jeudi 25 avril 2024

Nostalgie : quand Pau était le meilleur club de rugby de France…

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La Section Paloise fête cette année les 60 ans de son troisième et dernier titre de champion de France après ceux de 1928 et 1946. Retour sur un sacre surprise obtenu face au grand Béziers.

tion Paloise (1928, 1946 et 1964) celui de 1964 aura certainement été le plus difficile et le plus improbable à remporter. L’équipe était mal en point, elle avait raté son début de saison et traversait le championnat sans réelle ambition… jusqu’aux phases finales. Qualifiée de justesse, c’est une autre équipe qui a entamé les matches à élimination directe :

« On était très soudés, très amis, on avait su créer une osmose entre nous, cette solidarité nous a permis d’abord de gagner des matches, de reprendre confiance et d’aller au bout » se souvient Nino Lhande, l’ailier qui était l’un des plus jeunes joueurs de l’équipe (21 ans) tandis que son coéquipier le 2ème ligne Jean-Baptiste Doumecq prend le soin d’ajouter :

« En janvier, nous étions les cancres du rugby. Avec un entraînement très dur, nous avions une condition physique optimale. On s’est qualifiés pour les phases finales à Saint-Girons lors d’un match dantesque, ils jouaient le maintien, on a fait un match du tonnerre dans une ambiance de corrida, les spectateurs étaient prêts à entrer sur le terrain pour nous déstabiliser. »

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« Notre président était tellement stressé qu’il s’était caché dans les fourrés »

Une fois qualifiée, la Section Paloise doit affronter en 16èmes de finale le grand Brive d’Amédée Domenech et ses sept internationaux : « Notre président était tellement stressé qu’il s’était caché dans les fourrés » rigole encore aujourd’hui Jean-Baptiste Doumecq.

La Section passe l’obstacle briviste (9-6) puis en 8èmes de finale elle est tout proche de perdre contre Chalon (3-0). Bayonne (11-6) et Narbonne (8-3), qu’elle a déjà battu en quarts du Du Manoir, tombent à leur tour face à la motivation des Palois. Et en finale c’est Béziers qui subit la loi des Palois (14-0) :

« Si on nous avait dit qu’on gagnerait la finale 14-0, personne ne l’aurait cru. A partir des 16èmes, on a bossé comme des ânes, notre entraîneur ne nous faisait pas de cadeaux, c’était pratiquement marche ou crève. Tous les mardis soirs, pour nous mettre en condition, il nous faisait faire des fractionnés, on devait descendre puis monter les escaliers sous le funiculaire de la Gare de Pau à un rythme pas possible. »

« Quand on revenait dans les vestiaires, on empruntait un escalier en pente, on avait les jambes qui lâchaient. La dernière semaine avant la finale à Toulouse, on était dans notre hôtel, il y avait une bande de supporteurs biterrois qui faisaient une soirée. Le matin, au petit-déjeuner, on était furieux contre eux, cet épisode nous a soudés encore un peu plus. On était tous remontés » se remémore encore Nino Landhe.

Après ce match, une semaine plus tard, les deux équipes devaient se retrouver en finale du Challenge Yves du Manoir mais, à ce moment-là, cette deuxième finale est loin dans l’esprit des Palois. Nino Landhe : « Le retour à Pau a été terrible. Depuis Toulouse, des supporteurs nous attendaient dans toutes les villes que l’on traversait. A l’entrée de Pau, il y avait des hordes de supporteurs jusqu’à la Place Royale, une véritable marée humaine jusqu’au fond de la place, on ne voyait plus les trottoirs ni les magasins tellement il y avait du monde. »

La Place principale ne désemplit pas et les joueurs sont fêtés pendant des jours et des jours : « On a mis des heures pour arriver, le bus était au ralenti, des gens essayaient de monter dans le bus par derrière. On a fait la fête toute la semaine, on est rentré à la maison le jeudi puis on est parti disputer la finale du Du Manoir » conclue Jean-Baptiste Doumecq. Béziers prend sa revanche en s’imposant 6-3, il était alors l’heure pour les Palois de repartir faire la fête après ce titre inespéré. Ce Bouclier de 1964 n’a pas eu de successeur jusqu’à aujourd’hui.

FINALE : 24 MAI 1964 PAUBÉZIERS : 14-0

Pau : R. Toyos, J. Clavé‚ J. Piqué‚ C. Rouch, R. Lhande, o)J. Capdouze, m)J. Duluc, H. Cazabat, F. Moncla (cap.), B. Vignette, J.B. Doumecq, J.P. Saux, M. Etcheverry, A. Abadie, E. Ruiz

Béziers : P. Dedieu, C. Grau, J. Fratangelle, I. Barrière, R. Bousquet, o) M. Bematas, m)P. Danos (cap.), R. Gensane, J. Salas G. Bonneric, L. Gagnière, C. Vidal, G. Ribot, E. Bolzan, C. Malet

Capdouze, 2 essais et 1 drop ; Toyos, 1 pénalité et 1 transformation

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