jeudi 13 juin 2024

Pierrick Chelle : « Mon histoire avec Toulouse n’est pas finie »

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Toujours fidèle au Fenix Toulouse Handball, Pierrick Chelle s’apprête à tourner la page d’une longue et riche carrière professionnelle. A 33 ans, le capitaine toulousain a décidé de se lancer dans de nouvelles fonctions, au sein de son club de toujours. Entretien pour Handball magazine et Le Quotidien Du Sport.

Comment s’aperçoit-on que la fin de carrière se rapproche ?

A partir du moment où il y a de plus en plus de personnes qui m’en parlent (rires). Mais j’avais l’avantage d’être encore concerné par des objectifs avec Toulouse jusqu’au bout. J’ai mis tout cela de côté pour profiter au maximum des derniers matches de la saison.

Est-ce qu’au moment d’arriver, adolescent, à 15 ans, au Fenix, auriez-vous cru pouvoir jouer autant d’années sous ce même maillot ?

Ce n’était pas un objectif à la base, mais plus un rêve. Petit à petit, quand tout s’aligne, j’ai pris les opportunités et, finalement, ça m’a permis d’avoir une carrière de 16 ans avec une fidélité. J’ai trouvé mon plaisir et mon bonheur de jouer dans mon club formateur avec des moments difficiles. Au départ, je jouais pour le maintien.

C’était beaucoup de stress et de nervosité. Une organisation semi-professionnelle. C’est très valorisant d’avoir connu cette évolution qui me tenait à cœur. J’y ai contribué. En laissant le club à cette place-là et ce potentiel à développer. C’est une réussite.

Quel est le meilleur souvenir de votre carrière ?

Je pense à notre rencontre face à Benfica, il y a deux ans, en Coupe d’Europe. On a compris ce qu’était le niveau européen avec l’ambiance qui va avec. On a senti surtout que le public toulousain pouvait répondre présent, à condition qu’on soit au niveau, cela avait été le cas ce soir-là. [ 6 ] HANDBALL MAGAZINE N°17

Il y avait beaucoup d’émotions de savoir qu’on avait cette capacité-là. L’autre, il est un peu plus perso, je me blesse en demi-finale de la Coupe de la Ligue. On devait jouer la finale. Je me blesse le samedi, lors de ce Final Four 2015, je ne peux pas jouer le dimanche, tout comme Jérôme Fernandez. On jouait contre Nantes qui remporte son premier titre. Quand on connaît la suite de leur histoire, c’est forcément un regret. Pour moi, c’était la fois la plus proche pour remporter un titre.

« Fier d’avoir porté un seul maillot »

Est-ce une fierté d’avoir porté le même maillot dans votre carrière ?

C’est une fierté, mais c’est avant tout un choix. J’aurais pu partir et tenter autre chose, mais j’avais toujours l’idée, dans ma tête, de faire ce qui me plaisait. Jouer au handball avec les couleurs de son club, c’est différent. Je me sentais beaucoup plus efficace à Toulouse que dans un autre club. Je n’ai aucun regret. Je suis fier de n’avoir porté qu’un seul maillot. J’ai donné, mais le club m’a beaucoup rendu. C’était une aventure de cœur.

N’avez-vous aucun regret ?

Peut-être connaître un championnat étranger. J’aurais aimé aller en Espagne, mais c’est complexe de trouver un contrat pro là-bas. Je n’en ai pas eu l’opportunité. L’histoire n’est pas finie avec Toulouse. Je vais endosser un autre costume pour emmener ce club tout en haut du handball français.

Quel capitaine pensez-vous avoir été ?

(Sourire) Je pense avoir été un capitaine honnête et intègre. C’était ma ligne directrice. Ma priorité a toujours été le vestiaire. J’ai vu passer beaucoup de personnalités différentes et l’évolution des jeunes joueurs fait qu’on doit s’adapter. Mais le vestiaire a toujours été le cœur de mon projet, en mettant un cadre. Je suis sûr que cela va continuer après moi. C’était important de laisser un mode de fonctionnement pérenne. Le collectif avant le brassard. Cela s’est vu avec les joueurs étrangers comme Fredric Pettersson, Jef Lettens ou Nemanja Ilic qui se sont vite intégrés. Ils sont là pour faire le lien entre l’esprit local et les difficultés pour un joueur étranger en arrivant.

Pierrick Chelle impressionné par Luc Steins

Quel joueur vous a le plus impressionné durant votre carrière ?

C’est dur. (Il réfléchit) Par postes, il y en a beaucoup. Mais sur l’impact qu’il a eu d’un point de vue sportif, c’est Luc Steins. On l’a senti épanoui et heureux sur le terrain. C’était un moteur et un accélérateur de la performance sportive. Mais je ne peux pas oublier des mecs comme Valentin Porte ou Nemanja Ilic voire Gonzalo Perez de Vargas qui explose chez nous. Cependant, j’en ai connu tellement qui sont devenus des potes. Je ne veux pas me fâcher avec (sourire).

A contrario, pensez-vous en avoir impressionné beaucoup ?

(Rires) J’ai toujours été un joueur qui répondait présent. Je ne suis pas le premier sur la ligne des stats ou la spectacularité. J’ai compris que mon rôle n’était pas d’être le meilleur buteur. Je devais savoir prendre mes responsabilités quand on faisait appel à moi. Mes capacités sont surtout mentales.

Qu’est-ce qui va vous manquer le plus ?

Le vestiaire et l’ambiance dans le vestiaire le jour de match.

Quelle est la suite maintenant ?

Je vais occuper un poste de chargé de développement. Ça comporte l’image, la communication et le commercial. Ça va être lié au sponsoring et la représentation du club. Ça reste la structuration du club.

Est-ce un rêve de voir le Capitole être rempli pour le handball comme cela a été le cas après la victoire des footeux en Coupe de France ?

C’est une image que l’on aime voir. On en avait l’habitude avec le rugby, mais le voir avec le football, c’est génial. On voit que c’est possible. Le public toulousain est passionné de sport, mais surtout de titres et de victoires. Pour exister à Toulouse, il faut être au top, ou presque. Il ne faut pas se relâcher. Il y a de l’engouement qui est possible. Je ne le vivrai pas comme sportif, mais j’espère le vivre encore en travaillant pour le club.

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