mardi 16 juillet 2024

Quel avenir pour l’écurie Hass en Formule 1 ?

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Au terme d’une saison 2020 encore plus compliquée que celle de 2019, notamment en raison du terrible accident subi par Romain Grosjean, un seul objectif demeure pour l’écurie américaine Hass en 2021 : rester en vie en faisant du mieux possible après avoir changé son duo de pilotes.

Trois points. Voilà le famélique bilan comptable de Haas lors de la saison 2020. On pensait en interne qu’en conservant le duo de pilotes Romain Grosjean et Kevin Magnussen, il y aurait du temps de gagné et du mieux sur le plan des résultats ! Cela a même été pire dans le contenu global avec une nouvelle 9ème place obtenue au classement des constructeurs. Sans exagérer, très peu de choses ont fonctionné.

Et si Williams avait eu un peu plus de réussite en engrangeant des points, Haas aurait occupé la dernière place du plateau. Les défaillances ont été trop nombreuses.

Il n’y a pas eu que la fiabilité qui a été vacillante. Il y a eu aussi cette incapacité chronique à faire rentrer les gommes à bonne température, ou alors une tenue de route difficile, sans omettre ces réglages qui ont laissé souvent à désirer. Bref, le rendement de cette voiture a trop varié d’une séance à une autre avec un fragile moteur Ferrari V6 qui n’a pas aidé non plus.

Hass mise sur le duo Mick Schumacher et Mazepin

Dès le premier Grand Prix de la saison (en Autriche), le ton était donné quand les freins ont lâché sur les deux voitures ! Puis il y a eu évidemment cette image terrible qui a caractérisé la saison de Haas et la saison tout court. Comment Romain Grosjean a-t-il pu s’en sortir avec des blessures mineures lors du Grand Prix de Bahrein au volant d’une voiture carbonisée (après avoir percuté Kvyat au premier tour) ?

Seule la robustesse de sa cellule de survie et du halo ont fait que ce pilote est toujours de ce monde… Gêné Haas a tellement été traumatisé par cet accident qu’il a ensuite refusé de sponsoriser Romain Grosjean en Indycar !

Pour la saison à venir, Gunther Steiner a décidé de renouveler sa paire de pilotes avec l’arrivée des deux bizuts, à savoir Mick Schumacher et Nikita Mazepin. Loin d’être un duo gagnant à priori…

« Chez Haas, il y aura deux rookies. Ce n’est pas forcément la meilleure manière de progresser techniquement et rapidement. Ces deux pilotes découvriront la F1. Seront-ils à même de mettre le doigt sur ce qui peut faire progresser leur monoplace ? Ce n’est pas évident » estime Thomas Sénécal (Canal +).

Pour 2021, il ne faut pas se tromper de débat dans le renfort de ces jeunes pilotes. Ce n’est pas tant pour simplement apporer du sang neuf que ces choix ont été effectués. Mais bien davantage pour assurer l’avenir de cette écurie à plus ou moins courte échéance.

Concernant « Schumi » Jr, le faire venir est un moyen de renforcer le lien avec Ferrari. On sait aussi que cette écurie américaine va profiter d’une structure technique proche du siège de Ferrari et va voir un effectif renforcé par du personnel en provenance de la Scuderia.

L’instinct de survie

Ainsi, Simone Resta, le responsable châssis de la Scuderia, a rejoint Haas. Mattia Binotto, le patron de l’écurie Ferrari, a parlé de cet exode : « Cela représente une superbe opportunité pour ceux appelés à rejoindre Haas. Cela va leur permettre aussi de réorganiser l’écurie. De notre côté, du fait des limitations de budgets imposées, nous devions réduire notre personnel ».

Et Binotto de se réjouir de cette issue plutôt « que de les voir partir à la concurrence ». A croire que Haas a tellement de retard qu’on n’en fait pas une écurie présentant un quelconque danger ! Cette stratégie de migration de main d’oeuvre sera-t-elle payante à moyen terme ? Et surtout suffira-telle à ramener cette Haas vers le milieu de tableau au classement des constructeurs ?

Gêné, Haas essaie de positiver et de croire en un avenir meilleur. Il reste aux aguets. Surtout si un grand constructeur comme Renault ou Mercedes venait à se retirer…

« En 2022 et 2023, des portes s’ouvriront peut-être. Peut-être que des choses se produiront. Certaines des grandes équipes pourraient partir. Toute cette électrification de l’ensemble de l’industrie automobile va bouleverser les constructeurs de voitures conventionnelles qui ont fait leurs preuves.

On ne sait jamais quand l’un d’entre eux pourrait se retirer et qu’il pourrait y avoir des possibilités de faire autre chose… ». Toujours est-il que le recrutement de Nikita Mazepin n’est pas anodin non plus.

La fortune de son père est très grande. Il garantit des liquidités importantes. Contrainte aussi de s’ouvrir aux roubles du père Mazepin pour continuer à exister, l’instinct de survie de cette écurie existe plus que jamais. A quel rang peut-on espérer voir évoluer la Haas ?

En attendant 2022, 2023…

Bien compliqué de répondre à cette question tant les inconnues demeurent. Gunther Steiner a essayé d’établir un carnet de route :

« Si cela se passe mal avec la voiture de 2021, nous ne ferons rien de plus. Nous nous concentrerons uniquement sur la voiture de 2022. L’idéal serait de laisser Alfa Romeo et Williams derrière nous. Cela sera un combat difficile. Comme l’an dernier.

Notre moteur Ferrari sera certainement meilleur, mais Alfa Romeo possède le même. Sinon il n’y a pas grand-chose de plus de possible pour le moment car nous étions trop loin l’an dernier ».

Si énormément de zones d’ombre et d’interrogations subsistent chez Haas, le propriétaire a tenu à donner quelques indications encourageantes quant à l’avenir de l’écurie. Et pourtant le futur de Haas en F1 a souvent été un sujet d’inquiétudes

« Nous avons beaucoup de choses qui vont changer en 2022 et 2023, a rappelé Gene Haas. Donc nous sommes en mode attente en disant : voyons ce que nous allons faire. Mais nous sommes aussi très stables financièrement. Je n’ai pas eu à hypothéquer mes bâtiments (comme Mc Laren) ou que ce soit d’autres.

Nous ne faisons pas comme certaines autres équipes qui hypothèquent tout ce qu’elles ont pour aller courir. Nous fonctionnons simplement avec l’argent et les budgets dont nous disposons. Cela nous garantit donc que nous serons au moins là pour les cinq prochaines années ». Cela se vérifiera-t-il dans les faits ? À voir…

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