dimanche 25 septembre 2022

Julien Monclar : « Blois ne dépend pas de la Betclic Elite »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Meilleure équipe de Pro B ces cinq dernières années, Blois accède enfin et pour la première fois de son histoire au plus haut niveau. Pour le plus grand bonheur du manager général Julien Monclar qui a pris le meilleur, en finale, sur son frère Benjamin parti l’été dernier à Antibes. Entretien pour Le Quotidien Du Sport et France Basket.

Blois accède enfin à la Betclic Elite !

On n’est pas le club le plus riche de Pro B. On ne s’est jamais pris pour un club dont la seule finalité était d’être en Pro A. Mais notre travail nous y a conduits avec une constance inégalée en Pro B depuis six ans. On sera néanmoins un petit Poucet en Pro A.

En 2018, le club avait été interdit de monter en raison de la non homologation de son centre de formation. Y aura-t-il un petit goût de revanche ?

Ce n’est pas un moteur constructif. C’est un beau clin d’œil et, au final, ça rend l’histoire, les mots sont peut-être un peu forts, extraordinaire. Avoir deux fois des coups du sort, le centre de formation – on en a suffisamment parlé à l’époque… – les règlements n’étaient pas dimensionnés comme aujourd’hui où ça n’arriverait plus – et la saison blanche Covid alors qu’on avait une avance très confortable, c’est encore plus extraordinaire de se retrouver en haut pour la troisième fois.

« Le public a goût à la victoire, mais l’humilité est de mise »

Comment est vécue cette montée historique dans la ville et la région ?

Tous sports confondus, il n’y a jamais eu dans le territoire une équipe dans l’élite. Il y a un engouement fort, un sentiment de cohésion et de communion avec le public au retour d’Antibes et du match 2 qui nous a permis de gagner les play off. La dernière fois qu’on a fait une saison où on a perdu plus de matches qu’on en gagnés, c’est en 2010/2011 en Nationale 1.

Le public a goût à la victoire. Je ne dis pas qu’on fera forcément un bilan négatif la saison prochaine mais, quand on affiche le 17ème ou 18ème budget-masse salariale, l’humilité est de mise. La victoire n’est pas une fin en soi quand on se retrouve à un niveau aussi élevé. Il faudra l’expliquer au public. On n’a pas envie de perdre, loin s’en faut, mais il faut prendre les choses dans l’ordre et avec réalisme.

Julien Monclar s’appuie sur un engouement fort

Avec 2300 places, la salle n’est-elle pas trop petite ?

Elle l’était déjà en Pro B. C’est une salle très récente (septembre 2017, Ndlr), qui est très belle, qui a été construite ainsi. Elle est trop petite, c’est un levier de croissance en moins, mais c’est comme ça. Il y a des salles plus grandes dans la région, mais on est territorialement très investis et sauf cas exceptionnel ou problème de calendrier on n’a pas vocation à aller à Orléans ou ailleurs. A nous de travailler pour faire de cette petite salle un atout en la remplissant et en faisant en sorte que les gens passent de bons moments.

Quel sera le budget en Betclic Elite ?

Il était de 2,7 millions d’euros en Pro B, il va monter aux alentours de 3,5 millions d’euros. On ne peut pas se payer Mike James ! Mais c’est le sport, et c’est un privilège d’affronter et de recevoir ces gens-là.

3,5 millions d’euros de budget

Y a-t-il la peur de redescendre ?

Il n’y a aucune peur ! Comme je l’ai dit, monter n’a pas été une fin en soi. C’est la conséquence logique d’un certain travail. L’enjeu est de faire les choses à notre manière et de continuer à travailler comme on le fait en tirant le meilleur de nos joueurs et de notre organisation. Quand on fait les choses bien, souvent on a la chance que ça tourne positivement. Le club ne dépend pas de la Pro A. Notre vision stratégique n’est pas portée par des résultats, mais par une structuration, une organisation, une identité.

Par contre, on est des compétiteurs et quand on rentre dans une compétition on fait le maximum pour être compétitifs à chaque match. On a essayé de monter une équipe qui aura cet ADN. On n’alignera pas six étrangers. Ce n’est pas notre identité. Par contre, aligner six JFL au lieu de cinq ce serait formidable.

C’est une conséquence d’un axe de projet qu’on a voulu, dans la croyance des qualités des basketteurs français, sur des valeurs collectives qu’on veut insérer. Les joueurs étrangers ne sont pas tous des individualistes, mais quand ils sont en situation de domination du vestiaire, avec plus de la moitié des joueurs de culture US et qui sont plus là pour des contrats de courte durée, ce n’est pas notre vision des choses.

Julien Monclar fête 10 ans de travail à Blois

Un club vous inspire-t-il ?

Sur certains sujets oui. Ils sont divers. En termes de développement économique, organisationnel et structurel dans un territoire comparable à ce que fait Bourg en Bresse, c’est très impressionnant. Même si on ne peut pas se comparer, mais la passion que génère un club comme Limoges est extraordinaire. La formation historique d’un club comme Cholet pendant des dizaines d’années est également intéressante. On construit notre histoire en voyant l’excellence ailleurs. Quand je vois le recrutement de l’ASVEL, même si on est dans d’autres sphères, avec des joueurs français en ayant la volonté d’avoir une identité, et même Monaco le fait, c’est top et c’est inspirant.

La réussite de Blois, c’est aussi celle du coach Mickaël Hay ?

Ce sera sa 10ème saison au club ! On travaille ensemble depuis fin 2013. Cette réussite est aussi la sienne. C’est un personnage central du projet du club et de l’identité sportive. Et c’est très mérité pour lui.

Le seul qui doit être déçu, c’est votre frère Benjamin qui a joué 8 ans à il était le capitaine et qui est parti l’été dernier à Antibes qui perd contre… Blois en finale… Il est heureux là où il est. C’est une équipe qui était en grosse difficulté l’année précédente. Là, ils réalisent une très belle saison en allant en finale, dépassant les attentes. Il a des attaches particulières avec Antibes et pour lui il a réussi sa saison.

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