lundi 17 juin 2024

Karl Konan (Montpellier) : « On est dans les clous »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Passé pas loin du titre de champion de France pour sa première saison dans l’Hérault, Karl Konan l’arrière gauche international espère rectifier le tir en 2024 pour la dernière de Patrice Canayer. Entretien pour Handball magazine et Le Quotidien Du Sport.

Que vous inspire le début de saison de Montpellier ?

C’est un bon début de saison, un peu mitigé en Ligue des Champions, mais on est dans les clous par rapport à nos objectifs. On espère passer la phase de poules et se qualifier pour les 8èmes de finale.

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Pour vous, c’est une découverte cette Ligue des Champions.

Oui, c’est la première année que je la joue. Le niveau de jeu est impressionnant, le moindre détail compte. C’est surtout le professionnalisme et le fait de ne pas trop avoir le droit à l’erreur qui m’a marqué. J’avais à cœur d’au moins jouer une fois cette compétition. Le championnat de France est l’un des plus costauds, mais la Ligue des Champions, c’est la crème de la crème, vous jouez contre les meilleurs joueurs du monde.

Karl Konan croit au projet de Mathé

La blessure au genou d’Hesham (out 8 ou 9 mois) est par contre une mauvaise nouvelle pour le MHB…

C’est un véritable coup dur parce que c’était la pierre angulaire de notre attaque. On est tous conscients des responsabilités que chacun va devoir prendre et Patrice (Canayer) nous l’a dit, on va se partager les responsabilités qu’il assumait juste avant sa blessure. Peut-être qu’un joueur va venir le remplacer, mais pour le moment on n’a pas le temps de s’apitoyer sur notre sort. On essaie de rester dans les clous de nos objectifs.

La 2ème place de la saison dernière en championnat a-t-elle été compliquée à digérer alors que vous êtes passé tout près du titre de champion de France ?

Elle a été très compliquée à digérer et chacun l’a digérée à sa façon. J’en garde encore un goût amer. On joue sur tous les tableaux, on est à la portée de tout et, au final, on finit la saison sans rien. Ça a été dur à avaler, mais c’est le jeu.

Que vous a-t-il manqué ?

Un peu de fraîcheur sur la fin de saison. On était tous un peu sur les rotules. On a aussi manqué d’expérience dans le jeu, dans la gestion des moments clés, sur les gros matches.

2024 sera-t-elle la bonne année pour mettre fin à la domination parisienne ?

Je l’espère ! On a toutes nos chances et on ne s’en cache pas, on va jouer tous les coups à fond et espérer surtout mieux finir cette saison.

« La 2ème place de la saison passée a encore un goût amer »

Cela risque-t-il de se jouer lors des confrontations directes contre Paris et Nantes ?

Pour moi, le championnat se joue sur tous les matches. Si on gagne à Paris ou Nantes et qu’on perd contre une autre équipe, au niveau comptable on repasse derrière. C’est vrai que Paris et Nantes sont des confrontations directes et des rendez-vous à ne pas manquer mais, derrière, il y a cette régularité à avoir sur les autres matches qui ne sont pas faciles.

Montpellier a la meilleure défense du championnat, mais seulement la 15ème attaque…

Même si on arrête les buts, il faut en marquer pour gagner (rires). Il faut trouver le juste milieu. Notre point fort reste la défense. On s’appuie sur nos très bons gardiens, Rémi (Desbonnet) et Charles (Bolzinger), et le système défensif mis en place. Mais c’est clair qu’il faudra montrer davantage au niveau de l’attaque.

C’est votre 2ème saison à Montpellier, la première a été marquée par une blessure fin novembre 2022 au pied (fracture). Comment l’avez-vous vécue ?

C’est très frustrant. Quand on arrive dans un nouveau club, on a envie de montrer, de prouver ce pour quoi on a été recruté et se blesser quelques mois juste après le début de saison, c’est compliqué à digérer. Mais ça fait partie de la vie de sportif. On apprend, on digère la blessure et on essaie de revenir plus fort.

Cette saison, c’est une saison particulière aussi parce que c’est la dernière de Patrice Canayer.

Patrice force le respect pour tout ce qu’il a fait pour le handball français, même international au niveau de la Ligue des Champions. On a à cœur de lui offrir une très belle dernière année. Personnellement, je suis fier d’avoir travaillé avec lui pendant ces deux années et surtout de faire partie de l’équipe qu’il coache sur sa dernière saison.

« La décision de Canayer m’a surpris »

Avez-vous été surpris de sa décision ?

Oui, ça a surpris pas mal de joueurs moi le premier parce qu’on ne s’attendait pas du tout à ce qu’il arrête. J’ai été surpris voire même choqué, mais avec tout ce qu’il a accompli, on ne peut que respecter son choix et essayer de de lui offrir une belle fin de carrière…

… Avec le titre de champion.

Ou n’importe quel titre, mais au moins un titre pour qu’il l’ajoute à la multitude de titres qu’il a déjà glanés.

Son remplaçant sera le coach de Chambéry Erick Mathé que vous connaissez bien puisqu’il est l’adjoint de Guillaume Gille en équipe de France.

C’est cool qu’il prenne la suite parce qu’il connait la maison, il connaît pas mal de joueurs. Il s’inscrit dans la continuité de Patrice.

L’équipe de France va jouer deux compétitions cette saison, l’Euro et les JO. Un sacré programme !

C’est une année charnière. A nous de nous donner les moyens de réussir à enchaîner ces deux compétitions.

Les JO, vous devez les avoir dans un coin de la tête…

C’est dans la tête de tous les joueurs. C’est le graal pour tout sportif de haut niveau de participer aux JO et encore plus dans son pays. Je n’étais pas avec le groupe il y a quatre ans. J’avais regardé la finale chez moi en famille. J’étais en contact permanent avec certains gars de l’équipe pour essayer aussi de partager ces émotions. Mais on a des échéances qui arrivent avant, et il faudra se concentrer sur celles-là d’abord.

C’est aussi la dernière saison de Nikola Karabatic. Là aussi, il y a l’envie de lui ramener une voire deux médailles d’or.

On va tout faire pour et Niko est encore en forme pour nous aider à avoir un titre. Ce serait l’apothéose, en plus à Paris !

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