vendredi 1 mars 2024

Marine Johannès (ASVEL) : « Je sens que le club veut évoluer chaque année »

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Julien Huët
Julien Huët
Journaliste

Avant un été passionnant avec les Bleues, la star du basket féminin français Marine Johannès se livre et aborde tous les sujets : le Lyon ASVEL féminin, l’équipe de France, son style de jeu…

Comment vivez-vous cette saison particulière ?

C’est en effet assez particulier. Nous n’avons ni l’habitude de jouer sans public ni de nous faire tester chaque semaine. On s’y habitue, mais on espère que ça ne va pas durer la saison prochaine.

A quel point l’absence du public est-elle problématique ?

A Mado Bonnet, il y a une très bonne ambiance grâce à notre kop. Cette salle nous porte. Cela nous a manqué sur certains matches, mais c’est comme ça… On a toutefois récemment pu faire une petite rencontre entre les joueuses et des supporteurs afin de les remercier car certains vont partir d’ici la saison prochaine.

Que reste-t-il de votre défaite en quarts de finale de l’Euroligue face à Sopron ?

On regrette tous un peu ce premier match où on passe au travers (défaite 66-94, Ndlr) et au cours duquel nous n’avons pas montré une bonne image du club. Nous avons su réagir lors de la seconde manche (victoire 75-62, Ndlr), mais nous partions de trop loin. Cette formule de deux matches au point-average n’est pas évidente, une belle aurait pu tourner en notre faveur. En plus, c’était peutêtre l’année où l’on était très bien, mais l’absence d’Alysha Clark (blessée au pied pour ce quart de finale, Ndlr) nous a pénalisées.

Marine Johanes très heureuse de rejoindre l’ASVEL

Qu’avez-vous trouvé à l’ASVEL après Bourges ?

Ce que j’étais venue chercher ! (sourire) Malgré notre défaite en quarts de finale, nous étions la seule équipe française présente à ce stade de la compétition. En championnat, nous sommes toujours en lice pour notre objectif. Je sens que le club veut évoluer chaque année et ne veut pas s’arrêter là. Tony (Parker) met les moyens. Cela nous pousse aussi à faire toujours plus. L’ASVEL va prendre une autre dimension. C’est déjà le cas actuellement, mais ce sera encore plus flagrant dans les prochaines années.

Vous n’êtes pas sans savoir que vous incarnez ce projet au sein de l’équipe féminine.

Oui et non. Tony me fait confiance et je lui fais confiance. Il met tous les moyens en œuvre pour qu’on y arrive. Je ne le prends pas pour une mission, mais c’est vrai qu’on me fait confiance. Je vais tout faire pour qu’on aille chercher ce Final 4 d’Euroligue. Les équipes françaises ont du mal à franchir ce cap, c’est l’objectif premier.

Quid du New York Liberty ? Quand allez-vous évoluer en WNBA ?

Ce n’est pas évident pour cet été car, après la fin du championnat, on va enchaîner avec l’équipe de France. Il y a les championnats d’Europe puis les Jeux Olympiques. On va voir…

« L’Asvel va prendre une autre dimension »

Quels seront les objectifs avec les Bleues ?

On va plus partir sur du « step by step » (étape après étape). On va déjà bien s’attacher à finir cette saison compliquée à cause de la crise sanitaire avec l’ASVEL. J’aimerais conclure cet exercice avec un titre avec Lyon. Avec les Bleues, le premier objectif sera de remporter la médaille d’or à l’Euro. On verra après pour les Jeux…

Quels souvenirs gardez-vous des Jeux de 2016 ?

En 2016, c’était un rêve pour moi. Je ne m’attendais pas à être sélectionnée, cela avait été une très bonne surprise. J’avais adoré le village olympique. Côtoyer les meilleurs athlètes du monde avait été incroyable, voir des champions comme Rafael Nadal au self par exemple. Ce sont des choses qu’on ne vit qu’une seule fois dans sa vie, c’était extraordinaire.

A cause du contexte sanitaire, ces Jeux seront complètement différents : pas autant de monde au village, pas de public étranger… Est-ce que ce sera une immense frustration ?

Oui d’autant que nous allons devoir affronter le Japon avec ses supporteurs, donc ce ne sera pas évident. C’est sûr que ce sera particulier. Apparemment, nous n’aurons pas le droit de sortir de nos chambres à part pour aller à l’entraînement et pour manger. Mais bon, ça reste les Jeux Olympiques.

Marine Johanes pense très fort aux JO

Qui dit JO, dit caisse de résonance médiatique énorme.

Bien sûr. On connaît l’enjeu de cette exposition médiatique, on sait très bien ce que les Jeux de 2012 ont fait pour le basket français et le basket féminin.

Comment vivez-vous l’attente autour de vous personnellement ?

Ce n’est pas évident. Les gens attendant beaucoup de moi alors que nous avons la chance d’avoir en équipe de France 12 très bonnes joueuses. Le plus important, c’est l’équipe entière. Tout le monde devra apporter sa pierre à l’édifice. Les journalistes ou le public ne doivent pas mettre trop de pression sur untel ou untel.

Quel type de leader êtes-vous ?

Je le suis sur le parquet pas dans les discours. Tout le monde le sait et on ne va pas changer ma nature. Les gens qui me connaissent me prennent comme ça, je ne vais pas changer pour faire plaisir.

Juste Jocyte, votre partenaire à l’ASVEL, résume le sentiment général en disant : « Marine Johannès révolutionne le jeu quand elle joue, c’est juste incroyable. » Vous ne pouvez pas ignorer que votre jeu est hyper spectaculaire.

Oui, je l’entends depuis que j’ai commencé le basket. J’ai un jeu particulier, spectaculaire. C’est sûr que cela fait plaisir d’entendre des choses comme ça. Si ça peut faire venir des gens vers le basket féminin, autant que ça le fasse…

Quel est votre geste favori ?

Un step-back.

Beaucoup de gens se demandent si vous seriez capable de dunker ?

(Rires) Non, j’ai déjà touché le panier ou le cercle, mais il ne faut pas oublier que le ballon doit passer au-dessus ! Pour l’instant, il me manque la taille du ballon, mais je ne pense pas que ce soit l’objectif premier !

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