dimanche 21 avril 2024

Pau : la carte de la jeunesse pour sauver sa place dans le TOP 14

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Grand nom du rugby, le club palois a surtout brillé par le passé. Si les temps sont évidemment bien plus compliqués, ce dernier veut se donner les moyens de ses ambitions en misant sur un modèle fort et assumé.

Jusqu’au bout, les joueurs de la Section Paloise vont devoir s’accrocher pour sauver leur peau en Top 14. Bernard Pontneau en est conscient : « C’est une saison tendue, reconnaît le président. Le championnat est serré et de plus en plus dur. On a perdu quelques matches qui ont basculé en fin de rencontre. On sait que ce sera dur jusqu’au bout. »

Du temps de sa splendeur, la Section Paloise a été trois fois championne de France en 1928, 1946, 1964 et demi-finaliste de la Coupe d’Europe en 1998. Autres temps, autre mœurs.

Par contre, Bernard Pontneau se veut optimiste pour l’avenir : « Le club peut retrouver son lustre d’antan. Et ce même s’il y a une évolution actuelle qui ne nous profite pas. On est un club basé sur un contexte que je qualifierai d’économie réelle. On n’est pas entraîné dans une fuite en avant des moyens relatifs à un déficit, lié à ce qui peut aujourd’hui capter en termes de produit. J’ai trouvé un club en recherche de croissance. Cette même croissance fait nos moyens. On fait notamment face à des écuries qui prennent le risque annuel de se doter lourdement en ressources humaines. Nous, on avance en prenant quelques risques mesurés et calculés de manière à pouvoir aller de l’avant dans cette économie ».

Parrou, Auradou, Liufau, Desperes, Souverbie, Arfeuil, Attisogbé… des diamants à polir

En tablant beaucoup sur la carte de la jeunesse. Pas étonnant quand le manager de la Section Paloise se nomme Sébastien Piqueronies depuis mai 2021, ancien manager de la filière France jeunes et des U20. Si l’ouvreur anglais Joe Simmonds d’Exeter sera Palois la saison prochaine, la carte jeunes est vraiment utilisée dans le club du Béarn.

Emilien Gailleton n’est pas un cas isolé. Hugo Parrou, Hugo Auradou, Brent Liufau, Axel Desperes, Thomas Souverbie, Grégoire Arfeuil, Théo Attisogbé sont de beaux diamants à polir :

« A nous d’être attractif, persuasif dans un modèle avec une orientation élevée avec un contexte d’accueil, de développement des joueurs, lesquels y trouvent leur compte. Tout le monde est formateur, mais il y a une philosophie qu’on a mise en place avec ce risque calculé de faire jouer des jeunes. On a plusieurs gamins en U20 en équipe de France. D’autres derrière pourraient postuler. On se veut dans l’excellence avec cette mise en avant de ces joueurs avec un développement rapide. On veut leur donner une chance plus importante qu’ailleurs. C’est un choix délibéré. Cela ne suffit pas. On doit aussi convaincre les partenaires de nous rejoindre dans cette vision entrepreneuriale ».

En termes d’objectif sportif à atteindre à court/moyen terme, Bernard Pontneau ne se cache pas :

« On veut surtout grandir sportivement et économiquement dans la durabilité. On souhaite devenir un challenger de demain important dans ce Top 14. Car même dans les moments les plus compliqués, il ne faut pas avoir peur de dire qu’on veut demain lutter pour le titre. Dans deux, trois, quatre, cinq ans, peu importe. Ce qui compte, c’est la construction. Il faut une stabilité administrative et structurelle du club. C’est le cas. A Pau, le rugby c’est historique, endémique et culturel. C’est un sport inscrit dans la vie quotidienne du territoire ». Cette belle continuité et ambition passent d’abord par un maintien en fin de saison.

Après leur victoire à Bayonne lors de la 21ème journée (le 25 mars), les Palois recevront Clermont le 15 avril prochain, avec la possibilité de prendre une grande bouffée d’air frais.

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