mardi 27 février 2024

L’amertume de William Accambray (Aix-en-Provence) : « Je n’ai pas eu de retour par rapport à ce que j’ai donné »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Même s’il imaginait une autre fin avec Aix, le multi-titré arrière gauche de 35 ans, William Accambray évoque son futur projet à Saran avec qui il s’est engagé deux ans avec beaucoup d’envie.

Quel regard portez-vous sur votre saison ?

Elle n’est pas évidente. Personnellement ou pour l’équipe. On n’est pas dans les objectifs attendus par le club. Il y a eu pas mal de mouvements cette saison. En coulisse aussi et cela a impacté les résultats sportifs. Il y a eu aussi une période avec pas mal de blessures. On a fait un déplacement à Limoges (défaite 33 à 30, Ndlr) avec la moitié de l’équipe remplacée par des joueurs de l’équipe 2. Tout cela n’est donc pas évident.

Le mois de février a été très compliqué. Comment l’expliquer ?

Durant ce mois en question, il y a eu effectivement un enchaînement de défaites. Mais ces maux traînaient dans l’équipe depuis un moment. Depuis même avant la coupure de décembre. Il y avait une relation rompue entre le groupe et Thierry (Anti, Ndlr). Le discours ne passait plus.

Pourquoi le discours du coach ne passait-il plus ?

Il y avait déjà de grosses tensions l’an dernier. On ne le perçoit pas toujours quand il y a de bons résultats derrière. Cela masque les choses. Cela a été la continuité. Le discours ne passait plus ainsi que la façon de parler aux joueurs. A un moment donné, ils ne se sentaient pas respectés dans la façon dont on leur parlait. Au niveau tactique, cela ne matchait plus non plus. Les joueurs ne comprenaient plus vraiment les intentions du coach et inversement. Peut-être que le coach ne comprenait plus non plus la manière dont les joueurs voulaient jouer… Il y avait quelque chose de rompu entre le groupe et Thierry.

Accambray assume les tensions avec Anti

C’est quand même un net recul car le club a fini 3ème l’an dernier !

Oui, mais ce n’est pas la même équipe non plus. On a perdu tous nos n°3 de défense, Konan, Pecina, Racic, Clarac. Près de la moitié de l’effectif a été changé. Ce n’est pas le même groupe donc il fallait reconstruire. Fatalement, les résultats ne sont pas identiques.

« Saran m’a proposé un projet sympa »

Faut-il mettre en avant aussi des paramètres financiers pour expliquer certaines difficultés du club ?

Peut-être. Mais je ne peux pas en tenir compte car je ne suis pas dans les finances du club. Cependant, sur les deux saisons précédentes, quand on a fini 4ème et 3ème, on était encore sur les recrutements de Stéphane Cambriels et Jérôme Fernandez quand ils étaient en place. Des recrutements avaient été faits les années précédentes, lesquels ont continué jusqu’à l’an dernier. Je ne sais pas où en sont les finances actuellement, mais on est reparti sur un nouveau cycle. Des recrutements en deuxième division ont aussi été effectués. Donc pour jouer la Coupe d’Europe ce n’est pas si évident.

L’an dernier, quand on finit 3ème, derrière le PSG et Nantes, et devant Montpellier, c’est une sacrée performance. Ce n’est pas évident de maintenir ce cap avec autant de nouveaux joueurs dont certains arrivent de division inférieure. Après, n’oublions pas non plus que, lors d’années précédentes, Aix était plus habitué à être dans le ventre mou du classement. C’est une équipe assez jeune en StarLigue. Avec l’effectif qu’on a et ce qu’on a produit cette saison, on devrait se situer entre la 6ème et la 8ème place.

Partir à Saran est-il la conséquence des difficultés rencontrées à Aix ?

Dans mon idée, je voulais continuer à Aix et même y finir ma carrière. Je suis quand même de la région. Quand j’ai signé (en 2020, Ndlr), j’étais content de revenir par chez moi, de trouver un club qui avait de l’ambition européenne. J’ai aidé le club à enregistrer les meilleurs résultats de son histoire. J’en suis fier. J’ai signifié mon envie au club de continuer avec eux.

On ne m’a pas donné de suite. Saran m’a proposé un projet sympa. J’avais des offres à l’étranger, mais je n’avais pas spécialement envie d’y repartir. J’ai eu Fabien Courtial au téléphone. Cela s’est bien passé. Ils font aussi un recrutement alléchant (Delecroix, Kollé, Genty, Ndlr). Il y aura une équipe performante. Cela jouera-t-il en ProLigue ou en StarLigue ? Il faudra attendre la fin de saison pour le savoir.

Avez-vous été surpris par la (non) réaction d’Aix ?

Il y a de la déception. J’estime avoir fait beaucoup pour ce club. A la base, j’avais signé un contrat avec Stéphane Cambriels et Jérôme Fernandez. Je me suis retrouvé dans un projet où ce n’était plus les mêmes gens en place. Thierry Anti est arrivé.

J’avais quand même décidé de venir en acceptant une baisse conséquente de mon salaire car à l’époque le club avait de réels soucis financiers. J’ai accepté de jouer même parfois sous blessure pendant un ou deux mois. J’ai fait pas mal de concessions. Je ne pense pas avoir eu le retour sur une prolongation de contrat par rapport à ce que j’ai pu donner à ce club.

Place désormais à Saran !

Je vais y apporter de l’expérience et tout ce que je peux dans un projet. Peu importe l’âge que j’ai. Mais j’y vais pour être performant sur le terrain et aider l’équipe. Je veux montrer que je suis là en ayant les meilleurs résultats possibles.

Réfléchissez-vous aussi à votre reconversion ?

J’ai préparé cela depuis pas mal de temps. J’ai investi dans des appartements, j’ai un restaurant, j’ai repris depuis deux ans des cours de management et de marketing. Je suis donc actif pour rester opérationnel pour ma seconde vie.

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