lundi 4 mars 2024

La Rochelle : Payer pour apprendre et se rapprocher du Brennus

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

A La Rochelle, malgré les deux finales perdues, et la déception qu’elles ont naturellement engendrée, tous préféraient voir la bouteille à moitié pleine, ne retenir que le positif de la dernière saison de l’ère Jono Gibbes. Histoire de remplir plus facilement l’autre moitié de la bouteille avec O’Gara.

Dès le lendemain de la finale du Top 14, qui aura laissé moins de regrets que celle de Champions Cup aux supporteurs Jaune et Noir, le Stade Rochelais se remettait au travail plus motivé que jamais à l’idée de combler le retard qui le sépare encore de son double bourreau toulousain.

Les cinq défaites face à la meilleure équipe européenne de l’année témoignaient de tout le chemin qu’il restait encore à parcourir aux Rochelais pour espérer aller chercher un premier Brennus. L’émotion née d’une première finale au Stade de France a sans nul doute joué dans le rapport de forces avec un habitué des lieux.

« La prochaine fois, nous y retournerons avec plus de froideur », analysait Pierre Venayre, le directeur général du club maritime. Y revenir ne serait donc plus considéré comme un exploit, mais comme une étape supplémentaire dans la progression d’un club qui, en annulant la parade prévue dans les rues de la ville au lendemain de la finale du Top 14, a envoyé un message clair à ses supporteurs : même si la saison a été exceptionnelle, la meilleure de l’histoire du club, hors de question de faire la fête après deux finales perdues.

Un staff ambitieux, un mercato raisonnable

« Le jour où ça arrivera, ce sera parce que La Rochelle a gagné un titre, et pas simplement réussi une belle saison ! »  Peutêtre la saison prochaine… c’est en tout cas tout le sens de la réorganisation du staff autour du nouvel entraîneur en chef, Ronan O’Gara.

Dans le sillage de Jono Gibbes, le départ de Grégory Patat, l’entraîneur des avants en poste depuis 2016, ouvre une nouvelle ère qui devrait s’inspirer de la réussite du Munster, l’ancien club d’O’Gara et de Donnacha Ryan, son ancien coéquipier et 2ème ligne international irlandais qui l’a rejoint à La Rochelle pour s’occuper des avants avec Romain Carmignani.

Dans ses bagages, le nouveau staff a convié six nouveaux venus, trois derrière (Popelin, Danty et Buliruarua), trois devant (Sclavi, Papidze et Picquette), pour réduire d’une petite dizaine d’unités un effectif qui s’appuiera sur les mêmes forces que la saison passée, à savoir la meilleure défense du championnat, sa charnière West-Kerr Barlow et une mêlée puissamment gardée par Vito, Alldritt, Skelton et Gourdon.

Du lourd, du très lourd, les recrues Danty (pour remplacer Timani) et Buliruarua (à la place de Doumeyrou) ne faisant que renforcer cette force de frappe. Avec le talent de Dulin, Leyds, Botia, Rhule ou Retière (quand il sera revenu de blessure), le Stade Rochelais ne sera pas moins fort en 2022 qu’il le fut en 2021.

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Il a en tout cas les moyens de confirmer sa montée en régime et d’espérer atteindre son Graal. Ironie du sort, la 1ère journée de championnat lui offrira un nouveau test face au Stade Toulousain.

S’il intervient un peu tôt, ce nouvel épisode de la saga des deux Stades peut être le point de départ d’une nouvelle aventure. A condition d’enrayer la série de cinq défaites consécutives évidemment…

O’Gara veut repousser les limites à la Rochelle

Voilà le défi majuscule proposé à Ronan O’Gara qui regrettait la défaillance de ses leaders lors de la finale du Top 14, Skelton dans le jeu, et West, dans ses tentatives face aux poteaux.

L’ancien international irlandais connait trop les exigences du très haut niveau pour se contenter de ce statut de finaliste malheureux. Désormais seul maître à bord, on peut lui faire confiance pour pousser ses joueurs au maximum de leurs possibilités et en faire des tueurs.

La saison passée déjà, le Stade Rochelais avait payé un lourd tribu à sa fébrilité mentale avec les six semaines de suspension de Bourgarit (suite à une fourchette face à Sale) et les six mois de prison avec sursis de Timani (suite à une bagarre à la sortie d’une boite de nuit). Sans conséquences en raison de l’interruption de la saison, mais avec la certitude que le salut ne pouvait passer que par une meilleure maîtrise de ses émotions.

Les leçons ont été tirées, les progrès réalisés ont permis de se rapprocher d’un sommet qui n’avait jamais paru aussi accessible. Avant les deux finales, à la question de savoir si cette année était la bonne pour gagner quelque chose, le technicien irlandais déclarait :

« Être seulement en train d’effleurer le sujet. Il y a beaucoup de talent à La Rochelle, énormément de choses sont possibles ici, mais c’est à moi de montrer le chemin. Je prends ce rôle très à cœur avec beaucoup de passion. On a des joueurs de classe mondiale, c’est normal qu’ils jouent bien. Il n’y a pas de secret, regardez l’effectif devant et derrière. Mais on ne parle jamais de victoire. Ce qui m’intéresse, c’est d’avoir des groupes performants. Les joueurs sont ambitieux et c’est maintenant qu’on doit gagner des titres. »  

Deux défaites plus tard, ces propos n’en avaient que plus de pertinence. Sa détermination encore plus grande.

« Pour moi, il est impossible de dire où se trouve notre limite. Est-ce que dans cinq ans on parlera de La Rochelle comme un club qui a déjà gagné trois titres ou qui en a seulement la capacité ? Je ne sais pas. Mais il faut arrêter de se mettre des limites. On est capable de vraiment faire des choses énormes. »  

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