dimanche 14 juillet 2024

Kyle Milling « Je n’ai aucune pression sur le banc de Dijon »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Ancien entraîneur de Limoges et Hyères-Toulon, meilleur coach de Pro B en 2016 le Franco-Américain Kyle Milling (46 ans) va succéder à Laurent Legname à la tête de Dijon. Il s’est engagé deux saisons. Un Laurent Legname, à la JDA depuis 2015 qui va rejoindre Bourg, et que l’entraîneur de Yokohama connaît bien puisqu’il a joué avec lui à Hyères-Toulon, avant d’en être son assistant puis son successeur.

Comment se passe cette saison au Japon ?

Ça se passe bien même si ma famille, ma femme et mes enfants, me manquent. Au départ, ils devaient venir pour les vacances, mais avec la Covid, ici personne ne peut rentrer, il faut avoir un visa de travail même si la pandémie est moins importante au Japon. On a même du public à hauteur de 50% dans les salles.

Quel est le niveau du championnat japonais ?

Au niveau des joueurs étrangers et des joueurs américains, la plupart sont très forts et plus grands et plus costauds qu’en France. Jordan Taylor, David Simon ou Richard Solomon ont d’ailleurs évolué en France notamment à Dijon pour Solomon. Les joueurs japonais sont intelligents et rapides, mais ils sont moins athlétiques et jouent moins à l’instinct. Mais ils écoutent et c’est facile pour un coach car ils sont toujours à fond de la première à la dernière minute.

62 matchs joués au Japon pendant la saison

Les clubs japonais jouent beaucoup de matches.

On a fini la saison avec 18 matches en 42 jours ! On joue samedi-dimanche (souvent face à la même équipe)-mercredi pendant six semaines pour un total de 62 matches dans la saison avec des enchaînements sur six semaines puis deux semaines de break.

Qu’avez-vous fait après avoir quitté Limoges en novembre 2018 ?

Je cherchais un club, j’étais chez moi à Hyères, mais avec la Covid ce n’était pas simple. Je devais aller à Gravelines, mais ça ne s’est pas fait (il devait prendre les rênes du club après la saison 2018/2019, mais le club a fait machine arrière, Kyle Milling a attaqué le BCM aux prud’hommes, Ndlr).

La saison prochaine, vous serez de retour en France !

Oui à Dijon ! Laurent (Legname) est mon meilleur ami en France. J’ai joué avec lui, j’ai été son assistant en Pro B. Son père était le manager du HTV et c’est lui qui m’a nommé entraîneur. Je connais aussi Jean-Louis (Borg) pour qui j’ai joué cinq ans à HyèresToulon. On se croise souvent dans le Sud. Je suis monté plusieurs fois la saison dernière pour voir Laurent et pour assister à des matches. Jean-Louis m’a contacté pour le poste. Ça m’intéressait et voilà !

La succession ne sera pas simple…

C’était déjà le cas à Hyères-Toulon ! Le club n’avait alors pas d’argent et tout le monde me disait que j’étais fou de prendre la place de Laurent. A l’arrivée, on a fait une très bonne saison (le club est monté en Pro A en 2015/2016, Ndlr). Je n’avais pas peur et je n’ai toujours pas peur. Dijon est un club qui a progressé, qui s’est structuré. Laurent l’a fait gagner (la Leaders Cup en 2020, Ndlr) et je suis très excité de commencer cette aventure.

Kyle Milling : « Laurent, c’est mon meilleur ami, mais on est différents »

Etes-vous revanchard après la fin prématurée à Limoges ?

J’ai été viré, mais la première année s’est très bien passée (4ème, Ndlr). La deuxième année, il y a eu des problèmes entre les dirigeants et Samardo Samuels. C’est moi qui en ai payé le premier le prix (le joueur avait eu une altercation avec le coach, Ndlr), mais je pense quand même avoir fait de bonnes choses là-bas.

Le style Kyle Milling est-il le même que celui de Laurent Legname ?

J’ai mon caractère, ma personnalité. Je manage l’équipe différemment. Mais on a joué tous les deux longtemps pour Jean-Louis (Borg), son style nous a donc influencés. Au Japon, j’ai dû m’adapter et tenter beaucoup de choses. C’est intéressant pour mon bagage.

Les colères sur le banc de Laurent sont mythiques. Les joueurs doivent-ils s’attendre à des temps-morts plus calmes avec vous…

C’est son style, mais moi aussi je peux faire de grosses colères (sourire).

Quelles ambitions vous ont fixées les dirigeants de Dijon ?

On n’a pas trop parlé des objectifs, mais le club a réussi de très belles choses avec JeanLouis puis Laurent. Chaque année, le club progresse. Il faut continuer à le faire grandir et à asseoir la place du club dans le basket français.

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Si le club était champion en fin de saison, est-ce que ce serait une pression en plus ou en moins ?

Personne ne pense que Dijon peut gagner le titre chaque année donc ce n’est pas une pression. Je n’ai du reste aucune pression ! Il y a un champion par an et si, cette année, c’est Dijon, je serais très content pour le club et pour Laurent.

Kyle Milling bouillant sur le banc

N’avez-vous pas peur que certains joueurs comme Axel Julien ou David Holston accompagnent Laurent à Bourg ?

Je n’ai aucune garantie, mais on va faire le maximum pour garder l’ossature. Ça va être difficile car les joueurs font de très bonnes choses, mais on espère bien avoir une belle équipe la saison prochaine.

Dijon, c’est un peu un Hyères-Toulon bis !

Fred Wiscart-Goetz, l’assistant, a été à Hyères pendant longtemps. Axel Julien aussi. Chassang y a joué pour moi. J’espère qu’il va rester. Il est encore sous contrat, mais comme tout le monde a des clauses… Les clubs qui gagnent sont souvent ceux qui gardent les mêmes joueurs en ne changeant que deux ou trois éléments. Dijon ou Bourg le prouvent.

Pourriez-vous piocher dans votre équipe japonaise ?

Patrik Auda est un bon joueur, mais il est bien au Japon et je pense qu’il va rester. Dans les grosses équipes, certains joueurs gagnent beaucoup. Le club voulait d’ailleurs que je reste et n’était pas très content que je parte. Les Japonais n’aiment pas trop le changement.

Mais si j’étais resté, ça aurait été pour un long bail et ensuite ça aurait été mort pour retrouver un club en France. J’avais envie de revenir dans le basket français et aussi pour ma vie personnelle.

Le Japon, c’est bien un an ou deux, pour le changement de culture, le management différent, j’ai dû crier une fois sur les joueurs et ils ont fait ensuite deux airballs et 0 sur 2 aux lancers ! Il faut être poli avec les joueurs.

Même quand on perd, les gens sont souriants, ce n’est pas grave. Je vais dire à Laurent de venir y coacher (rires). Ce n’est pas comme à Limoges (sourire). En France, quand tu perds de 20 points à la maison, on dit que les joueurs ne mouillent pas le maillot, qu’il faut s’entraîner à 6h du matin… Si je fais ça au Japon, je vais me faire virer !

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