mardi 4 octobre 2022

Mathias Lessort (Monaco) : « Être un joueur majeur dans une équipe qui gagne »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Après trois saisons à l’étranger, l’intérieur international français Mathias Lessort (25 ans), médaillé de bronze lors du mondial 2019, est de retour en Jeep Elite à Monaco qui compte bien s’offrir (enfin) son premier titre de champion de France.

Vous avez rejoint tardivement Monaco. N’aviez-vous pas d’offres intéressantes ?

J’avais des offres, mais je les ai toutes refusées. J’ai vécu une saison compliquée à Munich et j’avais besoin de prendre du temps, du temps pour moi pour me ressourcer en Martinique et bien me préparer physiquement et mentalement. Quand je me suis senti prêt, j’ai alors signé.

Pourquoi cela s’est-il aussi mal passé à Munich ?

Sans rentrer dans les détails, j’ai connu beaucoup de problèmes… Beaucoup de choses n’allaient pas. Ça ne restera pas une bonne expérience même si ça va me servir pour la suite.

Vaut-il mieux jouer les sommets de la Jeep Elite que le bas de tableau en Euroligue ?

Après la NBA, l’Euroligue est ce qui se fait de mieux au monde. C’est donc toujours intéressant de la jouer. Mais l’EuroCup reste une très bonne compétition avec de très bonnes équipes. En plus, on y a de grandes ambitions avec Monaco.

Revenir en Jeep Elite n’est donc pas une régression dans votre esprit.

Revenir en Jeep Elite, c’est aussi une manière pour moi de me jauger. J’ai quitté la France à 21 ans au sortir d’une saison assez complète avec Nanterre (10,3 points et 7,2 rebonds, Ndlr). J’étais un joueur dominant avec en plus deux titres à la clé (Coupe de France et EuroCup en 2017, Ndlr). En étant de retour, je suis obligé de montrer que j’ai progressé.

Revenez-vous aussi en France pour être davantage dans la lumière ?

Je n’ai pas l’impression d’avoir été oublié notamment en équipe de France avec qui j’ai fait la Coupe du monde et les qualifications.

« C’est moi qui ai décidé de venir à Monaco »

Mathias Lessort

D’autres Bleus sont de retour en Jeep Elite (Howard, Fall, Konaté…). Est-ce à dire que l’étranger n’est pas toujours l’eldorado espéré ?

J’avais aussi des offres à l’étranger, mais c’est moi qui ai décidé de venir à Monaco, une équipe compétitive sur tous les tableaux avec un entraîneur qui avait déjà essayé de me signer plusieurs fois. Il aime mon style de jeu et mon profil. Si j’avais eu ces offres de l’étranger en août ou en septembre comme Monaco, je les aurais peut-être acceptées. Là, elles sont arrivées à un moment, en juin-juillet, où je ne me sentais pas prêt à signer. Jouer en France ou à l’étranger n’était donc pas la problématique. L’important était de trouver un club où j’aurai du temps de jeu et des responsabilités. Monaco était la meilleure offre au bon moment, la meilleure option, le tremplin idéal.

A part Monaco ou l’ASVEL auriez-vous pu revenir dans un autre club français, Chalon ou Nanterre où vous avez joué par exemple ?

Encore une fois, sans vouloir être prétentieux, il fallait quand même un club avec un certain calibre pour avoir les moyens de me recruter. J’étais ouvert, mais il faut être honnête : revenir en France, pour un joueur français, n’est pas intéressant financièrement parlant avec les impôts. Je me fais allumer ! (sic)

Après trois clubs en trois ans, recherchiez-vous aussi de la stabilité ?

Voyager et changer de club chaque année ne me dérange pas. Après, si je trouve un club où j’ai envie de rester, avec qui on est sur la même longueur d’onde, avec qui on a les mêmes objectifs, pourquoi pas. Pour l’instant, ça n’a pas été le cas. A l’Etoile Rouge, le club avait des problèmes financiers. A Malaga, on n’a pas réussi à atteindre l’Euroligue que je voulais rejouer. Et au Bayern, la saison s’est mal passée. Le club m’avait proposé un contrat de trois ans, mais c’est moi qui ai souhaité seulement un an. J’aime avoir le total contrôle de mon avenir. Je n’ai pas envie d’être lié à un club et de devoir payer un buy-out si je veux partir ou qu’il ne veuille pas me lâcher. Signer des contrats d’un an est la meilleure option pour moi.

L’idée, c’est de rebondir dans un club qui joue l’Euroligue ?

La suite, c’est d’abord de gagner le prochain match ! Ensuite, ce qui doit arriver arrivera. Je sais comment ça peut aller vite donc je n’ai pas envie de me projeter. Quand j’étais à l’Etoile Rouge, au début ça se passait très bien et j’avais des offres de très grands clubs. A la fin de l’année, les événements ont fait qu’ils n’étaient plus là. Donc je me projette seulement sur ce que je peux contrôler, à savoir les prochains matches.

Retourner à Chalon, votre club formateur, ça va être spécial…

C’est sûr même si beaucoup de choses ont changé depuis mon départ. J’y étais déjà retourné avec Nanterre où là ce sera vraiment spécial de rejouer. C’est dans ce club que j’ai vécu la saison la plus complète de ma carrière. Je n’en retiens que du positif. J’ai hâte d’y retourner !

« Plus qu’un rêve, la NBA est un objectif »

Mathias Lessort

Au niveau stats, vous tournez dans les mêmes eaux qu’à Nanterre. En quoi avezvous changé en trois ans ?

On verra en juin quand la Jeep Elite sera finie (sourire). On pourra alors comparer. Ce qui est certain, c’est que j’ai beaucoup plus d’expérience. J’ai joué deux saisons l’Euroligue et une l’EuroCup avec Malaga qui est un club de standing Euroligue et avec des joueurs expérimentés. J’ai appris beaucoup de choses. Mon basket a évolué.

Vous êtes-vous fixé un challenge au niveau stats, 15 points et 10 rebonds de moyenne par exemple ?

Si je fais 15 points et 10 rebonds et qu’on est derniers, je n’aurais pas fait une bonne saison ! A Nanterre, j’étais un joueur majeur dans une équipe qui gagne. C’est ça que je veux être. Gagner et faire gagner son équipe, c’est plus important que les stats. Il y a des choses qu’on ne voit pas dans les stats qui font gagner (sic). Ceux qui connaissent le basket le savent. Si je fais 15 points et 10 rebonds et que mon adversaire direct en met 20 et en prend 15 je ne ferai pas gagner mon équipe.

En parlant de gagner, Monaco reste sur deux finales de championnat perdues. Sentez-vous une pression importante en Principauté ?

Depuis que le club est en Pro A (en 2015, Ndlr), Monaco s’est installé parmi les cadors. Le club a gagné la Leaders Cup plusieurs fois (en 2016, 2017, 2018, Ndlr). La saison dernière, quand tout s’est arrêté, il était premier et bien parti pour aller au Final 8 de l’EuroCup. C’est une équipe qui veut gagner, qui adore gagner et qui sait gagner ! On a ce devoir de maintenir cette culture de la gagne.

En quoi l’AS Monaco Basket, qui est aux mains d’un riche homme d’affaires ukrainien, est-il un club spécial ?

Si je vous envoie une photo de mon salon avec la vue sur la mer, vous verrez en quoi c’est spécial (rires). Il y a ici un train de vie incroyable. Aucun club en Jeep Elite ne peut offrir ça ! Il suffit de se balader dans la ville pour se rendre compte que c’est différent.

« La NBA, un objectif »

Mathias Lessort

Le coach Zvezdan Mitrovic ne rigole pas trop sur le terrain. Comment est-il vraiment ?

Il est très sympa ! J’aime bien sa façon d’être. C’est quelqu’un d’entier et, pendant les matches, il donne tout. Parfois, les émotions prennent le dessus, mais ça montre juste qu’il a envie de gagner. Ça rejaillit sur les joueurs. Je préfère un coach comme ça, quitte à en faire trop parfois, qu’un coach qui est mou et qui ne donne pas d’énergie à ses joueurs. Chaque joueur réagit à sa façon face à un tel coach, mais il est juste et, si on mérite de jouer, on jouera.

Le Bayern a son équipe de foot. Monaco aussi. Etes-vous fan de foot ?

J’adore ! Je ne suis pas encore aller voir jouer Monaco dont j’étais fan tout jeune. Maintenant, je suis fan de l’OM ! Je n’aime pas Paris… J’aimerais bien aller au Vélodrome. Je n’y suis jamais allé. Même sans supporteurs, ce doit être quelque chose. J’espère y aller au moins une fois cette saison.

Vous avez été drafté en 2017 par les Sixers (50ème choix). Où en êtes-vous avec la NBA, est-ce toujours un rêve ?

Plus qu’un rêve, c’est un objectif. Mais je le répète, je me concentre sur mes matches avec Monaco. J’étais déjà dans le même état d’esprit à Nanterre avant la draft. Je ne voulais pas savoir quand les scouts venaient. Au final, si je suis performant avec Monaco et que je mérite d’aller en NBA alors j’irai ! J’aurais pu retenter ma chance cet été, mais la Covid a changé mes plans.

Les JO font-ils aussi partie de vos objectifs ?

Clairement ! Ne jouant pas l’Euroligue, je suis disponible pour les qualifications à l’Euro (2022). Ayant été dans le groupe qui a ramené une médaille de la Coupe du monde, j’ai un petit avantage, mais je ne devrai pas me reposer dessus et montrer que je n’étais pas là pour rien et que je mérite encore d’y être. On a un bon groupe.

Sans les joueurs NBA, ce pourrait être compliqué…

Ça va tout changer. Mais c’est encore loin et personne ne sait encore s’ils seront là.

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