lundi 24 juin 2024

Luc Steins, un joueur hors du commun dans la dream team de Paris

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

A 26 ans, Luc Steins est devenu une référence. A son poste, il est un joueur hors norme capable de faire basculer une rencontre à lui tout seul malgré sa petite taille (1m73).

« J’avais déjà eu de bons échos de lui à Massy. Il avait un profil de joueur atypique, petit et rapide. J’ai joué deux ans avec lui. C’était un mec hyper professionnel, qui compensait sa taille par un gros travail physique. Il avait une capacité aérobie impressionnante.

En première année, il devait s’acclimater au championnat avant d’exploser la deuxième année. C’était un vrai rigolo, un mec de vestiaire. Je savais qu’après deux ans avec lui, Tremblay serait un tremplin. Il avait cette capacité et cette vision du jeu. Parfois, il allait plus vite que ses ailiers. Il apporte un plus à son équipe.

On le voit aujourd’hui au PSG. Il y a fait sa place en peu de temps. Il est incontournable. Patrice est une arme importante. L’une de ses qualités, c’est son humilité et son abnégation au travail. En arrivant au PSG, je n’étais pas surpris de le voir là-bas.

J’étais surtout curieux de voir comment ils allaient faire pour l’utiliser avec des joueurs comme Hansen ou Remili. Le maillot n’allait-il pas être trop grand pour lui ? Mais le connaissant, j’ai vite trouvé mes réponses. J’étais sûr qu’il allait réussir. Il voulait jouer la Coupe d’Europe. C’est chose faite. Il est à sa place. Il est à contre-courant. J’espère qu’il permettra à d’autres jeunes joueurs de s’inspirer de lui. »

Son ancien coéquipier à Tremblay entre 2017-2019

Benjamin Braux : « Un accélérateur de jeu »

« Je me souviens que l’on n’avait pas de moyens pour recruter à Massy. On ne pouvait pas regarder en Allemagne, en Espagne ou encore en Croatie. Il fallait trouver des joueurs pas très chers et performants. On s’est penché sur les championnats un peu mineurs et on a eu la chance de tomber sur Luc Steins. On l’a fait venir à l’essai et, une fois présent, il a fasciné tout le monde.

Il est venu au club avec un vrai plan de carrière et de développement avec des étapes. Patrice était très intelligent. Il savait qu’il lui fallait une étape. La D2 a été une belle étape pour son apprentissage et pour tous les jeunes joueurs en général. Après, à Tremblay, il s’est fait un peu à la D1. Il a eu du mal au début. Il a dû déjouer pour mieux jouer.

Je savais, qu’une fois ailleurs, il allait tout péter. C’est un accélérateur de jeu. Il faut aimer jouer avec ce genre de joueur. C’est un gros travailleur. Il n’a pas eu que le talent.

Il a eu la capacité de travailler et de se transformer. Annonay bonifie les autres. Il met de la vitesse. On savait qu’il allait avoir un grand avenir. Il a fait le bon cheminement de carrière. J’espère qu’il pourra remporter la Ligue des Champions. Il fait aujourd’hui rayonner les Pays-Bas au niveau masculin. »

Son ancien entraîneur à Massy puis Tremblay, entre 2017 et 2019

Yann Genty : « Il n’a pas fini de grandir »

« Cela fait du bien d’avoir de tels joueurs dans son équipe. On était habitué au grand et, finalement, on voit qu’avec 1m60 (Steins fait 1m73, Ndlr), on peut réussir sur la base arrière. C’est comme les gardiens. A un certain moment, il fallait être grand puis Gérard, Genty et Desbonnet sont arrivés. Il y a des clubs qui ne réussissent pas aux joueurs. Il arrive à Toulouse, il a prouvé que c’était un super joueur.

A Paris, il devient un meilleur joueur. C’était le cas de Marko Panic qui brille aujourd’hui à Meshkov Brest. On est content de le voir évoluer comme cela. Mais il n’a pas fini de grandir. Il tire profit de sa taille et nous aussi. On a des grands, ça les fait bosser. C’est drôle de le voir parler à Kristopans (2m15). Il ne peut pas lui parler à l’oreille. »

Son coéquipier au PSG depuis 2020

João Ramos : « Les espaces sont plus difficiles à trouver sans lui »

« La première fois que j’ai vu Luc, c’était quand j’étais au FC Porto. On avait joué les Lions pour préparer un match de Coupe d’Europe. Luc est entré en deuxième période. Il avait 16 ans. Tout le monde est resté fou. Mes coéquipiers de l’époque n’arrivaient pas à l’arrêter. Il passait au milieu de tous. Après, j’ai signé aux Lions. J’ai découvert un joueur unique, avec des caractéristiques particulières.

Il était incroyable quand il passait en revue une défense. Il se faufilait comme dans du beurre. C’était un athlète très professionnel. Même en dehors, il a toujours été sérieux. Il est un vrai passionné de handball. Il en regarde énormément. Annonay n’y avait pas beaucoup de défenseurs qui arrivaient à l’arrêter aux Pays-Bas.

Je peux même dire que je n’ai jamais marqué de buts aussi faciles en étant à ses côtés. Mon défenseur allait souvent sur lui et il n’avait qu’à me donner le ballon. J’ai toujours su qu’il allait aller loin dans sa carrière avec Kay Smits. Luc Steins est le top niveau au niveau de l’implication au quotidien. Si lui n’avait pas réussi au haut niveau, je ne l’aurais pas compris. Il est toujours à 100%.

Aux Pays-Bas, il est la locomotive de sa sélection. Sans lui, l’équipe n’aurait pas d’aussi bons résultats. Même au PSG, on le voit. Les espaces sont plus difficiles à trouver sans lui. »

Coéquipier à Limburg Lions entre 2014 et 2016

Pierre Soudry : « Sa taille n’a jamais été un problème »

« Je ne suis pas surpris de le voir à un tel niveau. C’est un peu le Luc que j’ai côtoyé à Toulouse. J’ai pris beaucoup de plaisir à travailler avec lui, sur le terrain et même en dehors. C’était intéressant de rencontrer un joueur aussi intéressé et passionné par son sport. Il a une approche très professionnelle du sport de haut niveau.

Je ne suis pas surpris de le voir épanoui à Paris. Il a un profil atypique. On aurait pu penser que cela aurait pu le bloquer ou le freiner dans sa progression. J’ai très vite compris à ses côtés que sa taille ne serait pas un problème. Au contraire, il a su en faire un atout.

C’est quelqu’un avec des qualités humaines. Pourquoi lui mettre des limites. Je lui souhaite le meilleur. Je me souviens qu’il était un passionné de cyclisme. Une fois, on allait à l’entraînement. Lui à vélo, moi en voiture. Je l’avais plus ou moins bloqué et en arrivant je l’avais privé de battre le record de son trajet entre son domicile et la salle du Fenix. Il m’a fait la remarque. Je pense qu’il l’a battu de nouveau après. »

Coéquipier à Toulouse entre 2019 et novembre 2020

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