lundi 24 juin 2024

La Chine va-t-elle phagocyter la F1 ?

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La F1 a commencé à s’ouvrir de manière concrète au marché chinois en 2004 avec la première édition du Grand Prix de Chine. Elle poursuit la conquête de cet énorme marché avec l’arrivée de Guanyu Zhou, premier pilote chinois de l’histoire en F1.

Après avoir inscrit dans son calendrier le Grand Prix de Chine depuis 2004, la F1 accueille désormais un pilote chinois. Le drapeau chinois aura une place sur la grille de la F1 à partir de cette saison grâce à Guanyu Zhou et Alfa Romeo qui a fait une place dans son effectif au pilote qui s’est distingué dans les catégories inférieures et notamment en Formule 2.

Il remplace l’Italien Antonio Giovanazzi qui n’a pas été conservé et épaulera Valtteri Bottas. Cette arrivée a un enjeu beaucoup plus financier que sportif. Zhou est un bon pilote, qui obtient des résultats en Formule 2, mais d’autres pilotes comme le talentueux australien Oscar Pietri ou même le Français Théo Pourchaire pouvaient tout autant prétendre à cette place aux côtés de Bottas.

Mais les enjeux économiques sont énormes. A tel point que Liberty Media, qui a racheté les droits de la F1, et les dirigeants de la F1 encouragent les équipes à s’ouvrir à ce pays qui a un gros potentiel économique.

Zhou, nouveau porte-drapeau chinois

La hausse de la popularité de la F1 en Chine et la présence d’un pilote chinois au sein de son effectif sont positives pour la F1, mais aussi pour Alfa Romeo qui devrait voir ses ventes de voiture exploser. Frédéric Vasseur, le patron d’Alfa Romeo, n’a pas oublié de parler des fans chinois au moment de saluer son nouveau pilote :

« Nous sommes fiers du duo de pilotes que nous avons pour 2022. Nous sommes heureux de compter de nombreux supporteurs chinois supplémentaires. Alfa Romeo est une écurie historique et nous allons tout faire pour accueillir de la meilleure des façons les nouveaux fans de l’équipe, nous allons montrer une bonne image de l’équipe et de la F1 en Chine ».

Les audiences en 2019 et 2020 ont augmenté de 43% et de 133% sur les différentes plateformes des réseaux sociaux

Si aujourd’hui la popularité de la F1 ne se dément pas dans le pays, cela n’a pas toujours été le cas. Dans les années 90-2000, la partie semblait en effet, loin d’être gagnée et la F1 est partie de loin pour conquérir le marché chinois. C’est un sacré défi de vouloir s’implanter dans un pays où la culture de la voiture est faible, l’automobile était peu présente et où le sport automobile avait du mal à se développer. Mais le pari a d’ores et déjà été gagné.

La popularité de la F1 dans le pays ne cesse de progresser depuis la première édition du GP de Chine en 2004. Selon une enquête du Guardian, en 2000, quatre millions d’automobiles étaient vendues soit le faible taux d’une voiture pour 325 habitants.

En 2020, le parc automobile était de 281 millions de véhicules et les ventes annuelles d’environ 25 millions de ventes. Le Grand Prix connait un succès populaire sans précédent, il est, aujourd’hui, à guichets fermés deux mois avant la course. Les audiences télé en 2019-2020 ont augmenté de 43% et de 133% sur les différentes plateformes des réseaux sociaux. L’absence du GP National en 2020 n’a pas fait baisser l’intérêt des Chinois pour la F1.

70 millions de téléspectateurs pour la F1 en Chine

En terme de téléspectateurs, la Chine reste le marché le plus important avec 70,8 millions de téléspectateurs uniques en 2021, soit une progression de 13% par rapport à 2020. L’Espagne et La Russie ont aussi battu des records d’audience en 2021 qui s’expliquent par le retour de Fernando Alonso et pour la Russie c’est du à la présence du pilote russe Nikita Mazepin.

L’arrivée d’un pilote chinois sur la grille va donc, dans le même ordre d’idée, faire exploser tous ces chiffres car, au-delà du Grand Prix national, le nombre de journalistes chinois suivant la F1 au quotidien et sur tous les circuits du monde va exploser. La F1 espérait depuis de nombreuses années qu’un pilote chinois rejoigne le paddock, elle encourageait les écuries à en prendre un, Alfa Romeo a franchi le pas.

Les dirigeants ont démenti avoir touché un chèque d’environ 30 millions de dollars de la part de sponsors chinois qui suivent Zhou. Mais l’écurie va désormais crouler sous les demandes de sponsoring d’entreprises chinoises. Alfa Romeo s’est offert un gros coup marketing pour un pilote qui appartenait à la Renault Sport Academy.

La firme française avait trois pilotes chinois dans cette Academy, mais elle n’est pas parvenue à leur trouver un volant en F1. Alfa Romeo y est parvenue et s’en frotte les mains aujourd’hui.

Le grand prix de Chine jusqu’en 2025… au moins

La pandémie a eu raison du Grand Prix de Chine en 2020, en 2021 et même cette année puisque les pilotes ne se rendront pas à Shanghai, mais en Italie, à Imola. Les problèmes de logistique liés à la pandémie ont poussé les organisateurs et les responsables de la F1 à prendre cette décision. Mais il va être de retour.

Dès 2023, le GP reprendra sa place dans le calendrier et Lewis Hamilton qui s’est imposé pour la dernière fois à Shanghai en 2019 aura un successeur. Le circuit de la banlieue de Shanghai est peu sélectif, mais il est capital dans le calendrier, il devrait accueillir en 2023 le premier pilote chinois de l’histoire de la F1, Guanyu Zhou, la recrue d’Alfa Romeo. L’engouement s’annonce historique.

Le GP en lui-même suscitait déjà un engouement populaire important, les trois années d’absence et la présence d’un pilote chinois vont décupler à n’en pas douter cet engouement. Les nombreux supporteurs chinois rêvent que le prochain vainqueur soit un de leurs compatriotes. Il est impossible pour la F1 de se priver d’un tel marché, les constructeurs poussent tous pour aller en Chine, les différentes parties ont donc signé une prolongation de contrat jusqu’en 2025.

Le Guide F1 analyse l’engouement du Grand Prix de Chine.

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