mercredi 22 mai 2024

René Arnoux : « J’y serais allé à pied si on me l’avait demandé ! »

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René Arnoux fait partie du cercle fermé des pilotes français qui ont couru pour Ferrari (32 GP entre 1983 et 1985 avec 3 victoires en 1983). Il garde un souvenir impérissable de son passage en Italie.

Que représentait pour vous cette signature chez Ferrari ?

C’était l’aboutissement de ma carrière. C’est un constructeur mythique. Il n’y a rien de plus fort que de conduire pour la Scuderia. On passe du rêve au réel. Quand j’ai appris qu’ils s’intéressaient à moi, je n’ai pas réfléchi, j’y serais allé à pied si on me l’avait demandé !

René Arnoux a rencontré Enzo Ferrari

Quel est votre premier souvenir avec Ferrari ?

Ma rencontre avec Enzo Ferrari. On a déjeuné dans la petite cabane au milieu du circuit de Fiorano. C’est le fief de Ferrari. Vous arrivez, vous rentrez dans les bureaux et là, derrière une porte, il y a le circuit avec sa petite cabane. L’usine, les pneus, les boites de vitesse, tout était fait sur place. On était tous les deux, j’avais dit à mes conseillers que je voulais y aller tout seul, c’était humain, simple, sans avocat, il avait apprécié que je vienne seul. J’étais face à un grand Monsieur.

Quel est, pour vous, le plus grand pilote de l’histoire de l’écurie ?

Je ne peux pas en citer un, il y en a tellement et je n’aime pas comparer des sportifs de différentes époques. Moi les hommes qui m’ont le plus marqué chez Ferrari, ce n’est pas un pilote, mais Enzo Ferrari et Jean Todt. Todt a tout gagné, partout où il est passé il a gagné, c’est un des plus grands.

Y’a-t-il un souvenir précis que vous avez gardé en tête tant d’années plus tard ?

J’y ai vécu des moments exceptionnels, pas forcément des souvenirs sur la piste, on déjeunait souvent avec Enzo Ferrari, il était d’une simplicité déconcertante. Je garde un excellent souvenir de ma première victoire (à Montréal le 12 juin 1983, Ndlr), la première saison aussi quand je lutte jusqu’au bout pour le titre (3ème, Ndlr). La fin n’a pas été heureuse avec ce titre perdu, mais la saison avait été passionnante.

« L’engouement pour Ferrari va bien au-delà du sport »

L’engouement populaire est-il différent quand on court pour Ferrari ?

Oui complètement. Les Italiens s’expriment beaucoup, ils ont un enthousiasme débordant. Quand vous avez appartenu à Ferrari, ils se souviennent de vous à vie. L’engouement est mondial, ça va bien au-delà du sport. Partout dans le monde, on parle de Ferrari, il y a des affiches partout. Lorsque je suis allé en Australie pour disputer un Grand Prix, à l’aéroport, dans ce pays lointain un restaurateur m’a interpellé pour m’inviter à aller manger dans sa pizzeria, il était un grand fan de Ferrari. Tout le monde en parle de Ferrari, la connait même sans s’intéresser à la course automobile.

La fin avec Ferrari a été douloureuse, votre contrat a été cassé. Vu l’amour que vous avez pour Ferrari, cela a dû être dur, non ?

La première saison s’est très bien passée, j’ai longtemps été en course pour le titre mondial.

Ça s’est ensuite compliqué, je n’ai pas été conservé, mais je n’en ai voulu à personne. J’étais en paix avec ma conscience. Je n’ai pas accusé mes dirigeants.

Pensez-vous que Ferrari peut revenir au premier plan ?

Il y a des cycles pour chaque constructeur, même les plus grands. Il y a toujours des hauts et des bas, le problème c’est que chez Ferrari ça dure depuis sept-huit ans, ça fait long. Ferrari a pris du retard, notamment dans le domaine de la technologie. A mon époque, le pilote faisait 60% du résultat, la technologie 40%, aujourd’hui c’est l’inverse. Ça va être compliqué de revoir Ferrari sur les plus hautes marches du podium. J’espère cependant que Ferrari gagnera de nouveau. C’est une écurie qui mérite de se battre pour les victoires et les titres.

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