jeudi 23 septembre 2021

Kévin Séraphin : « L’une des meilleures ambiances en NBA »

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A la retraite depuis un an après 11 ans d’une belle et riche carrière, Kévin Séraphin (423 matches NBA) a porté le maillot des Knicks en 2015-2016. Il s’est retourné sur son glorieux passé pour le QDS et France Basket.

Si je vous dis les Knicks, qu’est-ce que ça vous inspire ?

Une franchise légendaire qui doit se remettre à gagner car elle le mérite. Les Knicks, c’est une franchise à part avec l’une si ce n’est la meilleure ambiance de NBA. Pourtant, ce n’est pas là où j’ai le plus gagné. Je ne les ai même jamais connus en grande forme en tant que joueur, que ce soit lorsque j’y étais ou quand je les affrontais. Le simple fait que la salle soit dans New York, ça change tout.

Il y a une ferveur indescriptible, la ville est passionnée. Aujourd’hui, les pièces du puzzle ont enfin été réunies pour pouvoir gagner à nouveau. Pour les joueurs, ce doit être le bonheur. Partout où tu vas, les gens t’adulent. Pouvoir rentrer où tu veux à New York parce que tu es un Knicks ou un Giants, c’est quelque chose de fort. A l’inverse, si tu ne gagnes pas, ça peut être très dur…

« Une franchise légendaire »

Les Knicks seront-ils toujours au-dessus des Nets dans le cœur des New Yorkais ?

Bien sûr. Les Nets peuvent gagner un titre, cinq titres, dix titres, ça ne sera jamais comme les Knicks. Je ne peux même pas expliquer pourquoi. Simplement, les Knicks ont ce petit truc qui fait la différence. Pour moi, c’est une grande fierté d’avoir pu évoluer dans cette franchise. Même dans une saison moyenne voire médiocre, c’était fantastique de pouvoir ressentir cette ferveur.

Quel joueur vous a le plus impressionné à New York ?

Kristaps (Porzingis) ! Avec Melo, on ne se détestait pas, mais ce n’était pas l’amour fou. Il y avait deux groupes dans le vestiaire. D’un côté, les Européens comme Kristaps (Porzingis), Jose (Calderon) et moi et de l’autre les Ricains avec Lance Thomas, Kyle O’Quinn, Arron Afflalo et Melo (Anthony).

La plupart des joueurs arrivaient à l’entraînement, s’entraînaient puis rentraient chez eux. Il n’y avait aucune interaction. C’est là que je me suis dit : « Tant que New York ne mettra pas en place une équipe au sein de laquelle les mecs s’apprécient et sont soudés, on ne pourra aller nulle part. » Quand je vois les Knicks de 2021, je sens tout de suite que les mecs s’entendent bien et kiffent de jouer ensemble. Par rapport à notre époque, la différence saute aux yeux ! Comme par hasard, ils sont en play-offs. Tu as beau avoir du talent, si la mayonnaise ne prend pas, tu seras très vite limité. Le recrutement doit être fait en conséquence.

Kévin Séraphin comme chez lui chez les Knicks

C’est donc l’atmosphère au sein du vestiaire qui explique le retour des Knicks au premier plan.


Complètement ! Dans toutes les franchises pour lesquelles j’ai joué, il n’y a que chez les Knicks que je ne me suis jamais senti chez moi. C’est même la seule année où j’ai pensé au trade. En rentrant chez moi après l’entraînement ou le match, je me disais : « Quand même, c’est les Knicks, tu as la chance d’être là. » Malheureusement, l’environnement ne me convenait pas, on ne formait pas une famille.

Tout le monde rêve de jouer pour les New York Knicks. Quand les Knicks gagnent, c’est fabuleux de jouer pour cette franchise. On pourrait croire que les scènes de supporteurs que l’on voit à la télévision sont exagérées, amplifiées. Pas du tout, les gens sont vraiment à fond. Par contre, quand ça se passe mal, tu as beau empocher 26 M$ par an, tu es malheureux. L’argent ne te comble pas. Tu as besoin de te sentir chez toi dans la ville, dans la franchise. Se sentir chez soi, ce n’est pas une question d’endroit ou de confort, c’est une atmosphère.

Vous avez quand même quelques bons souvenirs de votre passage aux Knicks…

Bien sûr ! Enormément ! Objectivement, le fait que je sois arrivé hors de forme a grandement impacté ma saison. Si j’étais arrivé avec la forme qui était la mienne aux Wizards, les choses auraient pu être totalement différentes. Peut-être que j’aurais fait trois ou quatre ans de plus à New York, je n’en sais rien.

Propos recueillis par Adrien Cornu

L’ITW de Kévin Séraphin dans France Basket, en vente ici, ou chez votre marchand de journaux.

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