parents ont été mutés à Tarbes et j’ai participé à un camp de basket de Michel Gomez. J’ai été repéré et j’ai intégré le centre de formation de l’Elan Béarnais. J’étais avec Flo Piétrus. Boris Diaw et Mickaël Pietrus étaient de la génération suivante. J’y ai passé quatre ans.

En 1998, je signe en Nationale 1 à Pontoise. Et là, un copain m’emmène au rugby, au Racing et je comprends que j’ai plus d’avenir en rugby qu’en basket où je pense que je ne serais pas allé plus haut que la Nationale 1, peut-être la Pro B (il avait une offre de Bondy, Ndlr). J’aimais bien aussi la bonne entente avec les copains, les soirées, la vie au centre de formation. Mais je reste attaché au basket, je suis passionné par ce sport.

Avant le Rugby, Jérome Thion avait une culture basket

Entre un match de basket et de rugby, lequel regardez-vous ?

Ah, c’est une question piège ça. Je mettrais le double écran (rires). Maintenant que je suis consultant, je dois regarder le rugby, mais je regarde tous les matches de basket que je peux que ce soit la Jeep Elite, la NBA, les matches de Coupe d’Europe, etc.

Quand je me suis mis au rugby, je n’avais absolument aucune culture de ce sport, je ne connaissais presque personne, j’avais une culture basket, j’avais grandi avec les frères Gadou, Freddy Hufnagel, Laurent Foirest, Frédéric Fauthoux…

Quel genre de basketteur étiez-vous ?

Un peu comme en rugby j’étais besogneux, je m’engageais beaucoup physiquement. Je jouais poste 4, j’avais un bon shoot.

Continuez-vous à suivre l’Elan Béarnais Pau-Lacq-Orthez ?

Je suis toujours très fan de l’Elan Béarnais oui, un club qui souffre en ce moment. J’ai vibré aux exploits de la génération des Fauthoux, Gadou, Hufnaghel qui a tout gagné. C’est frustrant de voir le club en difficulté aujourd’hui.

Que vous a apporté le basket pour votre carrière de rugbyman ?

L’approche du professionnalisme. Lorsque je suis arrivé au rugby, j’avais déjà connu un club professionnel, un centre de formation alors que le rugby commençait à être professionnel. Cela m’a permis d’aborder certaines choses plus facilement, car je les connaissais, que des coéquipiers qui découvraient le professionnalisme.

« J’ai grandi avec les frères Gadou, Freddy Hufnagel, Laurent Foirest, Frédéric Fauthoux… »

Un peu comme en rugby, pensez-vous qu’il sera de plus en plus difficile pour des clubs de petites ou moyennes villes d’exister face aux grandes métropoles ?

Non, pas forcément. Certains modèles économiques marchent dans des villes moyennes, je pense à Bourg-en-Bresse notamment. Il peut y avoir de grosses structures dans des petites villes, Pau a un outil fabuleux avec le Palais des Sports.

Le basket souffre de la concurrence du rugby et du foot. Y’a-t-il de la place pour tous les sports ?
A Pau oui sans problème. La Section Paloise est bien revenue après une période difficile, le foot est en L2, mais l’Elan a aussi son public, c’est un club du patrimoine du basket français. Pau est une ville vivante. On voit avec Lyon que plusieurs clubs peuvent cohabiter, il ne faut toujours pas les opposer même si bien sûr Lyon est la 3ème ville de

France avec un bassin économique énorme. Mais je pense qu’à son niveau il faut s’inspirer de ce qui se fait de mieux en France et l’adapter à ses moyens.

Pourriez-vous vous investir dans le basket un jour ?

Pourquoi pas. J’aime bien toucher à différents domaines, c’est enrichissant. Je possède un restaurant à Anglet, je suis consultant sur Canal +. Ce n’est pas d’actualité, mais ça peut arriver.

Retrouvez cet entretien dans le magazine France Basket, en vente ici ou chez votre marchand de journaux

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