jeudi 2 février 2023

Maxime Courby (Bourg-en-Bresse) : « Bourg s’est brûlé les ailes en voulant tout changer »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Au club depuis 2015, Maxime Courby (32 ans), qui a fêté le 26 octobre son 300ème match sous le maillot de la JL Bourg contre Lietkabelis en EuroCup, espère que la JL Bourg va retrouver les play-offs après une dernière saison ratée (11ème).

Quel regard portez-vous sur la saison de Bourg-en-Bresse ?

On a fait un super début de saison. On est toujours premiers ex-aequo en EuroCup et on est bien classés en championnat (6ème, Ndlr). Mais on a fini le mois de décembre avec trois défaites sur les quatre derniers matches. C’est un mauvais passage, mais tout est relatif, on a perdu deux fois de 1 et 2 points, le début de saison reste donc très bon. Peu aurait du reste parié sur un tel début de saison de notre part, surtout en EuroCup où personne nous imaginait aussi haut. Il nous reste néanmoins énormément de travail car on a une marge de progression énorme. Le groupe est jeune, il n’est pas encore à 100% de son potentiel. Offensivement, on a progressé et on est vraiment fort. Défensivement, par contre, on est encore loin de ce que l’on doit donner, on ne donne pas assez d’énergie. Depuis la reprise, on essaie d’y remédier, c’est beaucoup plus âpre aux entraînements, ça joue très très dur. Le coach a eu les mots justes à la trêve pour qu’on élève notre niveau en défense car on a encaissé beaucoup trop de points en décembre, ce qui explique nos défaites.

La 11ème place de la saison dernière a été un coup d’arrêt dans la progression du club. Cela a-t-il été dur à digérer ?

Cela a été un coup d’arrêt, mais on ne peut pas monter non plus chaque année. A un moment donné, il ne faut pas oublier qu’on est, entre guillemets, “que” Bourg-en-Bresse. Ça faisait deux années qu’on terminait 5ème du championnat et il était difficile de faire mieux même si on espérait faire aussi bien. Ça n’a pas été le cas. On a vécu une année assez compliquée, que ce soit en championnat ou en EuroCup. Humainement, au sein du club, ça a été compliqué aussi. Beaucoup de choses avaient changé et moi qui suis là depuis longtemps je reconnaissais un peu moins le club que j’avais aimé. La philosophie avait changé. Là, on est revenu à ce que l’on connaissait de la JL et qui avait fonctionné. Tout révolutionner, ça ne fonctionne pas tout le temps. Même si on veut progresser, il faut se souvenir de qui on est et que ce que l’on a fait avant ce n’était pas si mal…

A-t-on vu trop haut le club ?

Le club a voulu passer dans une autre dimension, se rapprocher de ce qui se fait de meilleur, ce qui n’était pas illogique, mais il s’est un peu brûler les ailes en voulant aller trop vite. Beaucoup de choses avaient été changées, on a par exemple voulu changer la mentalité des joueurs qui étaient là depuis des années et ça n’a pas fonctionné. 

« Ce serait compliqué d’aller voir ailleurs, mais si, en fin de contrat, je vois que je joue de moins en moins, il sera peut-être l’heure »

Avec Frédéric Fauthoux comme coach, la JL a retrouvé son adn.

Il s’inscrit dans la lignée de ce qui se faisait avant. Beaucoup sur l’humain, sur du dialogue et ça passe mieux. Ce sont les valeurs de la JL et ça fonctionnait. Après, on ne peut pas garder tout le monde, les joueurs sont sollicités, ceux de nos belles années, les Andjusic, Omic, Peacock, Zack Wright, et ce n’est pas toujours évident de reconstruire, mais on l’avait plutôt bien fait jusque-là.

On a l’impression que vous n’avez connu que Bourg alors que vous avez aussi évolué à Gravelines, Antibes et Rouen !

A part une année à Rouen (en 2014/2015, Ndlr), il n’y a quasiment qu’à Bourg où j’ai joué au plus haut niveau (il a aussi joué 8 matches en Pro A avec Gravelines en 2008/2009 et 2009/2010, Ndlr). On avait eu une wild-card avec Christophe Denis pour passer de Pro B en Pro A avec Rouen. Je n’étais pas forcément dans les plans au début et j’avais finalement obtenu pas mal de minutes en raison des blessures. A Antibes, ce n’était que de la Pro B, à Rouen deux ans de Pro B, un an de Pro A et à Gravelines j’étais au centre de formation.

Vous jouez moins cette saison. Vous posez-vous des questions ?

Il y a des soirs où c’est compliqué car certains matches je n’ai pas beaucoup de minutes. D’autres fois je relativise quand, à mon poste, James Palmer marque 28 points ! C’est difficile de jouer beaucoup quand il est à ce niveau-là. En plus, le coach ne semble pas avoir envie de nous faire jouer ensemble. C’est compliqué, je dois être performant sur le peu de temps de jeu que j’ai. J’ai l’impression parfois de revivre mes premières années en Pro A quand je ne jouais que quelques passages. Ce n’est pas pour autant que je baisse les bras et que je me donne moins aux entraînements. Au contraire, j’essaie de travailler de mon côté. C’est frustrant, mais c’est le sport de haut niveau. Il y a beaucoup de matches dans la saison. La situation peut changer. Palmer peut avoir un coup de moins bien.

Cette baisse de temps de jeu ne vous incite-t-elle pas à envisager un départ ?

Il me reste encore un an de contrat. Je tiens beaucoup à ce club, on a une relation particulière. J’ai ma vie ici. J’ai eu mes enfants juste avant d’arriver, ils n’ont donc connu que Bourg. Pour eux, on est Bressans ! Ce serait compliqué d’aller voir ailleurs, mais si, à un moment donné, quand je serai en fin de contrat, je vois que je joue de moins en moins, j’aurai alors 33 ans, il sera peut-être l’heure d’aller voir ailleurs pour un dernier contrat.

« Victor Wembanyama n’a plus grand-chose à faire en Betclic Elite. La NBA lui tend les bras »

Contre Bourg, Victor Wembanyama a mis 23 points pour 10 rebonds et une victoire 91-95. Vous a-t-il impressionné comme tous les observateurs ?

Oui il a été impressionnant mais, sur ce match-là, on n’a pas été gâtés par l’arbitrage. Mais c’est vrai que c’est un phénomène, c’est impressionnant comment il joue et la facilité qu’il a. Mais on est ressorti frustrés de ce match avec un arbitrage qui n’a pas suivi. En plus, c’était le premier match de Wembanyama sur NBA League pass. Il y avait beaucoup d’engouement autour de ce match que l’arbitrage a gâché. Mais c’est vrai que Victor n’a plus grand-chose à faire en Betclic Elite. La NBA lui tend les bras et il n’y a pas de soucis à se faire. C’est très bien pour la France d’avoir un tel phénomène.

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